Modernisation du régime forestier: Québec fait bien de cesser la microgestion des opérations forestières, estime l’IEDM

- Cette réforme aiderait à assurer la pérennité de l’industrie et des emplois qui y sont rattachés, selon le think tank.
Montréal, le 9 septembre 2025 – Accorder plus d’autonomie dans la gestion des opérations forestières, comme le propose le projet de loi 97, améliorerait l’efficacité et la prévisibilité de l’industrie, selon un nouveau rapport de l’IEDM publié ce matin.
« La centralisation de la gestion des opérations forestières dans les tours du ministère a miné la capacité d’adaptation du milieu de la foresterie », explique Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM et auteur du rapport. « En confiant la gestion des zones de coupe aux entreprises forestières, sous la surveillance d’acteurs locaux, le projet de loi 97 vient redonner à l’industrie la flexibilité dont elle a besoin. »
Sous le régime forestier actuel, la planification des opérations telles que la coupe, l’aménagement de chemins forestiers et le reboisement est prise en charge par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Le chercheur explique que cette microgestion de la forêt québécoise par le ministère fait grimper les dépenses de fonctionnement des scieries.
« En ce moment, les entreprises forestières doivent attendre l’autorisation de Québec avant chaque opération, de la coupe au reboisement en passant par l’ouverture et la fermeture de chemins forestiers », affirme M. Giguère. « C’est une source d’inefficacité considérable. »
La gestion du transport et des opérations forestières représente environ la moitié des dépenses de fonctionnement d’une scierie.
Le projet de loi 97 propose la création d’un nouveau zonage d’aménagement forestier dit « prioritaire », où la priorité serait accordée aux activités de récolte de bois et de reboisement, notamment, et la planification déléguée aux entreprises. Ces nouvelles zones d’aménagement prioritaires représenteraient 30 % du territoire aménagé d’ici 2030.
Selon les estimations du gouvernement, la réforme pourrait générer des économies annuelles pouvant atteindre 80 millions de dollars.
« En réduisant le nombre de décisions émanant des fonctionnaires, les entreprises seraient notamment en mesure de réduire l’écart entre la récolte et le reboisement, contribuant ainsi à raccourcir la durée des cycles forestiers dans les zones prioritaires », affirme M. Giguère. « Dans un secteur à faibles marges comme la foresterie, ce type d’économies peut faire la différence entre le maintien et la cessation des activités d’une scierie. »
Le secteur des produits forestiers emploie plus de 57 000 travailleurs québécois, selon les plus récentes données disponibles.
Le Point de l’IEDM est disponible ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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