Communiqués de presse

COVID-19 au Québec : 6700 décès évitables?

Montréal, le 8 avril 2021 – Il y a près d’un an, le gouvernement du Québec décrétait la fin temporaire du transfert des patients atteints de la COVID-19 vers les CHSLD. À ce jour, le nombre extrêmement élevé d’aînés québécois en CHSLD qui ont succombé à la COVID-19 continue de faire sourciller. Une nouvelle publication par l’Institut économique de Montréal remet en question le caractère inévitable de ces décès.

« Lorsque l’on compare le Québec aux autres pays, la première chose qui saute aux yeux est le nombre de décès liés à la COVID-19 dans les CHSLD de la province », fait valoir l’économiste Peter St. Onge, co-auteur de la publication. « En date du 1er mars 2021, 75 % des décès de la province étaient survenus au sein d’un CHSLD. À titre comparatif, les centres de soins de longue durée comptaient pour 43 % des décès en France, 34 % au Royaume-Uni, et 28 % en Allemagne », explique M. St. Onge.

« Si les décès attribuables à la COVID-19 au Québec étaient distribués d’une façon similaire à ce que l’on observe dans ces trois pays, ce sont entre 5800 et 6700 aînés en moins qui auraient succombé au coronavirus », poursuit le chercheur. « Nous comprenons tous maintenant que la décision de transférer des patients des hôpitaux vers les CHSLD au début de la crise était une erreur. Mais ce n’est pas tout », affirme Peter St. Onge.

« Le système de soins aux aînés du Québec se distingue de celui des pays européens de deux façons : nous ne disposons pas d’un nombre suffisant de travailleurs en soins de santé pour pouvoir intervenir de façon efficace et la proportion de nos aînés qui résident dans des centres de soins de longue durée est beaucoup plus importante », affirme l’économiste Maria Lily Shaw, co-autrice de la publication. « En effet, 9,5 % des aînés québécois habitent dans un CHSLD ou une RPA. Cela se compare à seulement 2 % des aînés en Italie et à 3,5 % au Royaume-Uni. Il semble donc que de meilleurs services de soins à domicile auraient pu permettre d’éviter en partie la situation que le Québec a connue », explique Mme Shaw.

« De nombreux facteurs font en sorte que la situation était tragiquement prévisible. En effet, le manque de personnel médical et l’engorgement de nos hôpitaux sont des réalités bien connues qui perdurent depuis des dizaines d’années. Nous avons tous fait l’expérience des temps d’attente excessivement longs qui prévalent ici pour se faire soigner. Aucun autre pays riche en Occident ne connaît un tel problème », fait valoir l’économiste.

« Par ailleurs, une étude britannique montre qu’il y a eu une augmentation de 20 % des décès liés au cancer dans ce pays en raison des traitements reportés au cours de la dernière année. Considérant la capacité supérieure de leur système de santé par rapport à la nôtre, on ne peut que s’interroger quant au nombre de décès que nous aurions pu éviter sur ce plan également », conclut-elle.

La Note économique intitulée « COVID-19 et le désastre des SLD au Québec : Près de 6700 vies auraient pu être épargnées » est disponible sur notre site Web.

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L’Institut économique de Montréal est un think tank indépendant sur les politiques publiques. Par ses publications, ses apparitions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes des politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et sur l’entrepreneuriat.

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Demandes d’entrevue : Marie-Eve McNicoll, conseillère en communications, Cell. : 581-777-5060, courriel : memcnicoll@iedm.org

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