Aller au contenu principal

IEDM

FacebookTwitterLinkedIn
L’IEDM dans les médias

Publications

12 novembre 2015novembre 12, 2015

Guide pratique sur l’économie des changements climatiques – La Conférence de Paris et ses suites

Cahier de recherche expliquant les faits économiques et principes généraux les plus pertinents qui devraient guider nos choix de politiques publiques en matière de changements climatiques

Guide pratique sur l’économie des changements climatiques – La Conférence de Paris et ses suites

La Conférence de Paris qui s’ouvrira le 30 novembre 2015 génère beaucoup d’attention sur la question de la lutte aux changements climatiques, un enjeu qui mêle la rhétorique politique, la logique économique et la science du climat. L’objectif de ce Cahier de recherche est de vulgariser les grandes notions relatives aux changements climatiques, comprendre les mécanismes discutés dans le contexte canadien et fonder les choix de politiques publiques sur les faits les plus pertinents.

Points saillants (pdf)
Introduction (pdf)
Chapitre 1 – Les changements climatiques en 20 questions et réponses (pdf) / (web)
Chapitre 2 – Les mesures gouvernementales et leur efficacité (pdf)
Chapitre 3 – Les innovations qui révolutionnent notre consommation d’énergie (pdf)
Chapitre 4 – L’adaptation aux changements climatiques (pdf)
Conclusion – Pour une approche équilibrée et pragmatique au problème des changements climatiques (pdf)
Annexe technique – L'incertitude dans la détermination des politiques publiques de lutte aux changements climatiques (pdf)

Communiqué de presse : Combattre les changements climatiques avec des moyens réalistes et efficaces
 

En lien avec cette publication

La Conférence de Paris pour les nuls (et les moins nuls) (Blogue de l'IEDM du Journal de Montréal, 5 novembre 2015)

Du Protocole de Kyoto à la Conférence de Paris : Les émissions canadiennes de GES en hausse de 24 % (Blogue de l'IEDM du Journal de Montréal, 10 novembre 2015)

Conférence de Paris sur le climat - Sept choses que vous devriez savoir (La Presse, 16 novembre 2015)

Fight climate change efficiently (National Post, 17 novembre 2015)

Quel est le lien entre la chute du mur de Berlin et le Protocole de Kyoto? (Blogue de l'IEDM du Journal de Montréal, 20 novembre 2015)

Les morts « climatiques » et la pauvreté (Blogue de l'IEDM du Journal de Montréal, 25 novembre 2015)
Entrevue avec Youri Chassin (Radio-Canada cet après-midi, Radio-Canada, 12 novembre 2015)

Entrevue avec Youri Chassin (Bonjour la Côte, Radio-Canada, 13 novembre 2015)
Entrevue avec Youri Chassin (Mario Dumont, LCN, 12 novembre 2015)

Entrevue avec Youri Chassin (Argent maintenant, Canal ARGENT, 12 novembre 2015)

Entrevue (en anglais) avec Youri Chassin (CFCF-TV, CTV News Montreal, 26 novembre 2015)

 

Ce Cahier de recherche a été préparé par Youri Chassin, économiste et directeur de la recherche à l’IEDM, et Guillaume Tremblay, économiste à l’IEDM.

Points saillants

La Conférence de Paris qui s’ouvrira le 30 novembre 2015 génère beaucoup d’attention sur la question de la lutte aux changements climatiques, un enjeu qui mêle la rhétorique politique, la logique économique et la science du climat. L’objectif de ce Cahier de recherche est de vulgariser les grandes notions relatives aux changements climatiques, comprendre les mécanismes discutés dans le contexte canadien et fonder les choix de politiques publiques sur les faits les plus pertinents. Voici en rafale les principaux constats qui sont développés dans chacun des quatre chapitres :

Chapitre 1 : Les changements climatiques en 20 questions et réponses

  • La Chine est le pays émettant le plus de GES, suivie des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Inde.
  • Depuis la première rencontre de l’ONU sur le climat, qui a eu lieu à Genève en 1979, les émissions provenant des combustibles fossiles ont connu une augmentation de 84 %.
  • Les pays membres du Protocole de Kyoto ont réduit leurs émissions de 22,6 % par rapport à 1990, ce qui n’a toutefois pas empêché les émissions mondiales provenant des combustibles fossiles d’augmenter de 53 % durant cette même période.
  • Les émissions de GES canadiennes ont progressé de 26 % entre 1990 et 2012, mais leur croissance a stagné depuis 2003.
  • Le Canada génère 1,59 % des émissions mondiales de GES, mais émet plus de GES par habitant que les autres pays, sauf l’Australie.
  • Plusieurs obstacles doivent être surmontés afin de conclure un accord à Paris, dont les réticences de plusieurs gouvernements aux cibles contraignantes et les compensations aux pays en développement.

Chapitre 2 : Les mesures gouvernementales et leur efficacité

  • Le marché du carbone et la taxe sur le carbone sont deux outils gouvernementaux qui octroient un prix au carbone.
  • Ces outils permettent de décentraliser les décisions, ce qui favorise l’atteinte des cibles de réductions au meilleur coût possible.
  • Plusieurs obstacles compliquent toutefois le bon fonctionnement de ces outils, dont la difficulté de bien mesurer les émissions, l’exclusion de secteurs ou d’industries, l’impact sur la compétitivité des entreprises et les fuites de carbone.
  • Les taxes sur les carburants sont déjà très élevées au Canada, générant des recettes fiscales de près de 22 milliards de dollars.
  • Les taxes fixes sur les carburants dans les provinces canadiennes correspondent à une taxe sur le carbone variant entre 83 $ la tonne de GES en Alberta et 128 $ la tonne de GES au Québec.
  • Les subventions aux énergies renouvelables et aux véhicules électriques, de même que l’ajout d’éthanol à l’essence, sont peu efficaces dans l’atteinte d’un objectif donné de réduction des émissions de GES.
  • Les contraintes imposées par les gouvernements ont toutes des impacts économiques négatifs à court terme.
  • Les changements climatiques comportent des effets négatifs et des effets positifs. Un réchauffement global de moins de 2°C, tel qu’on le connaîtra d’ici la fin du siècle, aurait des effets nets positifs en raison notamment de meilleurs rendements agricoles.
  • Les trois principes indissociables qui peuvent guider les bonnes politiques publiques de lutte aux changements climatiques sont l’efficacité, la neutralité fiscale et la minimisation de l’impact économique.

Chapitre 3 : Les innovations qui révolutionnent notre consommation d’énergie

  • L’intensité énergétique, soit la quantité d’énergie utilisée par unité de mesure de production, a diminué à un rythme annuel de 1,25 % entre 1990 et 2013. L’évolution de la Chine a été spectaculaire, avec une diminution de moitié de l’intensité énergétique en 20 ans.
  • Les nouvelles technologies des quarante dernières années ont permis des gains d’efficience énergétique correspondant, dans 11 pays, à 1337 millions de tonnes de pétrole.
  • Lorsqu’on économise de l’énergie par davantage d’efficience, il se produit un effet rebond par lequel l’énergie épargnée est utilisée à d’autres fins. Ainsi, les gains d’efficience des automobiles ont été compensés par davantage d’automobiles vendues et la présence de véhicules plus gros.
  • Par rapport aux États-Unis, l’efficacité énergétique des automobiles est 26 % plus grande en Europe, où les prix de l’essence sont plus élevés de 137 % en moyenne.
  • La consommation d’énergie des pays développés a été relativement stable au cours de 15 dernières années et, selon l’Agence internationale de l’énergie, ces pays ne consommeront pas plus de pétrole en 2020 qu’aujourd’hui.
  • L’intensité en carbone, soit le ratio des émissions de dioxyde de carbone par unité d’énergie utilisée, atteint des niveaux plus élevés dans les pays émergents que dans les pays développés.
  • Aux États-Unis, la révolution du gaz de schiste découlant de la fracturation hydraulique et du forage horizontal a permis de réduire l’utilisation du charbon, plus polluant.
  • Les énergies renouvelables ont connu une croissance fulgurante entre 2004 et 2014. La capacité mondiale installée a augmenté de 671 % pour l’énergie solaire et de 1147 % pour l’énergie éolienne.
  • À la fin de 2014, treize projets de capture et de séquestration du carbone à grande échelle étaient en activité à travers le monde, avec une capacité de 26 mégatonnes de CO2 par année.

Chapitre 4 : L’adaptation aux changements climatiques

  • Les changements climatiques affectent plus durement les pays pauvres, en termes de taux de mortalité et de pertes économiques en proportion du PIB.
  • Entre 1970 et 2008, par exemple, plus de 95 % des décès dues aux désastres naturels sont survenus dans les pays en développement.
  • Le taux mondial de mortalité en raison d’événements météorologiques extrêmes a décliné de 98 % depuis les années 1920, illustrant que la vulnérabilité humaine au climat est avant tout due aux conditions économiques.
  • La malnutrition, la diarrhée et la malaria rendues plus fréquentes en raison des changements climatiques sont des risques associées principalement à la pauvreté.
  • La lutte aux changements climatiques ne doit pas faire oublier d’autres problèmes de santé comme le fait que 3 milliards de personnes sont exposées à la fumée provenant des combustibles solides pour le chauffage ou la cuisine, selon l’OMS.
  • L’accès à l’électricité bon marché est donc un moyen important d’améliorer les conditions sanitaires courantes, même si cette électricité provient d’énergies fossiles.
  • D’ici 2085, seulement 13 % des décès dus à la famine, à la malaria et aux événements météorologiques extrêmes seront une conséquence des changements climatiques.
  • La conscientisation environnementale est liée à la richesse, comme le montre un sondage de l’ONU qui révèle que, sur 16 priorités, les changements climatiques se classent bon dernier, surtout dans les pays pauvres.

------------------------------------

Introduction

Comprendre les aspects économiques de la lutte aux changements climatiques


Du 30 novembre au 11 décembre aura lieu à Paris la 21e conférence des Nations Unies sur le climat où se négociera un éventuel accord applicable à tous les pays pour limiter le réchauffement mondial. Après des conférences considérées largement comme des échecs et l’absence d’accord contraignant faisant suite au Protocole de Kyoto, la rencontre de Paris est perçue comme un point tournant. Y aura-t-il ou non un accord? Que dire des négociations Nord-Sud? Les pays du BRIC parapheront-ils l’entente? Des cibles contraignantes seront-elles fixées?

Toutes les négociations internationales posent des défis. Celle-ci ne fait pas exception, notamment parce que la lutte aux changements climatiques mêle la rhétorique politique, la logique économique et la science du climat. Étant économistes, et non climatologues, nous n’entrons pas dans les débats scientifiques concernant les changements climatiques en cours. Notre prémisse est celle de la grande majorité des scientifiques qui sont d’avis que le réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle est majoritairement causé par l’activité humaine. Nous nous contentons de présenter un survol des notions utilisées par les climatologues dans les volets qui concerne davantage l’économie des changements climatiques.

Notre contribution la plus pertinente se concentre sur l’analyse des politiques publiques, de la dynamique des marchés et des choix qui se présentent à nous pour faire face à la réalité des changements climatiques. L’objectif de ce Cahier de recherche est triple. Il vise à :

  • vulgariser, dans un langage accessible au lecteur intéressé, les grandes notions entourant les débats politiques et les négociations sur la question des changements climatiques;
  • comprendre les mécanismes discutés, les politiques publiques existantes et les tendances à l’œuvre, notamment ce qui touchent de plus près la réalité canadienne;
  • s’éloigner des discours émotifs ou moralisateurs pour comprendre et fonder les choix de politiques publiques sur les faits les plus pertinents.

Nous avons voulu nous s’éloigner des déclarations et des bonnes intentions pour nous en tenir aux résultats. À travers le monde, certains hommes et femmes politiques s’expriment d’une voix forte, mais les gestes qu’ils posent ne sont pas toujours à l’avenant. Des leaders d’opinion discourent passionnément de notre responsabilité morale, mais oublient certains enjeux pourtant cruciaux. Des militants vantent les mérites de certaines solutions, mais en taisent les coûts. Un regard économique sur la question des changements climatiques s’attarde au contraire aux résultats concrets, aux diverses facettes de la question et tient compte des avantages comme des coûts.

Quatre chapitres permettent de comprendre l’enjeu des changements climatiques sur la base d’une grande variété de sources documentaires, et de 43 graphiques et tableaux. Une bibliographie permettra au lecteur curieux de poursuivre ses recherches par lui-même.

Ayant l’ambition de vulgariser la question pour le plus large public possible, il nous apparaissait incontournable de commencer par les faits. Un diagnostic sans fard est nécessaire, notamment quant au niveau global des émissions de gaz à effet de serre qui ne cesse d’augmenter, malgré toutes les rencontres internationales depuis 1979. C’est l’objet du premier chapitre, organisé sous la forme de vingt questions-réponses concernant les négociations internationales qui aboutiront à la Conférence de Paris.

Même si la conférence se soldait par un échec, c’est-à-dire si les pays du monde ne parvenaient pas à s’entendre et à respecter un accord universel, contraignant et suffisant pour limiter les probabilités d’un réchauffement de plus de 2 °C, cela n’empêcherait pas plusieurs gouvernements d’adopter des politiques de lutte aux changements climatiques. Le second chapitre montre que, s’il n’est pas aisé de traduire en politiques publiques les résultats les plus incertains de la science climatique, les outils à la disposition des gouvernements sont nombreux et plusieurs sont déjà mis à contribution. C’est le cas en particulier du marché du carbone du Québec et de la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique. Les taxes sur l’essence aussi, comme on le verra, sont déjà largement utilisées.

Outre les gouvernements, les populations et les entreprises aussi s’engagent dans des développements intéressants et porteurs d’espoir dans bien des cas. Le troisième chapitre illustre les tendances mondiales qui permettent de croire que la transition énergétique est déjà en train de prendre racine, même si son effet est encore marginal. Les émissions globales sont toujours en hausse, mais l’intensité des émissions diminue et certaines technologies prometteuses pourraient se généraliser.

Enfin, la question de l’adaptation est abordée au quatrième chapitre puisqu’elle a été depuis toujours la réponse des êtres humains aux variations du climat. Même avec un réchauffement limité à 2 °C, il y aura des transformations qui affecteront, négativement et positivement, différentes populations. Les facteurs comme le développement économique et la disponibilité des technologies seront déterminants pour une adaptation réussie.

Lire l'étude sur iedm.org


EMAIL FACEBOOK TWITTER LINKEDIN

910, rue Peel, bureau 600
Montréal (Québec) H3C 2H8
Canada


Téléphone : 514-273-0969
Courriel : commentaires@iedm.org

au sommet de la page

© IEDM 2017