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Mettons fin au monopole de la SAQ

Depuis déjà quelques semaines, les tablettes de la SAQ sont presque désertes, et les effets qui en découlent se font gravement ressentir auprès des restaurateurs, propriétaires de bar et consommateurs. La situation de monopole de la société d’État est le cœur du problème que vivent bon nombre d’entreprises québécoises. Les répercussions de la grève des employés d’entrepôt de la SAQ sont un exemple flagrant de la nécessité pour le gouvernement de retirer le statut de monopole à cette société d’État et d’ouvrir le marché pour permettre une saine concurrence.

En effet, la voix de propriétaires de restaurant n’ayant pas reçu leur livraison d’alcool et d’importateurs s’est élevée, avec raison, pour déplorer une situation insoutenable à l’arrivée du temps des Fêtes. À titre d’exemple, cette difficulté d’approvisionnement en alcool fera perdre 100 000 $ au propriétaire du restaurant Chez Éric, à Brossard, pour qui la vente d’alcool représente 50 % de son chiffre d’affaires. Un montant faramineux qui aurait fait du bien à ce restaurateur après les restrictions subies par la province.

Qui plus est, la SAQ ne pourra pas rattraper tout le retard accumulé avant la période estivale. Également, ce sont plus de 400 agences d’importation du Québec qui perdront une semaine de revenu dû à la grève des employés d’entrepôt de la SAQ.

Restaurateurs et consommateurs affectés

Cette situation déplorable se rajoute aux difficultés rencontrées par les propriétaires de bar et de restaurant au cours de la dernière année et demie, où plus de 50 % des entreprises québécoises de ce secteur ont vu leurs revenus diminuer d’au moins 40 %. La réalité, c’est que plusieurs établissements qui ont été frappés de plein fouet par la pandémie verront leurs profits diminuer parce qu’ils n’auront pas les stocks d’alcool nécessaires pour la période estivale. Le consommateur, quant à lui, n’a que très peu de choix devant les tablettes vides des succursales de la SAQ. Cette limitation des produits et les effets de la grève sur les consommateurs comme sur les entreprises ne s’expliquent que par le manque d’ouverture du marché.

Il convient ici de rappeler que le statut de monopole de la SAQ n’est rien de moins qu’un reliquat de l’époque de la sortie de la prohibition en 1921 où le gouvernement éprouvait – et éprouve encore aujourd’hui – le besoin d’avoir la mainmise sur la consommation d’alcool de la population québécoise. Cette vision archaïque est dépassée et nuit à la santé financière de nos entrepreneurs.

Une solution: la libéralisation

Cent ans plus tard, les Québécois sont mûrs pour choisir la bannière qu’ils désirent encourager lors de l’achat d’alcool. La libéralisation du marché des vins et spiritueux viendrait briser le monopole de distribution et de vente de certains produits alcoolisés pour permettre à de nouveaux commerçants d’intégrer le marché. Une intégration qui serait à l’avantage de tous et où une grève chez un distributeur ne viendrait pas complètement paralyser le secteur de la vente et la distribution d’alcool, comme c’est le cas avec la SAQ présentement. Le gouvernement de la CAQ s’était engagé à libéraliser ce marché lors de la campagne électorale de 2018. Il est maintenant temps de livrer la marchandise en remplissant cet engagement.

Miguel Ouellette is Director of Operations and Economist at the MEI and Gabriel Giguère is a Public Policy Analyst at the MEI. The views reflected in this opinion piece are their own.

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