RÉACTION: On n’a pas besoin d’une Banque de l’infrastructure du Canada 2.0

- Le plus grand fonds souverain de la Norvège investit uniquement à l’étranger
Montréal, le 27 avril 2026 – Le Fonds pour un Canada fort, dont la création a été annoncée ce matin par le premier ministre Mark Carney, risque de coûter cher aux contribuables et de générer peu de rendements, selon une économiste de l’IEDM.
« Ce que le gouvernement Carney annonce aujourd’hui, c’est essentiellement la Banque de l’infrastructure du Canada sous un nouveau nom », affirme Emmanuelle B. Faubert, économiste à l’IEDM. « Si le premier ministre veut recréer un fonds souverain, il devrait s’inspirer de la Norvège, c’est-à-dire se doter de garde-fous stricts et présenter des budgets équilibrés. »
Depuis 2019, le gouvernement norvégien n’a enregistré qu’un seul déficit, en 2020.
Le Canada, en revanche, n’a affiché aucun surplus budgétaire au cours de cette période et n’a toujours pas de plan concret de retour à l’équilibre budgétaire.
Le Government Pension Fund Global, principal fonds souverain de la Norvège, est l’un des exemples les plus fréquemment cités pour ce type de fonds.
Contrairement au Fonds pour un Canada fort annoncé par le gouvernement Carney, ce fonds souverain norvégien a le mandat explicite d’investir à l’étranger plutôt qu’au pays, pour éviter de faire surchauffer l’économie locale.
La chercheuse explique qu’un autre effet positif de ce type de restrictions est qu’elles limitent la possibilité d’ingérence politique dans l’allocation des fonds.
Dans une Note économique récente, l’IEDM expliquait que les entreprises financées par le capital de risque soutenu par le secteur public tendent à être moins performantes que les firmes soutenues par des fonds privés. Ce type d’intervention semblait également nuire à la formation de capital de risque privé.
« Les politiques industrielles gouvernementales changent les incitations, favorisant les entrepreneurs qui cochent les “bonnes cases”, plutôt que ceux qui ont le meilleur potentiel de croissance », ajoute Mme Faubert. « Si l’objectif de stimuler l’investissement est louable, la méthode employée est discutable. »
« On obtiendrait de meilleurs résultats en s’attaquant à la surréglementation et à la surtaxation qui ont créé la morosité économique actuelle, plutôt qu’en créant une nouvelle structure. »
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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