Fiscalité

Déficit américain et impôts

Selon plusieurs, les baisses de taxes et d’impôts de l’administration Bush sont les principales responsables de la hausse du déficit budgétaire des États-Unis. Or, maintenant que George W. Bush est réélu, l’occasion est belle de faire le point sur cet aspect controversé de la gestion des finances publiques américaines.

Le Trésor américain indiquait récemment que le déficit budgétaire du pays avait atteint un seuil record de 413 milliards de dollars US au cours de l’exercice financier 2004, soit l’équivalent de 3,6% du produit intérieur brut (PIB).

Il est vrai que les baisses d’impôts mises en place par l’administration Bush sont considérables. Par contre, il est faux de croire qu’elles sont la principale cause du déficit. Les réductions fiscales comptent pour à peine 22% de la dégradation des finances publiques américaines depuis l’an 2000. En fait, le déficit est davantage dû à une escalade incontrôlée des dépenses qu’à un manque à gagner des revenus.

L’explosion des dépenses coïncide avec le début de la guerre contre le terrorisme. Le budget du département de la Défense – en hausse de 55% – est en bonne partie responsable de la hausse totale des dépenses. Néanmoins, avec le président Bush, les dépenses de programmes (hormis la Défense) se sont accrues de 32%.

Le rythme de croissance des dépenses a été beaucoup plus rapide que celui de la baisse des recettes fiscales.

De plus, il ne faut pas croire que les réductions d’impôts priveront le Trésor américain de revenus. Après trois années de recul, les recettes de l’État fédéral provenant de l’impôt sur le revenu ont d’ailleurs recommencé à croître en 2003-2004. En fait, la baisse du fardeau fiscal a des effets bénéfiques sur l’économie. Elle est une incitation au travail, à l’épargne, à la prise de risque et à l’investissement.

Par exemple, certaines réductions de taxes, notamment celles sur les dividendes et les gains en capital, auront pour effet de réduire le coût du capital pour les entreprises, ce qui se traduira par de nouveaux achats de machinerie et d’équipement, et donc par une hausse de la productivité. La croissance économique que cela suscitera aidera à remplir les coffres du gouvernement.

Les recettes fiscales augmenteront aussi du fait que cette croissance poussera les revenus des individus vers des paliers d’imposition plus élevés. En effet, les contribuables dont le revenu augmente proportionnellement davantage que le niveau d’inflation en période de croissance économique voient leur taux moyen d’imposition s’élever automatiquement.

Si Bush décide d’aller de l’avant avec son plan de rendre permanentes les réductions d’impôts actuelles, les recettes fiscales du gouvernement américain en pourcentage du PIB passeraient tout de même de 16,2% à 18,5% en l’espace de 10 ans, selon les estimations du Congressional Budget Office. C’est plus que la moyenne de 18,2% qu’affiche le pays depuis 1970.

Qu’on ne se méprenne pas. Contrairement à une perception fort répandue, une réduction du fardeau fiscal ne compromet pas nécessairement l’équilibre des finances publiques d’un gouvernement. Cette réduction doit toutefois s’accompagner d’un contrôle de la croissance des dépenses, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent pendant le mandat de George Bush.

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