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31 mars 2015mars 31, 2015

L’autre système de santé - Quatre domaines où le secteur privé répond aux besoins des patients

Cahier de recherche décrivant quatre domaines de l'industrie de la santé au Canada qui sont largement privés et qui fonctionnent bien

L’autre système de santé - Quatre domaines où le secteur privé répond aux besoins des patients

Les problèmes récurrents auxquels les patients canadiens sont confrontés, tels l’engorgement dans les urgences et l’incapacité de consulter un médecin lorsque requis, font régulièrement la une des journaux. Dans les classements internationaux, le Canada se retrouve systématiquement parmi les pays où les délais d’attente pour obtenir des soins de santé sont les plus longs. Or, il existe un autre système de santé, essentiellement privé celui-là, qui fonctionne bien et qu’on ne reconnait pas toujours à sa pleine valeur. Le présent Cahier de recherche dresse le portrait de quatre domaines où le secteur privé répond promptement et efficacement aux besoins des Canadiens : l’hébergement et les soins aux personnes âgées, la pharmacie, la dentisterie, et les soins de la vue.

Communiqué de presse : Attendre six mois pour voir le dentiste, ça vous dirait?

Liens directs vers les chapitres

Chapitre 1 - L'hébergement privé et les soins aux aînés : l'exemple du Québec
Chapitre 2 - Les pharmacies au Canada : des services de santé privés accessibles
Chapitre 3 - Les soins dentaires au Canada : le secteur privé répond efficacement à la demande
Chapitre 4 - Les soins de la vue dans le secteur privé : l'innovation au service des patients

 

En lien avec cette publication

Why dentists don't have waiting lists (Montreal Gazette, 3 avril 2015)

Les avantages du privé (La Presse, 7 avril 2015)

Why you never wait to see a dentist (National Post, 17 avril 2015)
Entrevue avec Yanick Labrie (98,5 FM, 31 mars 2015)  

Cahier de recherche préparé par Yanick Labrie, économiste à l’Institut économique de Montréal.

Sommaire


Les problèmes récurrents auxquels les patients canadiens sont confrontés, tels l’engorgement dans les urgences et l’incapacité de consulter un médecin lorsque requis, font régulièrement la une des journaux. Dans les classements internationaux, le Canada se retrouve systématiquement dans le peloton de queue, parmi les pays où les délais d’attente pour obtenir des soins de santé sont les plus longs.

Or, il existe un autre système de santé, essentiellement privé celui-là, qui fonctionne bien et qu’on ne reconnait pas toujours à sa pleine valeur. Ce système offre des services beaucoup plus accessibles et laisse très peu de gens insatisfaits. Le présent Cahier de recherche dresse le portrait de quatre domaines où le secteur privé répond promptement et efficacement aux besoins des Canadiens : l’hébergement et les soins aux personnes âgées, la pharmacie, la dentisterie, et les soins de la vue.

Le Québec est la province au Canada qui compte le plus grand nombre de places d’habitation et d’hébergement privés pour les personnes âgées. Alors que le secteur a fait l’objet de beaucoup d’attention médiatique ces dernières années, plusieurs réussites sont malheureusement passés inaperçues.

Parmi l’ensemble des places d’hébergement pour personnes âgées au Québec, environ 70 % sont offertes par des résidences privées. Celles-ci desservent une clientèle majoritairement autonome ou en légère perte d’autonomie. Or, l’expérience nous montre que des établissements privés sont en mesure d’offrir des soins de qualité aux personnes âgées en lourde perte d’autonomie. Une étude récente a permis de constater que les services offerts par les établissements privés dans ce contexte étaient globalement de meilleure qualité que ceux fournis par les CHSLD publics.

Le secteur de la pharmacie, contrairement au réseau hospitalier public qui semble perpétuellement en crise, fonctionne comme une industrie normale. On ne voit pas dans les médias de manchettes faisant référence à des « délais d’attente qui s’allongent pour les services de pharmacie » ou à l’incapacité d’une importante frange de la population à se trouver un « pharmacien de famille ». À l’échelle canadienne, les pharmacies se démarquent par leur grande accessibilité. La plupart des pharmacies sont ouvertes sept jours sur sept et certaines 24 heures sur 24.

Cela n’est cependant pas le cas dans tous les pays. Par exemple, avant la libéralisation, les pharmacies du monopole d’État en Suède affichaient des heures d’ouverture très restreintes pour les clients : de 10 h à 18 h du lundi au vendredi et de 10 h à 14 h le samedi. Aucune pharmacie n’était ouverte le dimanche et plusieurs fermaient même complètement durant l’été.

On a tendance à tenir pour acquis que les pharmacies continueront d’offrir des services de qualité répondant aux besoins de la population, quelles que soient les règles gouvernementales qu’on leur impose. L’expérience de nombreux pays européens nous renseigne cependant sur les dangers d’une réglementation gouvernementale excessive.

Les soins dentaires aussi relèvent essentiellement du secteur privé au Canada, et encore une fois, contrairement au système public de santé, les cliniques dentaires sont grandement accessibles et les temps d’attente pour consulter un dentiste sont minimes, voire inexistants. Le Canada fait partie des pays de l’OCDE où la part de financement privé pour les soins dentaires est la plus élevée, et la vaste majorité des patients, soit 85 % de la population, estiment de nos jours que leur santé dentaire est bonne, très bonne ou excellente.

Néanmoins, depuis quelques années, plusieurs groupes d’intervenants militent en faveur d’un accroissement du financement public des soins dentaires au Canada. Les exemples internationaux nous montrent cependant qu’un plus grand financement gouvernemental n’améliore pas nécessairement l’accessibilité aux services. Au contraire, on observe la mise en place de politiques de rationnement et l’apparition de longues listes d’attente pour obtenir les soins nécessaires.

En Finlande, les délais d’attente en 2012 s’élevaient à plus d’un mois dans 85 % des centres dentaires publics. En Australie, les temps d’attente pour les services publics de santé dentaire sont souvent de deux à cinq ans dans certaines régions, avec près de 400 000 adultes sur des listes d’attente à travers le pays. Les Canadiens étaient 30 % plus susceptibles d’avoir visité un dentiste au cours des 12 derniers mois que les Australiens.

Finalement, plus de 90 % des dépenses totales pour les soins de la vue au Canada proviennent de sources privées. Le secteur de l’optométrie est devenu de plus en plus concurrentiel au fil des ans, le nombre d’optométristes ayant cru de 67 % entre 1997 et 2012, nettement plus rapidement que la population. Les fabricants et les détaillants de verres et montures et d’autres produits d’optique œuvrent également dans un contexte de grande concurrence à l’échelle internationale, ce qui contribue à améliorer la qualité des produits et à limiter les hausses de prix.

De plus, au cours de la dernière décennie, la chirurgie au laser a permis d’améliorer la vision de centaines de milliers de personnes au Canada. Un nombre grandissant de cliniques se font maintenant concurrence pour offrir le service et les résultats sont probants. Alors qu’une procédure LASIK standard coûtait environ 5000 $ pour les deux yeux au début des années 2000, les prix oscillent maintenant entre 1000 et 2000 $.

La leçon est claire : Dans les domaines de la santé où les initiatives entrepreneuriales sont encouragées, on s’aperçoit que le marché est dynamique, les innovations abondent et la qualité du service et des soins est en constante amélioration.

Introduction

Ces dernières années, plusieurs enquêtes et reportages ont fait ressortir toute l’ampleur des difficultés d’accès aux soins dans le système public de santé. Des problèmes récurrents auxquels les patients canadiens sont confrontés, tels l’engorgement dans les urgences et l’incapacité de consulter un médecin lorsque requis, font régulièrement la une des journaux.

L’attente pour recevoir des services dans le réseau public est devenue au fil des ans un problème structurel dans toutes les provinces. Dans les classements internationaux, le Canada se retrouve systématiquement dans le peloton de queue, parmi les pays où les délais d’attente pour obtenir des soins de santé sont les plus longs.

Les patients, très souvent à court d’options, semblent de plus en plus préoccupés par des délais d’attente qui s’allongent pour obtenir les soins requis(1). Une majorité de Canadiens sont d’avis que des réformes majeures s’imposent pour améliorer la situation. Selon un rapport d’enquête récent sur les perceptions et les expériences des soins de la population, près de deux Canadiens sur trois considèrent que le système de santé requiert des changements fondamentaux ou est à reconstruire totalement(2).

Dans l’ombre du réseau public, il existe toutefois un autre système de santé, essentiellement privé celui-là, qui fonctionne bien mais qu’on ne reconnait pas toujours à sa pleine valeur. Ce système offre des services beaucoup plus accessibles et laisse très peu de gens insatisfaits. Lorsque sondés, les Canadiens se déclarent nettement plus satisfaits des services obtenus à la clinique dentaire et à la pharmacie qu’à l’hôpital public. Selon un sondage mené par Forum Research, le taux de satisfaction des patients à l’égard des services reçus du pharmacien (93 %) ou du dentiste (85 %) est environ le double de celui vis-à-vis des services obtenus à l’urgence d’un hôpital (45 %) (voir Figure I sur iedm.org)(3).

Le présent Cahier de recherche dresse le portrait de quatre domaines liés à la santé où le secteur privé répond promptement et efficacement aux besoins des Canadiens. Ces domaines concernent les services de la pharmacie, de la dentisterie, de l’optométrie et de l’hébergement et des soins aux personnes âgées.

On croit souvent à tort que ces domaines sont fondamentalement différents du reste du système de santé et qu’ils sont naturellement conçus pour bien fonctionner, alors que ce n’est pas le cas. Comme nous le verrons, l’efficacité et l’accessibilité des services offerts dans ces domaines au Canada résultent principalement des mécanismes de marché qui les régissent : la concurrence entre les fournisseurs, la recherche du profit et la liberté de choix des patients. Dans les pays où ces mécanismes sont relâchés, on voit apparaitre les mêmes problèmes d’accès et de listes d’attente dont souffre le système public de santé dans chacune des provinces canadiennes.

Notes

1. Voir notamment Nanos Research, Wait Time Alliance - Wait Times Project Summary, Sondage commandé par Wait Time Alliance, septembre 2014; Stuart N. Soroka, Canadian Perceptions of the Health Care System, A Report to the Health Council of Canada, février 2007, p. 3.
2. Mike Benigeri et Olivier Sossa, Perceptions et expériences des soins de la population : le Québec comparé, Résultats de l’enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund de 2013, Commissaire à la santé et au bien-être du Québec, janvier 2014, p. 14.
3. Forum Research, Saskatchewan, Manitoba, New Brunswick Top Health Care Satisfaction Poll Overall, juin 2012.

Lire le Cahier de recherche sur iedm.org.


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