Communiqués de presse

Politique d’achat canadien: le protectionnisme coûte cher aux contribuables

  • La politique « Achetez canadien » pourrait faire croître les coûts des grands projets de 4,8 à 12,2 milliards de dollars par année.

Montréal, le 3 mars 2026 – L’adoption de clauses d’achat préférentiel, comme celles évoquées dans la politique « Achetez canadien », risque de faire augmenter les coûts et de réduire la qualité des projets d’infrastructures et d’autres approvisionnements publics, avertit l’IEDM dans une Note économique publiée ce matin.

« En ajoutant des critères de provenance, on réduit artificiellement la concurrence, ce qui mène à une perte de qualité, à un coût plus élevé ou à un mélange des deux », explique Vincent Geloso, économiste senior à l’IEDM et auteur de la publication. « Quand il est question de montants aussi importants, même une hausse de quelques points de pourcentage se traduit par des coûts substantiels pour les contribuables. »

Au Canada, les dépenses en approvisionnement public représentaient 13,4 pour cent du PIB en 2021 selon les chiffres de l’OCDE.

Chaque soumissionnaire additionnel permet de réduire les coûts d’un projet de 8,3 pour cent, selon une étude américaine s’étant penchée sur le secteur des transports. Une analyse portant sur plus de 1,3 million d’appels d’offres au Brésil entre 2015 et 2018 arrive à une conclusion similaire.

Moins les barrières à l’entrée de nouveaux participants sont élevées, meilleurs sont les résultats, explique le chercheur. À l’inverse, les politiques d’achat préférentiel sont associées à des hausses de coûts tangibles, enchaîne-t-il.

En Californie, une préférence de seulement cinq pour cent accordée aux entreprises locales dans certains projets publics a entraîné une augmentation du coût total estimée de 1,4 à 3,6 pour cent.

Appliquée au Canada, cela représenterait une hausse des dépenses en infrastructures d’entre 4,8 et 12,2 milliards de dollars, selon les données de 2021. Cela représenterait une hausse des coûts de 124 $ à 320 $ par Canadien, par année.

Une autre étude s’étant penchée sur les effets de la clause « Buy American » sur l’approvisionnement fédéral indique que le coût net par emploi créé ou maintenu est estimé entre 111 500$ et 137 700$, dépassant amplement le revenu moyen d’un Américain.

Au-delà de l’effet direct sur les coûts, la réduction du nombre de soumissionnaires freine également la pression pour innover et améliorer la productivité, explique l’économiste.

« En réduisant la concurrence à laquelle nos entreprises font face, on les rend plus paresseuses, comme leur besoin d’innover s’en trouve réduit », ajoute M. Geloso. « En mettant moins d’efforts pour réduire les coûts et accroître la qualité dans un contexte protégé, nos firmes finissent par devenir moins compétitives sur les marchés mondiaux. »

Une autre étude montre que l’ouverture aux fournisseurs étrangers dans le cadre de l’Accord sur les marchés publics de l’Organisation mondiale du commerce a été associée à des approvisionnements plus rentables.

« Le fait que les politiques d’achat préférentiel font monter les coûts, baisser la qualité et réduire notre compétitivité devrait mener à leur abandon », conclut M. Geloso.

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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