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GNL Québec : Un projet qui doit continuer

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Dans les derniers jours, des bannières appelant le gouvernement du Québec à rejeter le projet GNL Québec du Saguenay ont été déployées dans six villes du Québec, dont Montréal. L’organisme Greenpeace prétend que ces gestes politiques sont le reflet de l’absence d’acceptabilité sociale pour ce projet pourtant bien connu et accueilli très favorablement par les gens du Saguenay. Ce que ce groupe de pression semble oublier, c’est que seulement 9,4 % des gens directement concernés, soit les Saguenéens, s’opposent au projet.

Un calcul environnemental trompeur

Afin d’alimenter sa croisade contre le développement des ressources naturelles, dont le secteur forestier, Greenpeace s’inquiète cette fois-ci de l’émission additionnelle de GES que causerait l’implantation du projet dans notre province. Selon eux, ce sont plus de « 50 millions de tonnes de CO2 par année » qui seraient émises. C’est pourquoi ils souhaitent que l’ensemble du Québec prenne part au débat, qu’ils aient déjà mis un pied au Saguenay ou non.

Le calcul environnemental qu’ils effectuent est toutefois trompeur et ne tient pas compte de plusieurs réalités bien simples. Nous ne répéterons jamais assez que le combat contre le réchauffement climatique n’est pas provincial, mais bien mondial. Bien que les émissions de GES du projet pour la province doivent être prises en compte, il faut surtout analyser l’effet net sur les GES émis mondialement.

Un des objectifs de GNL Québec est d’exporter notre gaz naturel vers les marchés européens et asiatiques. Le gaz sera ainsi vendu, entre autres, à l’Allemagne, l’Espagne, la Chine et le Vietnam. Ce sont tous des pays où le charbon est la principale source d’électricité et qui ont récemment adopté une politique visant à remplacer cette énergie fossile par d’autres sources moins polluantes, comme le gaz naturel.

Comment pouvons-nous factuellement ignorer la baisse des émissions de GES dans ces marchés quand ils substitueront notre gaz naturel au charbon? C’est pourtant ce que fait Greenpeace, et il nous apparaît réducteur de prétendre que GNL Québec ne fera que contribuer à l’augmentation des GES dans la province, alors que ses effets seront bénéfiques sur les émissions de GES à l’échelle mondiale.

Pensons à l’économie saguenéenne

En plus de contribuer à la diminution des GES émis dans les marchés outre-mer, le projet mettrait du pain sur la table de nombreuses familles saguenéennes. En effet, ce sera entre 2000 et 4000 travailleurs qui seront embauchés pendant la construction du complexe de liquéfaction. Par la suite, ce sera de 200 à 300 individus qui seront employés à terme.

Dans une région où le PIB par habitant est 16 % inférieur à celui de la moyenne des autres régions du Québec et 68 % en deçà de Montréal, empêcher un tel projet sur des bases idéologiques serait absolument incohérent.

D’ici 2040, la demande de gaz naturel devrait augmenter de plus de 29 % mondialement et est appelée à bondir davantage dans de nombreux pays visés par GNL Québec, surtout en Inde et chez ses voisins de l’Asie-Pacifique. Qui plus est, le gaz naturel répondra à 25 % de la demande mondiale totale d’énergie.

D’ailleurs, sachant que plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’électricité, des projets d’exportations d’énergie comme GNL Québec pourraient faciliter le développement d’infrastructures d’électricité dans ces pays.

Si nous avons balayé du revers de la main des projets d’oléoducs qui nous auraient permis de tirer des millions de dollars par jour en exportations vers des marchés émergents, il ne faudrait pas faire la même erreur avec le gaz naturel.

Les Saguenéens devraient peser davantage dans la balance, et en temps de relance économique, nous ne pouvons-nous permettre de rejeter ce projet. Il s’agit d’une opportunité pour nos régions de briller sur le plan international et de montrer que le Québec peut être un joueur clé dans la diminution des GES émis mondialement.

Miguel Ouellette is Director of Operations and Economist at the MEI, Olivier Rancourt, an Economist at the MEI. The views reflected in this op-ed are their own.

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