Communiqués de presse

Mise à jour économique: un déficit en baisse, mais toujours hors de contrôle

  • Malgré l’annonce, aucun fonds n’a été affecté au Fonds pour un Canada fort.

Montréal, le 28 avril 2026 – Bien que le déficit prévu soit aujourd’hui inférieur de 100 millions de dollars aux prévisions initiales, l’absence de plan concret de retour à l’équilibre budgétaire est un autre signe du manque de rigueur dans la gestion des finances publiques à Ottawa, estime une économiste de l’IEDM.

« Il n’y a rien de responsable ni de rigoureux dans un gouvernement qui présente un budget lourdement déficitaire et n’a aucun plan concret pour cesser de s’endetter à vitesse grand V », affirme Emmanuelle B. Faubert, économiste à l’IEDM.

Quelques jours après le début de l’année budgétaire 2026-2027, le portrait des finances publiques a déjà changé.

Avec des revenus projetés de 529,6 milliards de dollars et des dépenses de 594,8 milliards, le gouvernement projette aujourd’hui un déficit de 65,3 milliards pour l’année à venir.

Le résultat est un déficit aujourd’hui estimé à 65,3 milliards de dollars.

Le gouvernement prévoit maintenant que la dette fédérale atteindra 1473,0 milliards de dollars à la fin de cet exercice budgétaire.

Le gouvernement fédéral en est aujourd’hui à son 18e déficit consécutif.

Les frais d’intérêt sur la dette coûteront 58,7 milliards de dollars cette année, soit 1734,66$ par contribuable canadien. Le gouvernement fédéral s’attend à ce que les frais d’intérêt sur la dette atteignent 80,9 milliards de dollars en 2030, soit une hausse de 37,8 pour cent. Le budget ne serait toujours pas équilibré à ce moment, selon les projections du gouvernement fédéral.

« La dette que nous accumulons aujourd’hui n’est pas sans coût : nous la paierons chaque année en gaspillant des milliards de dollars en paiements d’intérêts », ajoute Mme Faubert. « Ce gouvernement devra freiner sérieusement la croissance de ses dépenses afin de redonner un peu de viabilité à ses finances publiques. »

Dans une Note économique publiée un peu plus tôt en avril, l’IEDM estimait que le déficit atteindrait 117 milliards de dollars en 2035, si rien ne changeait dans la trajectoire budgétaire actuelle. La dette atteindrait plus de 2400 milliards de dollars selon ce scénario.

La croissance rapide des dépenses en défense, des paiements d’intérêts et des prestations aux aînés compromettrait les plans de retour à l’équilibre budgétaire, selon la modélisation de l’IEDM.

Afin de revenir à l’équilibre budgétaire, tout en respectant ses engagements envers l’OTAN, l’IEDM recommandait plusieurs pistes au gouvernement fédéral, comme une réforme de son système de prestations aux aînés, l’accélération et la prolongation de la politique de compression des dépenses au-delà de 2030, ainsi qu’une modération de la croissance des transferts aux provinces.

La mise en place du Fonds pour un Canada fort, annoncée en grande pompe par le premier ministre Mark Carney hier, rate la cible, selon l’économiste.

« L’expérience nous montre que, lorsque le gouvernement tente de choisir des gagnants et des perdants avec l’argent des contribuables, le résultat tend à être un appauvrissement collectif », conclut Mme Faubert. « Le fédéral a les leviers nécessaires pour faire revenir l’investissement privé : il n’a qu’à réviser la réglementation excessive et la lourde fiscalité qui l’ont fait fuir, plutôt que de tenter de s’y substituer avec l’argent du public. »

Malgré la promesse d’allouer 25 milliards de dollars au fonds au cours des trois prochaines années, les seules affectations dans cet énoncé économique sont de six millions de dollars d’ici 2031, afin de mettre sur pieds le bureau de transition

Dans une Note économique publiée la semaine dernière, l’IEDM expliquait que les entreprises financées par le capital de risque soutenu par le secteur public tendent à être moins performantes que les firmes soutenues par des fonds privés. Ce type d’intervention semblait également nuire à la formation de capital de risque privé.

Les entreprises canadiennes consacreraient 768 millions d’heures par année à la conformité réglementaire, soit l’équivalent de 394 000 emplois à temps plein.

***

L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

– 30 –

Demandes d’entrevue :
Florence Plourde
Gestionnaire des communications
Cell. : 418-670-5939

Back to top