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February 29, 2012

29 February 2012

Un système de santé universel n'est pas incompatible avec une participation importante du privé

www.quebec.huffingtonpost.ca/michel-kellygagnon, p. Web

Comme nous l'ont encore rappelé les manchettes récentes, l'engorgement dans les urgences et les temps d'attente pour subir une chirurgie n'ont pas diminué au Québec. Parallèlement, le député Amir Khadir a déposé cette semaine une motion pour que l'Assemblée nationale réitère son appui au système de santé public et mette « fin à la création d'un système privé parallèle, où sont traités uniquement ceux qui ont la capacité de payer ».

La santé est un enjeu qui suscite beaucoup d'émotions, ce qui pousse parfois à se réconforter dans de belles paroles plutôt que d'adopter une vision pragmatique des choses axée sur les résultats. En effet, l'expérience de nombreux pays européens, de la France à la Suède, montre que le secteur privé à but lucratif peut jouer un rôle de premier plan dans la prestation des services de santé, sans que l'universalité du système soit remise en question.

Dans une étude qui vient d'être publiée, l'IEDM s'est penché plus particulièrement sur l'Allemagne, un pays qui a été classé 2e pour la performance de son système de santé parmi les 34 pays évalués dans le dernier palmarès Euro-Canada Health Consumer Index (le Canada est 25e). Pourtant, elle consacre aux dépenses de santé une proportion de son économie équivalente à celle du Canada (environ 12 %) et possède aussi un système de santé universel en vertu duquel chacun a le droit d'être couvert par l'assurance maladie publique.

Par contre, le système de santé allemand est très différent du nôtre à un égard: un tiers de ses hôpitaux sont privés à but lucratif et un autre tiers sont privés sans but lucratif. Ces hôpitaux sont généralement intégrés au système de santé public et traitent tous les patients, peu importe le type d'assurance qui les couvre. Pour un même traitement, l'hôpital, qu'il soit privé ou public, reçoit le même montant de l'assurance publique. Les hôpitaux se concurrencent donc pour attirer des patients, qui sont libres de choisir l'établissement qui leur convient.

Ce mode de fonctionnement mène à une prestation des soins de santé plus centrée sur le patient et évite les problèmes de rationnement, de priorisation des traitements et de listes d'attente. Ainsi, non seulement l'attente pour recevoir des soins est plus courte en Allemagne qu'au Canada, mais les longues périodes d'attente à l'urgence sont inconnues là-bas.

Les hôpitaux privés ne tournent pas les coins ronds en matière de qualité des services afin de réduire leurs coûts. C'est plutôt une meilleure qualité de soins qui leur permet d'attirer des patients et de réaliser des profits. Par exemple, l'organisme chargé de surveiller la qualité des soins en Allemagne a relevé 9 % plus de problèmes dans les hôpitaux publics que dans les hôpitaux privés à but lucratif, et ce malgré le fait que les hôpitaux privés ne font pas une présélection de leurs patients.

En dix ans, les hôpitaux privés ont réduit le nombre de cas par médecin de 25 %, ce qui permet à chacun d'eux de passer plus de temps avec leurs patients. De plus, on observe que les hôpitaux privatisés ont généré des gains d'efficacité de 3,2 à 5,4 % supérieurs à ceux des hôpitaux publics. Ces gains sont d'autant plus impressionnants compte tenu du fait que les hôpitaux publics qui ont été privatisés en Allemagne étaient généralement ceux qui avaient le plus de problèmes au départ.

L'expérience allemande vient renforcer une conclusion qu'on obtient en examinant la situation de multiples pays développés : un système de santé qui comporte des aspects concurrentiels et qui donne une place au secteur privé à but lucratif augmente la qualité des soins de santé, augmente le seuil d'investissement ainsi que les progrès technologiques par rapport à un système hospitalier entièrement étatisé.

Michel Kelly-Gagnon is President and CEO of the Montreal Economic Institute.

MEI in the Media

Mobilicity feeling the pain of government micromanagement on the fly
Op-ed by Michel Kelly-Gagnon, President and CEO of the MEI, published on September 18 in the Financial Post.

Don't Believe the Alarmist Talk About Forests
Column by Michel Kelly-Gagnon, President and CEO of the MEI, published on September 16 in The Huffington Post.

Environmentalist groups claim that harvesting the forest jeopardizes its future and harms the animal species that live there. As part of our research program on Quebec's forests, the Vice President of the MEI, Jasmin Guénette, visited an outfitter to see how wildlife activities coexist with logging activities. The short documentary provides a realistic picture of the Quebec forest narrated by those who make their living from it.

Watch the short documentary...

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