Libéralisation des marchés

Nobel de la paix pour le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed : l’Afrique montre la voie

Contrairement à l’attente d’un certain nombre d’écologistes et de médias, Greta Thunberg n’a pas été nommée prix Nobel de la Paix. À la place, c’est le Premier ministre éthopien Abiy Ahmed qui a reçu cette récompense honorifique pour son action de réconciliation ayant permis la résolution du conflit entre son pays et l’Érythrée.

Il affirme que son prix Nobel est un prix donné à l’Afrique. Il a raison car son action depuis son arrivée au pouvoir en 2018 est positive et envoie un message d’espoir dont l’Occident devrait s’inspirer plutôt que de sombrer dans le pessimisme.

Un réformateur ayant accompli des actions politiques et économiques libérales

L’action d’Abiy Ahmed pour son pays est multiple. Comme le fait remarquer le comité Nobel : « En Éthiopie, même s’il reste encore beaucoup à faire, le lauréat de la paix, Abiy Ahmed a lancé d’importantes réformes qui donnent à de nombreux citoyens l’espoir d’une vie et d’un avenir meilleur. » Abiy Ahmed a en effet contribué au développement de l’État de droit dans une région en guerre et dans un pays de plus de 100 millions habitants dont la plupart vit dans une extrême pauvreté. À travers la levée de l’état d’urgence, la libération de prisonniers politiques, la nomination d’un gouvernement paritaire et la promotion de femmes à la présidence et à la tête de la Cour suprême, le Premier ministre a assuré un tournant politique.

Au niveau économique, il a rompu avec la tradition étatiste qui prédominait chez ses prédécesseurs et a ouvert son pays à l’économie de marché et à la privatisation afin de rendre l’économie de l’Éthiopie moins dépendante des investissements chinois qui profitaient du système centralisé du pays.

« Mon modèle est le capitalisme ». Tels sont les mots du Premier ministre Abiy Ahmed pour désigner sa politique économique. De même, il avoue que « Si vous me donnez 100 milliards de dollars maintenant, je ne peux pas m’en servir. Il n’y a pas que de l’argent, il y a du talent et de l’expérience. C’est pourquoi nous avons besoin du secteur privé. » Des propos de bon sens qui pourtant semblent être oubliés de plus en plus en Occident.

Un message d’espoir pour l’Afrique, des leçons pour l’Occident

Ce choix du lauréat du prix Nobel est riche en leçons pour l’Europe et l’Amérique du Nord. Tout d’abord, il montre que la politique mondiale ne tourne plus autour de l’Occident ; les autres continents se développent et ont désormais plus que jamais leur place dans les affaires mondiales. Pendant que les politiques occidentaux se tournent de plus en plus vers l’État et des réglementations, des pays sont en train de sortir de la misère grâce à une liberté accrue des acteurs de la société civile.

Pendant que l’anticapitalisme resurgit dans de nombreux pays, l’Éthiopie fait le choix de l’économie libre pour relever les défis qui l’attendent.

Enfin, alors que les Occidentaux tendent à tourner le dos au libre-échange et à être séduits par la voie du protectionnisme, l’Afrique met en place la plus grande zone de libre-échange au monde avec la Zlecaf qui a été signée par 54 États Africains, soit la quasi-totalité du Continent.

Bien sûr de nombreuses choses restent à accomplir, mais c’est une dynamique positive qui se développe et qui est encouragée par le comité Nobel. Une situation qui donne de l’optimisme face aux discours mortifères des démagogues trop médiatisés.

Le Premier ministre Abiy Ahmed déclarait lors de la réception de son prix Nobel que « Je peux imaginer comment les autres dirigeants africains prendront positivement cette occasion pour travailler au processus de consolidation de la paix sur notre continent. » On ne peut qu’espérer que son souhait devienne réalité et qu’il serve d’inspiration pour le reste du monde.

Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l’IEDM, Alexandre Massaux est chercheur associé à l’IEDM. Ils signent ce texte à titre personnel.

Back to top