Environnement

Consommation de pétrole : le gouvernement plus ambitieux qu’Équiterre

Le gouvernement du Québec a dévoilé sa politique énergétique jeudi dernier. Elle contient plusieurs éléments, mais c’est surtout la fin du gaspillage des subventions à l’industrie de l’éolien qui a retenu l’attention. Enfin, nos factures d’électricité n’augmenteront plus en raison des subventions pour une électricité dont nous n’avons jamais eu besoin. Il faudra quand même payer pour les contrats signés , mais au moins le gouvernement va dans la bonne direction cette fois.

La politique énergétique vise l’horizon 2030. Elle ouvre la porte à l’exploitation de nos hydrocarbures, un potentiel économique important pour le Québec. Du même souffle, elle prévoit que les Québécois diminuent leur consommation de pétrole de 40 % d’ici 2030.

Diminuer la consommation de pétrole permettra de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, une très bonne chose. Par contre, ce n’est pas toujours simple de se passer du pétrole. Les technologies qui permettront de faire la transition vers d’autres sources d’énergie sont encore en développement. Même si on était prêt à payer très cher pour se passer du pétrole, ce qui n’est pas le cas, ce serait difficile.

Ce constat, les groupes écologistes Équiterre et Vivre en Ville l’ont bien réalisé. Ils ont produit il y a quelques années une étude intitulée « Changer de direction : pour un Québec libéré du pétrole en 2030 » pour parler de transition énergétique, soit de remplacer le pétrole par d’autres sources d’énergie. Évidemment, le titre de l’étude est trompeur, parce que même ces groupes écologistes ne proposaient pas de ne plus du tout consommer de pétrole en 2030! À moins d’une percée technologique fulgurante, ce serait ruineux et chaotique.

Ce que les groupes Équiterre et Vivre en ville proposaient, c’est de diminuer de 60 % la consommation de pétrole dans le secteur du transport personnel. Cet objectif équivaudrait dans les faits à une réduction de seulement 20 % de la consommation totale de pétrole au Québec. Déjà, cela coûterait entre 1500$ et 2000$ par année pour chaque ménage québécois. L’ambition du gouvernement de réduire la consommation de pétrole de 40 % est donc très ambitieuse, voire irréaliste.

Étonnamment, Steven Guilbeault d’Équiterre a déclaré à Hélène Baril, journaliste de La Presse, que l’objectif de 40 % était tout à fait atteignable parce que la proposition d’Équiterre misait sur une réduction de 60 %. Oups! Petite erreur, ici. Ce sont des choses qui arrivent, mais on peut suggérer à M. Guilbeault de retourner voir sa propre étude. Peut-être qu’à la réflexion, il conseillera au gouvernement de revoir son objectif à la baisse, qui sait!

Youri Chassin est économiste et directeur de la recherche à l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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