Communiqués de presse

Près de 430 000 Québécois ont quitté l’urgence sans avoir reçu de soins l’an dernier, selon l’IEDM

  • Au Canada, ce sont plus de 1,2 million de patients qui ont quitté l’urgence sans avoir été soignés l’année dernière.

Montréal, le 18 septembre 2025 — Le nombre de patients qui quittent les salles d’urgence du Québec sans avoir reçu de soins est en hausse, révèle un rapport publié ce matin par l’IEDM.

« Ces patients ne partent pas parce qu’ils se sentent mieux, mais bien parce que le système les laisse tomber », explique Emmanuelle B. Faubert, économiste à l’IEDM et auteure du rapport. « Chaque année, des milliers de Québécoises et de Québécois se voient privés de soins. »

En 2024, le Québec a enregistré plus de 3,7 millions de visites aux urgences. De ce nombre, 428 676 patients sont repartis sans recevoir de soins, ce qui représente 11,6 pour cent de l’ensemble des visites.

Il s’agit d’une tendance à la hausse : depuis 2019, la proportion de patients qui quittent l’urgence sans recevoir de soins a augmenté de 8,8 pour cent.

Au Québec, cette proportion est plus élevée que la moyenne nationale, qui s’établit à 7,8 pour cent.

Au Canada, 16,3 millions de visites aux urgences ont été recensées l’an dernier, dont 1 267 736 se sont soldées par un départ du patient sans prise en charge, soit environ une visite sur treize. Ces données n’incluent pas les patients de la Saskatchewan ni ceux couverts par le réseau Vitalité Santé du Nouveau-Brunswick, ces autorités sanitaires n’ayant pas fourni leurs données de 2024 à temps pour la publication.

Cette détérioration s’observe à l’échelle nationale, les taux de départs prématurés ayant fortement augmenté depuis 2019. L’an dernier, le nombre de patients canadiens qui quittent l’urgence sans avoir été soignés a bondi de 35,6 pour cent.

La plupart des patients qui quittent l’urgence sans avoir été pris en charge au Québec relèvent du niveau de priorité 4 ou 5, soit les cas moins urgents et non urgents. Jugés peu prioritaires, ces patients sont relégués en queue de file et subissent parmi les plus longues attentes à l’urgence. Cela témoigne du manque d’accès aux soins primaires.

La chercheuse de l’IEDM souligne que les patients contraints de retarder leur prise en charge ou d’y renoncer finissent souvent par voir leur état s’aggraver, ce qui mène à des cas plus complexes.

Dans le cadre d’une étude américaine menée de 2019 à 2020, les chercheurs ont constaté que 55 pour cent des patients ayant quitté un service d’urgence avant d’être pris en charge consultaient un professionnel de la santé dans les trois semaines suivant leur première visite.

L’IEDM recommande d’améliorer l’accès aux soins en amont, ce qui implique :

  • d’accroître le recours aux cliniques dirigées par des infirmières praticiennes;
  • d’élargir le champ d’exercice des pharmaciens; et
  • d’autoriser la création de centres médicaux de soins immédiats non gouvernementaux, inspirés du modèle français, pour traiter les urgences non vitales.

« Il est essentiel de remédier à la crise de l’accès aux soins primaires si nous voulons éviter que les patients ne continuent de passer entre les mailles du filet », déclare Mme Faubert. « Les décideurs doivent avoir le courage politique d’élargir l’offre de soins en faisant appel aux prestataires indépendants et complémentaires, faute de quoi la crise ne pourra que s’aggraver ».

La Note économique de l’IEDM est disponible ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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Natacha Radenkovic
Stagiaire aux communications
Cell. : (514) 497-6174

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