Labour

11 idées pour changer le Québec – 67 ans

 

Eleven ideas for a new Quebec: the Montreal Economic Institute launches a debate!
The MEI suggests to Quebec citizens a discussion about reforms which could be enacted in the next five years, and most of them in the next 12 or 24 months. Those ideas have been published in the Journal de Montréal on January 12, 2008.

Le Québec pourrait hausser l’âge normal de la retraite de 65 à 67 ans, d’ici 2017, afin d’atténuer des pénuries de main-d’oeuvre et de réduire l’impact du vieillissement sur les finances publiques.

Vu l’augmentation généralisée de l’espérance de vie et l’amélioration de l’état de santé des personnes plus âgées, plusieurs pays, notamment les États-Unis et plus récemment l’Allemagne, ont adopté cette solution, alors que le Royaume-Uni s’engage dans cette direction. Quelles que soient les mesures choisies, il est important de redresser la situation le plus tôt possible avant que les problèmes prévus ne se concrétisent davantage. Il faudrait atténuer l’impact économique négatif de l’arrivée à la retraite des grandes cohortes de baby-boomers et renforcer la viabilité de nos régimes de retraite.

La situation a changé

Au Québec, en 1966, au moment où les régimes de retraite publics ont été instaurés, la population de 65 ans et plus représentait 6 % de la population totale et un homme de 65 ans pouvait espérer vivre encore 13,6 ans. Aujourd’hui, la part de la population de 65 ans et plus dans la population totale est de 14 % et l’espérance de vie d’un homme de 65 ans est de 17,3 ans. Une personne qui se retire à 55 ans après 30 ans d’emploi passera ainsi pratiquement autant d’années à la retraite que sur le marché de travail – sans compter les années d’études. L’évolution des politiques de retraite au Québec n’a pas tenu compte de ces réalités.

La situation s’est corsée dans les années 1980, où des mesures favorisant la retraite anticipée ont été instaurées dans un contexte de chômage élevé et pour faire de la place aux jeunes sur le marché du travail. Cela aussi a changé : maintenant on doit faire face à des pénuries de main-d’oeuvre qualifiée dans certains secteurs.

Ces phénomènes entraîneront bientôt un ralentissement de la croissance économique et des recettes fiscales ainsi qu’une plus faible création de richesse alors que les dépenses s’alourdiront, surtout en santé. La situation est encore plus préoccupante au Québec, où on prend sa retraite plus tôt qu’ailleurs (60,1 ans contre 61,5 ans au Canada), où le taux d’activité des personnes plus âgées (52 %) est plus faible que dans le reste du Canada (61 %) et où la population vieillit plus vite qu’ailleurs. On estime que dans les prochains 25 ans, la population âgée de 65 ans et plus doublera au Québec alors que la population plus jeune continuera de diminuer tout en augmentant ailleurs. La Régie des rentes du Québec estime que le nombre de bénéficiaires augmentera de 19 % d’ici 2011 et de 90 % d’ici 2030. Cette augmentation rapide de nouveaux retraités exercera une pression sur les régimes de pension.

Cesser d’encourager les retraites anticipées

Pour toutes ces raisons, nous devrions aussi cesser dès maintenant d’encourager les retraites précoces et plutôt encourager les gens à travailler plus longtemps. Les régimes privés devraient pouvoir introduire une pénalité pour les prises de retraite anticipées, qui doivent actuellement être permises, avec une simple réduction actuarielle, à partir de 55 ans au plus tard.

Les lois d’encadrement des régimes de retraite et les lois fiscales font qu’il est souvent peu payant de continuer à travailler comparativement à une prise de retraite hâtive. Le régime de rentes du Québec contient une bonification pour une retraite plus tardive de 0,5 % par mois et une réduction de 0,5 % par mois pour une retraite avant 65 ans. D’après l’Actuaire général du Canada, le système actuel est injuste envers les gens qui prennent leur retraite plus tard et est trop généreux envers ceux qui se retirent avant.

En ce qui concerne les régimes privés, la loi prévoit que le taux de réduction appliqué lors d’une retraite anticipée ne doit pas pénaliser financièrement le prestataire à long terme. De plus, contrairement aux personnes en retraite progressive, les personnes en retraite anticipée qui participent à un régime de pension privé peuvent recevoir des prestations de raccordement. Ces mesures, combinées à la fiscalité, font que la retraite anticipée est souvent plus payante actuellement que le travail, notamment le travail à temps partiel, alors que cette option pourrait être particulièrement intéressante pour les personnes plus âgées.

Pour favoriser davantage le travail chez les personnes plus âgées, le gouvernement du Québec a proposé de bonifier les prestations de 0,5 % à 0,7 % pour les retraites prises après 65 ans. Réciproquement, on pourrait appliquer un plus grand taux de réduction des prestations pour les personnes qui se retirent avant 65 ans. En plus de décourager les retraites anticipées, cette mesure aurait pour effet de réduire les coûts du régime et les cotisations plutôt que de les augmenter.

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Les 11 idées pour changer le Québec

40 heures : permettre aux médecins du secteur public de travailler dans le privé
3 parts : partager les économies réalisées lors d’appels d’offres
Une semaine par mois : la contribution des assistés sociaux à leur communauté
40 % : hausser les droits de scolarité universitaires en proportion du coût de formation
800 $ : les retombées d’une hausse d’un cent du prix patrimonial de l’électricité
50-50 : pour un salaire selon le rendement et le mérite dans la fonction publique
67 ans : hausser l’âge normal de la retraite de 65 à 67 ans, d’ici 2017
25 : créer 25 «écoles de performance» avec 1000 super-enseignants
0 % : abolir dès maintenant la taxe sur le capital
100 milliards : autoriser l’exportation de 100 milliards de mètres cubes d’eau
2 points : hausser la TVQ de deux points et réduire l’impôt

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