Norme sur les véhicules zéro émission: Québec doit laisser les consommateurs choisir, affirme l’IEDM

Montréal, le 23 juillet 2026 – Le gouvernement du Québec devrait abroger ses quotas de vente de véhicules électriques dans un contexte où la demande des Québécois pour ces véhicules est beaucoup plus faible qu’espérée par le gouvernement, indique l’IEDM dans un mémoire rendu public ce matin.
« Le gouvernement n’a pas à dicter les choix des consommateurs québécois », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Ceux-ci sont bien mieux placés que les fonctionnaires pour identifier le produit qui répond le mieux à leurs besoins. Québec devrait respecter cela. »
Le gouvernement du Québec a lancé une consultation publique sur la norme relative aux les véhicules zéro émission. Le projet de règlement propose plusieurs modifications, notamment une révision à la baisse des cibles intermédiaires et de la cible finale de 2035.
Une réglementation déconnectée de la réalité
Au premier trimestre de 2026, les véhicules zéro émission ont représenté 15,0 pour cent des nouvelles immatriculations au Québec, selon la comptabilisation du gouvernement, bien loin de la cible de 32,5 pour cent cette année. Même avec les nouveaux paramètres proposés par Québec, les ventes demeureraient en deçà de la nouvelle cible de 26,0 pour cent proposée pour cette année.
« Les consommateurs envoient un message clair : les véhicules électriques ne répondent pas à leurs besoins », ajoute M. Giguère. « Le gouvernement devrait prendre ce message en compte plutôt que de tenter de les contraindre à acquérir un produit qui ne correspond pas à leurs exigences. »
Ce manque d’intérêt s’explique par de nombreux facteurs. D’abord, les véhicules électriques demeurent beaucoup plus coûteux que leurs équivalents à essence.
Et bien que le gouvernement entrevoie une parité des prix à l’avenir, celle-ci n’est pas entrevue avant 2047 pour un véhicule électrique ayant une autonomie comparable à celle des véhicules conventionnels, soit 640 kilomètres.
Le manque d’infrastructures de recharge et les performances en grand froid inquiètent également les consommateurs, qui préfèrent donc se tourner vers des véhicules conventionnels.
Une facture qui risque d’être refilée aux consommateurs
La norme impose des coûts de conformité élevés aux constructeurs qui ne parviennent pas à atteindre les quotas gouvernementaux.
Selon le projet de règlement, un crédit sera accordé par véhicule entièrement électrique : 0,75 crédit par véhicule hybride rechargeable d’au moins 80 km d’autonomie et 0,25 crédit par véhicule hybride non rechargeable admissible.
Lorsqu’un constructeur n’accumule pas suffisamment de crédits, il doit payer une redevance de 20 000 dollars par crédit manquant ou acheter des crédits auprès d’un autre fabricant. En fonction de ce montant de redevances et des données du premier trimestre de 2026, cela représenterait un coût théorique d’environ 131,9 millions de dollars.
Ces coûts risquent, à terme, d’être transférés aux consommateurs sous la forme de prix plus élevés et d’une offre de véhicules plus restreinte, explique le chercheur.
« Cette réglementation ne rend pas les véhicules électriques plus attrayants », conclut M. Giguère. « Elle cherche plutôt à rendre les véhicules à essence artificiellement moins attrayants. Le gouvernement devrait respecter le libre choix des Québécois plutôt que d’imposer des cibles réglementaires. »
Le mémoire de l’IEDM est disponible ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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