Logement: Trois choses que le gouvernement provincial peut faire dès maintenant pour rendre le logement plus abordable

Montréal, le 29 juin 2026 – Dans l’optique de ramener les prix du logement à des niveaux plus abordables, l’IEDM recommande trois mesures que le gouvernement Fréchette pourrait adopter afin d’accroître l’offre de logements au Québec.
« Le 1er juillet, des milliers de Québécois déménagent et font face à des coûts de plus en plus élevés pour se loger », explique Renaud Brossard, vice-président aux Communications à l’IEDM. « Si on veut que les Québécois puissent se loger à des prix plus abordables, la première étape, c’est d’arrêter de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui bâtissent des logements. »
- Réduire le nombre de métiers à certification obligatoire dans la construction
Le Québec compte 25 métiers à certification obligatoire, soit plus que n’importe où ailleurs au pays. À titre de comparaison, l’Ontario n’en compte que sept. Parmi les métiers à certification obligatoire au Québec, 13 des 25 ne sont réglementés nulle part ailleurs au Canada. C’est le cas pour les peintres, carreleurs et charpentiers-menuisiers, par exemple.
Cette rigidité augmente les coûts de construction et force les entrepreneurs à faire appel à plusieurs travailleurs pour des tâches qu’une seule personne pourrait effectuer dans le reste du pays. C’est un enjeu qui avait été soulevé dans un Point de l’IEDM en mars 2024.
La même année, le gouvernement provincial a adopté une réforme de l’industrie de la construction, mais a laissé inchangé le nombre de métiers soumis à certification obligatoire.
« Lors de la dernière réforme de l’industrie de la construction, le gouvernement a raté le bateau en maintenant autant de métiers à certification obligatoire », affirme M. Brossard. « En donnant plus de flexibilité aux travailleurs afin de réaliser davantage de tâches différentes, on pourrait réduire les coûts et les délais sur les chantiers. »
- Amender le nouveau Code du bâtiment du Québec avant son entrée en vigueur
Initialement prévue pour l’automne, l’implantation du nouveau Code du bâtiment du Québec a été repoussée à 2027.
Ce nouveau code impose des normes beaucoup plus sévères en matière de construction, obligeant, par exemple, à un rehaussement des normes sismiques de 50 à 70 pour cent. Il impose également l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques dans les constructions résidentielles de plus de cinq logements.
Ces nouvelles exigences entraîneraient une hausse des coûts de construction de cinq à huit pour cent dès leur entrée en vigueur, selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec.
« Si l’intention derrière chacune de ces normes se défend, leur imposition fera croître les coûts de construction dans un contexte où construire coûte déjà trop cher », explique M. Brossard. « Le gouvernement doit retourner à la table à dessin et revoir les normes existantes afin de s’assurer qu’elles atteignent leur objectif avant d’en ajouter de nouvelles. »
- Simplifier le changement de zonage des terres agricoles pour accroître l’offre résidentielle
Dans la grande région de Montréal, 58 pour cent du territoire est actuellement zoné agricole. Même si certains agriculteurs aimeraient vendre leurs terres inutilisées à un promoteur immobilier, faire modifier le zonage afin d’y bâtir des résidences est un processus ardu, qui nécessite l’accord de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).
Entre 2020 et 2023, la CPTAQ n’a autorisé que 37 pour cent des demandes de dézonage soumises partout dans la province. Cela représente un territoire de 7,43 km2, soit l’équivalent de la superficie de la Ville de Mont-Royal répartie sur l’ensemble du territoire québécois.
Au cours de la même période, l’organisme a approuvé des demandes de zonage agricole représentant 50,01 km2, soit 95 pour cent de la superficie visée.
Un Point de l’IEDM montrait le potentiel d’accroissement de l’offre que ce zonage représente. Dans un scénario hypothétique où les terres agricoles lavalloises changeraient de vocation, il est estimé qu’un minimum de 70 000 logements pourraient être bâtis, permettant de loger 180 000 Québécois.
« Le système actuel ne fait pas qu’empêcher les familles d’avoir un bon logement, il restreint également les agriculteurs quant à l’usage qu’ils souhaiteraient faire de leurs terres », ajoute M. Brossard. « En permettant aux agriculteurs qui le souhaitent de transformer leurs terres inutilisées en nouveaux développements immobiliers, on aiderait à loger plus de Québécois. »
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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