Textes d'opinion

Est-ce que Carey Price est trop payé?

Comme plusieurs d’entre vous, l’élimination du Canadien m’attriste. J’aurais aimé que l’équipe fasse encore un bout de chemin, et pourquoi pas, gagne la coupe. Malgré tout, je garderai un (autre) excellent souvenir de la performance de Carey Price. Son calme et l'excellence de son jeu sont remarquables, et nous sommes chanceux de l’avoir à Montréal.

Mais puisqu’il s’agit d’un blogue à saveur économique, permettez-moi de faire un lien entre les deux sujets.

Rappelons que, pour la saison 2014-2015, Price a gagné 6,75 millions $. En tout, son contrat de 6 ans lui rapportera un total de 39 millions $. Or, les gens ne se plaignent pas de son salaire. Ils comprennent que son salaire s'apprécie en fonction de la rareté d'un tel talent (l'offre et la demande), et des revenus qu'il génère pour l'équipe.

Contrairement au traitement qu’on réserve habituellement aux PDG d’entreprises, non seulement le salaire de Carey Price n’est nullement un sujet de discussion – même quand ses performances sont moins bonnes –, mais je n’entends personne non plus se plaindre de l’écart fort probablement grandissant entre les revenus de Price et les revenus du préposé au bâton, ou de l’employé qui vend de la bière dans les gradins, même si tous travaillent pourtant pour la même organisation…

D’autres avant moi ont soulevé la question, mais je vous la repose : pourquoi si peu d’indignation lorsque la crème de la crème des chanteurs, écrivains ou athlètes voient leurs revenus augmenter encore plus vite que les PDG?

Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

Lire la chronique sur le site du Journal de Montréal

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