Mise à jour budgétaire: Québec n’arrive toujours pas à contrôler la croissance des dépenses, selon l’IEDM

- Les dépenses projetées sont en hausse de 5,4 milliards par rapport à l’an dernier.
Montréal, le 25 novembre 2025 – La croissance des dépenses entre le budget et la mise à jour témoigne d’un manque de contrôle dans la gestion des finances publiques à Québec, estime un chercheur de l’IEDM réagissant à la mise à jour économique présentée plus tôt aujourd’hui par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard.
« Ce qu’on observe n’est pas tant que le gouvernement multiplie les annonces de programmes, mais bien que la machine peine à contenir la croissance des dépenses », déclare Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Essentiellement, les Québécois et les Québécoises n’en obtiennent pas vraiment plus de la part de Québec, mais la facture continue d’augmenter rapidement. »
Pour l’exercice financier 2025-2026, le gouvernement prévoit de dépenser 166,7 milliards de dollars. L’an dernier, Québec avait dépensé 161,3 milliards de dollars. Cela représente donc une hausse de 5,4 milliards de dollars.
Les revenus, quant à eux, sont en hausse de 2,6 milliards de dollars par rapport à l’an dernier. Le résultat est un déficit projeté de 12,4 milliards, en hausse de 4,8 milliards de dollars par rapport à l’an dernier.
Les frais d’intérêts sur la dette sont également en augmentation, le gouvernement prévoyant maintenant d’y engloutir 10,2 milliards de dollars cette année, soit un milliard de dollars de plus que le budget du ministère de la Famille.
« Le ministre Girard a beau essayer de nous rassurer en promettant un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, on attend toujours de voir un plan crédible de sa part pour y arriver », souligne M. Giguère. « Il doit préciser où et comment il trouvera les 2,5 milliards d’économies prévues d’ici là et présenter aux Québécois et aux Québécoises un plan crédible pour y arriver. »
Le gouvernement prévoit d’afficher un budget équilibré en 2029-2030, avec un solde de 0 $. Il identifie toutefois un écart à résorber de 2,5 milliards de dollars sur une base annuelle.
Il compte combler cet écart en espérant une meilleure croissance économique, l’identification de sources d’efficacité et une augmentation des transferts fédéraux. Aucun plan concret n’est mis de l’avant pour y arriver, indique le chercheur.
Le gouvernement annonce également une diminution des niveaux de cotisation au Régime des rentes du Québec et au Régime québécois d’assurance parentale afin d’aider les contribuables. Les cotisations à ces régimes capitalisés varient en fonction de la performance des fonds, rappelle le chercheur.
Cette mesure permettrait aux cotisants d’épargner en moyenne 80 $ l’an prochain. Cela représente une économie de 0,25 $ de moins que le coût d’un plein d’essence pour un modèle comme le Toyota RAV4, ayant un réservoir de 55 litres.
« Si le gouvernement Legault souhaitait réellement aider les familles à faire face à l’incertitude économique et au coût de la vie élevé, il aurait mieux fait de donner un congé de taxe sur l’essence », rappelle M. Giguère. « Une telle mesure aurait permis aux Québécois et aux Québécoises d’épargner des centaines de dollars par an, plutôt qu’un maigre 1,54 $ par semaine. »
L’IEDM recommandait récemment au gouvernement du Québec d’utiliser les surplus de 1,8 milliard de dollars dormant dans le Fonds Vert 2.0 pour réduire la taxe sur l’essence.
Une abolition temporaire de la taxe sur les carburants réduirait la facture fiscale de 19,2 sous par litre d’essence.
En septembre, un écart de 18,0 sous par litre d’essence séparait le prix de l’essence dans la grande région de Montréal et la moyenne nationale. À Québec, cet écart atteignait 14,6 sous.
Il est estimé que cet écart coûte 260 $ par an aux conducteurs de véhicules utilitaires sport dans la région de Montréal, et 187 $ dans la région de Québec.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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