Observations spontanées

Pour en finir avec les subventions aux véhicules électriques

Un article paru dans La Presse fait état de problèmes liés au programme de subvention à l’achat d’un véhicule électrique usagé – l’une des cinq composantes du programme québécois Roulez vert. Parmi toutes les raisons qui sont bonnes pour remettre en question un tel programme, la plus pertinente et la plus évidente est sans contredit son inefficacité.

Depuis 2012, Québec a dépensé 321 millions $ en subventions pour « encourager » l’achat de véhicules électriques et de bornes de recharge. Ces dépenses vont se poursuivre, puisque le gouvernement a prolongé ce programme pour deux ans au coût de 434 millions $ supplémentaires. Coût total en 2021 : 755 millions $ (page E.16 du budget).

Jusqu’à maintenant, la subvention de 8600 $, accordée par Québec pour l’achat d’un véhicule et d’une borne, coûtait aux contribuables un peu moins de 300 $ par tonne de gaz à effet de serre non émise. Avec la nouvelle subvention fédérale de 5000 $, le coût par tonne de GES non émise passe à plus de 450 $, soit 23 fois le prix à la bourse du carbone ou celui de la taxe fédérale ! Même quand cette taxe sera de 50 $ la tonne en 2022, la subvention sera encore neuf fois plus chère.

En plus d’être très coûteuse, cette mesure n’a que très peu d’impact sur les émissions de GES. En effet, même si le Québec atteignait son objectif d’avoir un million de véhicules entièrement électriques sur ses routes en 2030 – soit vingt fois plus que le nombre actuel, qui inclut aussi des hybrides –, cela réduirait nos émissions de GES de seulement de 3,6 % par rapport au niveau actuel.

Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’inciter à ne rien faire pour réduire nos émissions de GES, mais plutôt de rappeler qu’il existe des moyens plus efficaces et moins coûteux de le faire. Québec et Ottawa devraient mettre fin à leurs programmes de subventions, se contenter de taxer la consommation du carbone et de s’assurer de réduire le fardeau fiscal des contribuables de façon équivalente.

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