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21 February 2006February 21, 2006

Santé: pour un débat réellement ouvert et non dogmatique

Le Soleil, p. A-14

Santé: pour un débat réellement ouvert et non dogmatique

Dans l’intention de susciter un débat ouvert et non dogmatique, 74 médecins appartenant à un groupe appelé «Médecins pour l’accès à la santé» se sont attelés à discréditer les travaux de l’Institut économique de Montréal (IEDM) sur l’assurance maladie privée qu’ils jugent «incomplets et contradictoires».

Dans un article récent (Le Soleil, 16 février 2006, p. A15) sous la plume de leur porte-parole Antoine Boivin, ils ne contestent aucun des faits ou chiffres utilisés par l’IEDM, mais s’appuient sur d’autres faits malheureusement non pertinents, sur une déformation des écrits de l’IEDM et sur des affirmations gratuites pour arriver à leur conclusion.

Ils accusent notamment l’IEDM de prétendre que l’assurance privée au Québec permettrait d’augmenter les ressources financière en santé, mais d’avoir oublié – citations de l’OCDE à l’appui – de souligner qu’elle pourrait alourdir la facture des dépenses en santé sans pour autant contribuer à réduire les listes d’attente.

Or, d’un point de vue économique, il est évident que s’il y a une injection de ressources nouvelles dans un secteur de l’économie, quel qu’il soit, cela correspond de facto à une augmentation équivalente des dépenses dans le secteur en question. Comment pourrait-on envisager une augmentation des ressources financières en santé sans que les dépenses (privées, mais aussi publiques si le gouvernement le décide) n’augmentent dans la même proportion?

L’IEDM n’a par ailleurs jamais prétendu que l’ouverture à l’assurance-maladie privée au Québec allait automatiquement raccourcir les listes d’attente, qui dépendent de bien d’autres facteurs, souvent liés à des inefficacités du système public. Cependant, bien qu’elle ne soit pas une condition suffisante, l’ouverture au privé semble être une condition nécessaire: dans tous les pays où les files d’attente sont inexistantes – comme la France, l’Allemagne, la Suisse, etc. – le privé joue un rôle important et les assurances-maladie privées ne sont pas interdites.

Il est possible que les listes d’attente ne diminuent pas avec l’ouverture au privé, mais il est facile de comprendre qu’elles se seraient allongées encore davantage si les gens qui se font soigner dans le privé avaient dû accaparer encore plus le système public. Le privé dans ce cas a simplement empêché une dégradation encore plus grande de la situation.

Si le gouvernement du Québec autorisait les médecins à pratiquer dans le privé une fois qu’ils ont rempli leur quota de services dans le régime public, il est indéniable que davantage de patients pourraient être traités, sans que cela ait quelque chose à voir avec une miraculeuse «multiplication des pains». Ignorer cette réalité pour protéger le monopole public actuel, comme le fait M. Boivin, c’est plutôt cela qui relève d’une approche religieuse et dogmatique.

L’IEDM tromperait également les Canadiens en prétendant qu’il leur est interdit de payer pour des soins offerts dans le privé, ce qui serait «absolument faux», la preuve étant que 30% des dépenses sont financées privément. Or, on parle bien ici des soins médicalement requis, et non de soins dentaires ou pour les yeux. Au Québec, il est tout simplement illégal d’avoir des assurances privées pour ces soins médicalement requis et tout paiement, même de sa poche, est interdit pour les soins hospitaliers. Ce sont justement ces interdictions qu’a voulu lever l’arrêt de la Cour suprême. Essayez de vous payer un traitement contre le cancer et vous constaterez par vous-même que c’est impossible, même si vous êtes en train de mourir sur une file d’attente.

Enfin, Antoine Boivin laisse croire que l’IEDM manipule l’opinion de la population dans des sondages pour que ces derniers soient favorables à l’ouverture au privé en santé. Or, c’est une affirmation complètement gratuite. Depuis plus de 2 ans, nous faisons des sondages qui sont réalisés de manière entièrement indépendante par Léger Marketing et dans lesquels la question est restée la même. Les résultats ont toujours montré qu’environ 2/3 (72% en décembre dernier) des Québécois se prononcent en faveur de l’ouverture au privé tout en maintenant le secteur public.

Il est certes louable de prétendre vouloir un débat ouvert et non dogmatique sur le privé en santé, mais ce n’est pas en déformant les travaux de l’IEDM que M. Boivin et ses collègues y contribueront de manière positive.

Valentin Petkantchin is research director at the Montreal Economic Institute.


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