Textes d'opinion

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mai 6, 2010

6 mai 2010

Le point de vue du boss

Métro Montréal, p. 18

Depuis samedi, le salaire minimum a grimpé de 50 cents, à 9,50 $. Bonne nouvelle? Oui et non. Pour les étudiants et travailleurs sans expérience, la recherche d’emploi risque de devenir plus difficile.

Je vous invite à lire ce mémo qu’A.G., patron d’une PME en Caroline du Nord, vient d’envoyer à ses 25 employés. J’ai adapté le texte pour le Québec.

À tous les membres de l’équipe:

J’ai publié l’horaire pour la semaine prochaine. Vous remarquerez que j’ai réduit le nombre d’heures de chacun de vous. Je tiens à vous expliquer pourquoi, car personne n’a fait quoi que ce soit de mal pour mériter ça.

J’adorerais donner à chaque employé toutes les heures qu’il désire. Nous produirions plus chaque jour, nos clients seraient heureux, l’entreprise grandirait et je pourrais embaucher davantage. Mais comme toute PME, nous fonctionnons sur un budget serré. Pour survivre, nous devons faire un profit. Pour y arriver, le coût de notre main-d’œuvre (le total de vos salaires) ne peut dépasser un certain pourcentage de nos ventes totales. Sinon, nous faisons faillite.

Les politiciens ont haussé le salaire minimum de 30% depuis 2004. Cela paraît une excellente nouvelle – plus d’argent pour tout le monde! Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi. Si je dois vous payer tous 30% de plus, je ne peux donner autant d’heures à autant d’employés. Car nos ventes, elles, n’ont pas grimpé de 30%. Rappelez-vous: je peux seulement vous payer un pourcentage de l’argent qui entre. Conséquence: je dois réduire vos heures.

Dans un monde idéal, vous seriez libre de déterminer ce que valent vos compétences et votre temps. Et moi, je serais libre de vous payer ce montant si je veux vous embaucher. Tout le monde y gagne: j’embauche le nombre de bons employés que je veux et que je peux payer, et vous obtenez les heures que vous voulez.

Le salaire minimum heurte surtout ceux d’entre vous qui travaillent dur pour trouver un emploi. Voyez, je ne suis pas obligé de vous embaucher et de vous payer 9,50 $ l’heure. Mais vous, vous êtes obligés d’exiger 9,50 $. Même si vous êtes prêts à accepter moins pour obtenir (ou garder) un emploi.

Vous pouvez donc remercier les politiciens pour cette situation. Encore heureux qu’ils n’aient pas fixé le salaire minimum à 15 $.

Si vous avez des questions au sujet de la présente, ou si vous voulez en parler davantage, s.v.p. n’hésitez pas à venir me voir. La porte est toujours ouverte.

D’accord ou pas avec cette lettre, une chose demeure: rien n’est gratuit en ce bas monde.

David Descôteaux est chercheur à l'Institut économique de Montréal.

La lettre originale a été envoyée à Donald Boudreaux, professeur à George Mason University et blogueur à Cafe Hayek.

L’IEDM dans les médias

Écart entre les riches et les pauvres
Entrevue avec Yanick Labrie, économiste à l'IEDM, diffusée le 1er mai sur les ondes de V Télé.

Apprendre par l'exemple
Chronique de Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior à l'IEDM, publiée dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 10 mai.

Produite par The World Show en partenariat avec l'IEDM, cette série télé présente des penseurs et des militants qui défendent l'économie de marché et qui comptent parmi les plus dynamiques et influents du Canada et des États-Unis.

Prochain épisode : Lawrence Reed, président de la Foundation for Economic Education (FEE)
Diffusion sur WCFE Mountain Lake PBS : jeudi le 17 mai à 22h30 et dimanche le 20 mai à 9h30

Capsules économiques

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