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18 August 2017August 18, 2017

Quand l’État lessive nos entrepreneurs

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Quand l’État lessive nos entrepreneurs

Un entrepreneur va devoir mettre à la porte 140 employés et abandonner son projet d’agrandissement d’usine de 20 millions $. Pourquoi? Parce qu’un concurrent aux poches pleines s’amène. Un concurrent qui a d’excellents contacts et qui n’a pas peur d’être déficitaire.

Ce concurrent, vous l’aurez deviné, c’est notre gouvernement, qui a décidé que c’est une bonne idée qu’il gère une « mégabuanderie publique ».

Pierre Ferron, patron de la buanderie Blanchelle dans Lanaudière, fondée en 1977 et qui n’a jamais reçu de subventions de l’État, a peur que la nouvelle mégabuanderie publique Lavérendière de Québec ne vienne piger dans ses contrats. M. Ferron avait un projet d’agrandissement de plusieurs dizaines de millions de dollars, mais ce projet est désormais menacé parce que le gouvernement veut opérer des laveuses et des sécheuses. 

La buanderie de M. Ferron est une entreprise gérée par un entrepreneur d’ici qui a fait croître son entreprise en offrant de bons services pour le réseau de la santé, notamment. Malgré cela, le ministère dépense tout de même 20 millions $ dans une buanderie en justifiant que cela se fait dans l’intérêt des contribuables. C’est le genre de justification qui fait que je m’étouffe avec mon café le matin...

Si le gouvernement se met à laver nos vêtements, il pourrait aussi fabriquer nos chandails et nos pantalons, un coup parti? Pourquoi pas un « mégagarage public » pour réparer nos voitures? Et qui a besoin du privé quand le gouvernement pourrait aussi gérer une « mégapizzéria publique » et installer nos piscines l’été? Où se trouve la limite? (En passant, ce modèle a déjà été essayé. Ça s’appelle le communisme. Je vous laisse juger des résultats...)

La chasse aux entreprises privées

Dans le domaine de la santé, la chasse aux entreprises privées est un sport prisé par nos élus. Un autre exemple, l’entreprise Bonjour-Santé, qui existe depuis plusieurs années et qui demande 17 $ avant taxes aux patients qui souhaitent obtenir une consultation rapide et gratuite avec un médecin est une autre victime de cette intrusion de l’État dans des domaines où le marché fonctionne bien.

En effet, en avril dernier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé la mise en place de Rendez-vous santé Québec, qui vient directement concurrencer Bonjour-Santé et dont la mise en place devrait coûter 4,5 millions $ à l’État d’ici cinq ans. Encore de l’argent dépensé pour régler un problème dont quelqu’un d’autre s’était déjà occupé!

D’un côté, le gouvernement se targue de favoriser l’entrepreneuriat, et va jusqu’à proposer 1800 programmes de subventions. Mais de l’autre, il évince du marché des entreprises d’ici créatrices d’emploi pour s’aventurer lui-même en affaires.

Nos gouvernements avaient pourtant compris il y a quelques années que le rôle de l’État doit être limité, et que le secteur concurrentiel est plus efficace pour livrer une majorité de biens et services. Qu’on pense à Petro-Canada, à l’aide de laquelle le gouvernement avait réussi l’exploit de perdre des milliards avec une pétrolière en société de la Couronne. Il fallait le faire!

Les exemples où l’État se substitue aux secteurs privés finissent rarement bien. Deux autres exemples : le gouvernement a déjà voulu produire de l’acier avec Sidbec. Une perte de 450 millions. Il a déjà voulu être transporteur aérien avec Quebecair. Avec qui, vous dites...?

En santé, les problèmes d’accès et de files d’attente proviennent justement du fait que le système est trop centralisé et étatisé. Il est d’ailleurs éclairant de constater qu’à peu près tout ce que le gouvernement touche en santé tourne en attente, alors que ce qui fonctionne en santé, ce sont les secteurs où l’État laisse agir la concurrence...

Dans le cas de sa buanderie, M. Ferron doit se dire que le gouvernement veut son bien, et qu’il risque malheureusement de l’avoir.

Jasmin Guénette is Vice President of Operations at the Montreal Economic Institute. The views reflected in this op-ed are his own.


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