Op-eds

La dérive budgétaire fédérale se poursuit

Opinion piece featured exclusively on our website.

Le gouvernement fédéral dépose un dixième budget déficitaire, cette fois à hauteur de 78 milliards de dollars.

Il s’agit du plus gros déficit de l’histoire du Canada, à l’exception de la période pandémique.

Le navire est à la dérive.

Et aucune route pour ramener le pays au port de l’équilibre budgétaire n’est proposée par le gouvernement fédéral.

Le message à la population canadienne est clair : la rigueur fiscale ne fait pas partie de la vision gouvernementale. Les agences de notation s’en souviendront.

Pire encore, le gouvernement tente de noyer le poisson en recourant à un tour de passe-passe comptable pour faire oublier l’ampleur réelle du déficit.

Celui-ci consiste à faire passer les subventions aux entreprises et d’autres types de dépenses pour des dépenses en capital, évitant ainsi de les comptabiliser dans le budget de fonctionnement.

En ce sens, la proposition budgétaire consiste à prendre de l’argent sur la paie de l’ensemble des contribuables canadiens – par l’impôt – pour subventionner des entreprises et pour construire des maisons par l’État. Cette approche nuit plus souvent qu’autrement à l’économie, comme l’a démontré l’actuel ministre des Finances, François-Philippe Champagne, lors de son dernier mandat dans le dossier de la filière batterie.

Malgré cette contorsion budgétaire qui permet de présenter une partie du déficit comme des « investissements » (lire ici : des dépenses), tous comprendront que le résultat final demeure le même : l’endettement des générations futures.

Et cela pèsera lourd pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain.

La dérive budgétaire des dix dernières années est un choix politique. Il est temps de reprendre le gouvernail et de rétablir une gestion rigoureuse des finances publiques. Nous le devons aux générations futures.

L’endettement de la dernière décennie, sous le gouvernement Trudeau, entraînera des charges fiscales additionnelles d’un peu moins de 30 000 $ au cours de la vie d’un jeune âgé de 16 ans aujourd’hui.

Le budget 2025 en ajoute une nouvelle couche.

Pourtant, le ministre Champagne affirme qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour les Canadiens.

Difficile de partager ce constat lorsqu’un enfant qui naît aujourd’hui au Canada vient au monde avec 33 000 $ de dette publique fédérale. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné.

Un peu de sérieux s’impose alors que la situation est alarmante, mais le gouvernement préfère faire l’autruche.

Devant une dette toujours plus lourde, ce sont les jeunes qui, tôt ou tard, en paieront le prix. Les seuls intérêts sur la dette devraient s’élever à 76 milliards de dollars en 2029-2030, soit 10 milliards de dollars plus que le coût du système de santé au Québec en 2025.

Malgré certaines baisses à la marge, le budget présenté manque de réalisme et devrait proposer un plan beaucoup plus ambitieux en matière de réduction du nombre de fonctionnaires et d’abolition des programmes coûteux.

Un ancrage fiscal est nécessaire pour ramener le Canada à bon port.

L’équilibre budgétaire doit rapidement redevenir la boussole du gouvernement fédéral, sans quoi cet endettement accentuera l’iniquité intergénérationnelle.

La dérive budgétaire des dix dernières années est un choix politique.

Il est temps de reprendre le gouvernail et de rétablir une gestion rigoureuse des finances publiques.

Nous le devons aux générations futures.

Gabriel Giguère is a Senior Policy Analyst at the MEI. The views reflected in this opinion piece are his own.

Back to top