QUÉBEC: Le temps d’attente à l’urgence a augmenté de 41 minutes depuis 2018, révèle l’IEDM

- La durée médiane du séjour à l’urgence était de 5 heures et 12 minutes l’an dernier au Québec
Montréal, le 20 août 2026 – Depuis 2018, le temps d’attente médian aux urgences du Québec a augmenté de 41 minutes, pour s’établir à 5 heures et 12 minutes, selon de nouvelles données diffusées par l’IEDM ce matin.
« Malgré l’augmentation rapide des dépenses en santé, les Québécois continuent d’attendre de plus en plus longtemps lorsqu’ils se présentent aux urgences », affirme Renaud Brossard, vice-président aux communications à l’IEDM. « Ça démontre que le problème n’est pas le financement, mais la façon dont le système est organisé. »
La durée médiane du séjour dans une salle d’urgence, depuis l’arrivée jusqu’à la sortie de l’hôpital (ou l’admission dans un autre service), correspond au point milieu de l’ensemble des durées de séjour des patients. Cela signifie que la moitié des séjours ont été plus longs, et l’autre moitié, plus courts.
En 2018-2019, l’attente médiane dans une salle d’urgence du Québec était de 4 heures et 31 minutes. L’an dernier, le séjour médian dans une salle d’urgence du Québec a atteint 5 heures et 12 minutes, selon les données diffusées par l’IEDM. Cela représente une augmentation de 41 minutes.
Sur la même période, les dépenses en santé ont crû de 24,2 milliards de dollars, pour s’établir à 66,0 milliards de dollars cette année. Cela représente une hausse de 57,9 pour cent.
Les régions affichant les plus longues durées médianes de séjour aux urgences sont la région de Laval avec 7 heures et 49 minutes, celle des Laurentides, avec 6 heures et 51 minutes, et celle de la Montérégie, avec 6 heures et 32 minutes.
À l’inverse, la région de la Gaspésie affiche la plus courte durée médiane de séjour, de 3 heures et 22 minutes.
L’urgence du pavillon Albert-Prévost – spécialisé en santé mentale –, à Montréal, remporte la malheureuse distinction d’avoir la plus longue attente au Québec, avec une durée médiane de séjour de 14 heures et 23 minutes l’an dernier. Aux deuxième et troisième rangs se trouvent respectivement l’hôpital Royal-Victoria (9 heures et 45 minutes) et l’hôpital de Hull (9 heures et 12 minutes).
« Passer de longues heures aux urgences est peut-être devenu la norme au Québec, mais l’expérience internationale nous montre que ce n’est pas une fatalité », note M. Brossard. « Pour véritablement réduire ces délais, il faut s’inspirer des meilleures pratiques observées ailleurs dans le monde, notamment des systèmes mixtes qu’on retrouve en Europe. »
Il existe des solutions susceptibles d’améliorer l’accessibilité aux soins pour les patients et leur rapidité. En France, les centres médicaux de soins immédiats sont des salles d’urgence accessibles à tous, mais gérées indépendamment des hôpitaux.
La pratique mixte, récemment autorisée en Alberta, permet aux médecins de travailler à la fois dans des établissements publics et privés. Une étude montre qu’au Danemark, les médecins en pratique mixte ajoutent en moyenne 5,2 heures de soins supplémentaires par semaine sans réduire leurs engagements dans le système public, ce qui leur permet de voir plus de patients.
La mise en place de ces mesures contribuerait à réduire la pression qui pèse sur les hôpitaux en prenant en charge les cas moins prioritaires, ce qui permettrait aux établissements publics de se concentrer sur les cas plus urgents et complexes.
Un sondage Ipsos mené pour le compte de l’IEDM en avril dernier montre que deux Québécois sur trois aimeraient avoir un meilleur accès aux soins privés dans la province.
Les données sur les délais d’attente dans les urgences du Québec sont disponibles ici.
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L’IEDM est un institut de recherche indépendant sur les politiques publiques, avec des bureaux à Montréal et à Calgary. Par ses publications, ses apparitions dans les médias et ses services de conseil auprès des décideurs publics, l’IEDM stimule le débat public et propose des réformes fondées sur une économie saine et l’entrepreneuriat.
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