Projet de loi 11: autoriser la pratique mixte en Alberta pourrait contribuer à améliorer l’accès aux soins de santé, selon une nouvelle étude de l’IEDM

Montréal, le 17 février 2026 — Le projet de loi 11 du gouvernement de l’Alberta, qui permet aux médecins d’exercer à la fois dans des établissements de soins publics et privés, pourrait contribuer à améliorer l’accès aux soins de santé en accroissant la capacité globale du système, selon une Note économique récemment publiée par l’IEDM.
« Bien que le projet de loi 11 de l’Alberta présente une approche novatrice dans le contexte canadien, la pratique mixte est courante dans plusieurs pays développés et il a été démontré qu’elle contribue à accroître la capacité globale des systèmes de santé », explique Conrad Eder, chercheur associé à l’IEDM et auteur de la publication. « Cela signifie que davantage de patients reçoivent les soins dont ils ont besoin plus rapidement, tout en réduisant la pression exercée sur les cliniques et les hôpitaux déjà surchargés. »
Selon les données compilées par le Commonwealth Fund, le Canada se classe au septième rang sur dix pays comparables, derrière l’Australie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, la France et la Suède.
Parmi ces six autres pays, aucun n’interdit la pratique mixte.
L’auteur attribue une partie du succès de la pratique mixte à son effet sur l’augmentation du nombre total d’heures travaillées par les médecins.
« Avec la pratique mixte, nous constatons que les médecins ont tendance à ajouter quelques heures supplémentaires par semaine en salle d’opération ou en consultation clinique dans le secteur privé, en plus de leurs engagements habituels dans le système public », explique M. Eder. « À l’échelle de l’ensemble d’une province et sur une année entière, ces heures de pratique supplémentaires représentent un gain considérable pour les patients. »
Des recherches menées au Danemark n’ont pas révélé de différence statistiquement significative entre le nombre d’heures régulières et supplémentaires effectuées dans les établissements publics par les médecins exerçant une pratique mixte et ceux qui n’exercent que dans le secteur public.
En revanche, les médecins engagés dans une pratique mixte ont travaillé en moyenne 5,2 heures supplémentaires par semaine dans des établissements de soins privés.
Une étude menée en Norvège n’a pas non plus révélé de différence statistiquement significative dans le temps consacré au travail dans les établissements publics entre les médecins qui exercent uniquement dans le public et ceux qui exercent en pratique mixte.
Le chercheur souligne également les avantages à l’échelle du système, notamment une meilleure rétention des médecins et une utilisation plus efficiente des ressources, qui peuvent résulter de l’autorisation de la pratique mixte.
Pour que l’Alberta puisse maximiser les avantages de cette politique, le chercheur met en garde la province contre une approche trop restrictive en matière de réglementation de la pratique mixte.
« Les avantages du projet de loi 11 pour le système de santé albertain dépendent des règlements qui régiront sa mise en œuvre », souligne M. Eder. « Autoriser la pratique mixte pour un large éventail de médecins et de spécialités, par exemple, plutôt que de la limiter à certaines spécialités, permettrait aux Albertains dont les besoins en matière de soins de santé sont plus variés de bénéficier d’une plus grande capacité de traitement. »
Vous pouvez consulter la note économique de l’IEDM ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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