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9 mai 2013mai 9, 2013

Aucun remède miracle : des solutions positives au problème de l’obésité

Cahier de recherche proposant une approche globale et non coercitive pour réduire l'obésité

Aucun remède miracle : des solutions positives au problème de l’obésité

Depuis quelques années, nous assistons à l'émergence de groupes, qui, au nom de la santé publique, demandent une plus grande supervision par le gouvernement de nos faits et gestes quotidiens. Cela peut prendre la forme de taxes ou de réglementations, selon le cas. En ce qui a trait au phénomène de l'obésité, ce Cahier de recherche suggère une approche positive qui tienne compte de la complexité du problème, plutôt que de s'en remettre à une taxe sur certains produits spécifiques, une avenue qui n'a pas livré les résultats escomptés, comme l'expliquait une précédente Note économique de l'IEDM.

Communiqué de presse :: Prescription contre l'obésité : cesser de chercher le remède miracle

Note économique (Novembre 2012) :: Peut-on contrer l'obésité en taxant les boissons sucrées?

 

En lien avec cette publication

Le gouvernement n'a pas sa place dans le garde-manger des Québécois (Le Soleil, 8 mai 2013)

Are Doctors Part of The Obesity Problem? (The Huffington Post, 9 mai 2013)

Taxes will make obesity even costlier (Sun Media Papers, 17 mai 2013)
   

Cahier de recherche préparé par le Dr David Gratzer en collaboration avec Jasmin Guénette, vice-président de l'Institut économique de Montréal.

Avant-propos


Il ne fait aucun doute que la proportion croissante dans notre société de personnes qui font de l'embonpoint ou qui sont obèses est devenue un important problème de santé, avec des conséquences financières non négligeables. S'entendre sur la gravité d'un problème ne signifie toutefois pas que les solutions pour y remédier soient évidentes et ne prêtent pas à la controverse.

Malheureusement, les solutions dont on entend le plus souvent parler sont celles qui reposent sur les taxes, la coercition, la réglementation et, de façon générale, sur davantage d'implication de l'État dans la vie des gens. Des groupes d'intérêt ont été fondés ces dernières années avec l'objectif spécifique de faire pression pour la mise en place de nouvelles taxes sur certains produits alimentaires. Ils proposent que les fonds recueillis grâce à ces taxes soient utilisés pour éduquer le public sur les saines habitudes de vie et une bonne nutrition. De tels programmes pourraient par ailleurs être gérés par. des organismes comme eux. Ces gens savent certainement comment défendre leurs intérêts!

Chaque fois qu'un débat public implique de l'argent des contribuables et plus d'intervention de la part des gouvernements, on peut être certain que des groupes qui risquent de bénéficier de telles mesures vont émerger et en venir à dominer ce débat, même s'il n'existe aucune preuve que les solutions qu'ils proposent vont être efficaces.

Ce que nous mangeons et faisons avec nos propres corps sont des questions très personnelles. Les taxes et la réglementation sont des instruments grossiers qui entraînent très rarement les changements de comportement que l'on espère de la part des individus et des entreprises. Aucun programme n'obtiendra de résultats à long terme à moins que les individus visés ne soient convaincus de son utilité et ne soit disposés à y participer.

Il existe d'autres types de solutions qui respectent les choix personnels et qui s'appuient sur la liberté et la responsabilité individuelles. C'est cette approche qu'a prise le Dr David Gratzer dans ce Cahier de recherche, auquel j'ai eu le plaisir de collaborer.

Le Dr Gratzer est l'un des plus éminents experts sur les politiques de santé au Canada. Il propose ici diverses incitations positives qui peuvent être mises en oeuvre par les gouvernements, les entreprises, les familles et la communauté médicale dans le but d'aider les personnes qui ont un surpoids à manger mieux et à faire plus d'exercice. Comme il le démontre, il n'existe pas de remède miracle pour résoudre un problème aussi complexe et qui comportent de si nombreuses facettes. Si tous les intervenants font cependant leur part pour promouvoir de meilleures habitudes, nous auront de bien meilleures chances de maîtriser ce problème.

Jasmin Guénette
Vice-président de l'Institut économique de Montréal

M. Guénette a également collaboré à la Note économique « Peut-on contrer l'obésité en taxant les boissons sucrées? » signée par le Dr Gratzer et publiée par l'IEDM en novembre 2012.

Résumé

Les chercheurs et les revues dans le domaine médical ont fréquemment, avec raison, sonné l'alarme quant aux risques de la généralisation de l'obésité. Ces risques sont bien réels. La demande pour le remplacement précoce d'une cheville ou d'un genou est en hausse, l'hypertension est de plus en plus répandue et le taux de personnes souffrant du diabète de type 2 est en explosion. Les établissements de santé ont dû renouveler leur équipement pour accueillir les patients accusant une surcharge pondérale.

Malgré le fait que les taux d'obésité soient en croissance à l'échelle internationale, il existe des distinctions importantes entre les facteurs régionaux et individuels. Contrairement au tabac, la nourriture est vendue et consommée dans une variété imprévisible de contextes publics, privés ou semi-privés sous des millions de formes non standardisées, les chaînes d'approvisionnement pouvant varier radicalement d'un produit à l'autre.

C'est pourquoi, d'un point de vue de politique publique, la seule façon de composer avec cette réalité est de combattre l'obésité en la considérant comme l'apparition massive de millions de cas similaires, mais tout de même uniques d'une condition individuelle.

Les solutions à ce problème devraient donc être liées aux incitations qui guident les individus. Les incitations négatives visent à décourager (ou à interdire) certains comportements adoptés par les consommateurs. Leurs antécédents de succès ne sont pas très reluisants. Les incitations positives, quant à elles, visent à renforcer des comportements souhaitables adoptés par les consommateurs. Ce type d'incitations, dont l'objectif consiste à accroître la récompense associée aux comportements sains, est moins courant dans le cadre des politiques relatives à l'obésité.

La première étape pour concevoir une politique antiobésité efficace est d'accepter qu'il existe des limites pratiques et politiques à la capacité de l'État à pratiquer une microgestion des comportements alimentaires dans une société libre. Les décideurs doivent cesser de chercher un remède miracle pour faire disparaître le surpoids des citoyens comme par magie. Il est impossible qu'une seule loi, une seule taxe ou un seul aliment honni puissent servir de fondement à une stratégie antiobésité couronnée de succès.

L'approche puritaine et coercitive du problème de l'obésité, préconisée par une grande partie de la communauté de la santé publique, n'est pas la seule qui existe. Compte tenu des caractéristiques particulières de ce problème, le moment est venu d'accorder davantage d'importance à une autre approche plus positive. Nous avons construit une société et un système économique qui subventionnent et encouragent les mauvais choix. Pour renverser la vapeur, nous devons adopter des systèmes, des politiques et des attitudes qui favorisent de meilleurs choix.

Grâce à diverses initiatives publiques et privées dans les écoles, les enfants sont désormais à avant-garde de la lutte contre l'obésité, et des études montrent que les résultats sont positifs. Les gouvernements peuvent en faire davantage, non seulement dans les écoles, mais aussi en facilitant l'activité physique au quotidien chez les adultes et en développant un modèle d'assurance santé basé sur des incitations positives.

La profession médicale a un rôle crucial à jouer si on souhaite mettre en oeuvre une politique antiobésité couronnée de succès. Les patients réagissent souvent plus sérieusement à des conseils médicaux relatifs à des risques clairement établis. Les médecins - en raison de leur culture professionnelle - sont souvent plus à l'aise quand vient le temps de donner des conseils sur des affections et des risques précis. Par conséquent, il est peut-être temps de vigoureusement « médicaliser » la réponse de la profession médicale au problème de l'obésité.

Les secteurs économiques clés et les employeurs peuvent aussi promouvoir la santé chez les adultes en appuyant des changements positifs, par exemple en modifiant la routine quotidienne pour normaliser une alimentation saine et l'activité physique régulière.

La responsabilité individuelle est un aspect central de la lutte contre l'obésité, mais les entreprises de ce secteur doivent également faire preuve de responsabilité. Elles doivent contribuer à réduire les conséquences néfastes des produits existants, particulièrement quand le sucre, le gras ou le sel ajoutés peuvent être réduits dans la chaîne d'approvisionnement actuelle. Elles devraient chercher à diversifier leur gamme pour inclure des produits meilleurs pour la santé. Elles devraient aussi indiquer de manière claire et exhaustive la valeur nutritive de leurs produits.

Si les gens ne font pas preuve de responsabilité individuelle pour prévenir l'obésité, il sera pratiquement impossible de réduire le taux d'obésité, malgré une amélioration des facteurs environnementaux. Les politiques doivent être conçues afin de créer un renforcement positif à long terme pour des millions de décisions individuelles. Les approches positives ne manquent pas. Il faut toutefois que la communauté de la santé publique fasse preuve d'une plus grande ouverture d'esprit et abandonne sa perception erronée selon laquelle seules les interventions répressives sont valables.

Lire le Cahier de recherche sur www.iedm.org.


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