Communiqués de presse

L’intelligence artificielle ne permet pas de planifier l’économie

Montréal, le 12 mars 2026 – Les avancées rapides en intelligence artificielle relancent l’idée selon laquelle il serait désormais possible de planifier l’économie grâce à l’abondance de données. Cette vision repose toutefois sur une mauvaise compréhension du fonctionnement réel de l’économie, explique l’économiste Peter J. Boettke dans un Point publié par l’IEDM ce matin.

« Contrairement à ce que certains pensent, l’économie n’est pas une série d’équations que l’on peut espérer résoudre en ayant suffisamment de puissance informatique », explique M. Boettke, professeur d’économie et de philosophie à l’Université George Mason et auteur de la publication. « Non seulement la quantité d’information nécessaire est-elle importante, mais une bonne part de cette information n’existe tout simplement pas sous une forme collectable ni codifiable. »

Vers la fin du XIXe siècle, l’économiste italien Vilfredo Pareto concluait que, si quelqu’un souhaitait effectuer une coordination centrale d’une économie de taille modeste, le nombre d’équations exploserait.

« Si l’IA est en mesure de traiter une importante quantité de données, elle ne règle pas pour autant la question de leur disponibilité », ajoute le chercheur.

L’économiste nobélisé Friedrich Hayek observait qu’une part importante de l’information est décentralisée – c’est-à-dire répartie entre les mains de milliards de vendeurs et d’acheteurs à travers le monde – et tacite – c’est-à-dire souvent non explicitement formulée.

  1. Boettke explique que la façon dont un commerçant connaît ses consommateurs, par exemple, ou l’émergence d’un nouveau produit rêvé par un entrepreneur ne sont pas des informations que l’on peut coder.

Encore plus important est le rôle que jouent les prix dans la découverte et la transmission d’informations.

Les prix, explique-t-il, émergent des interactions entre acheteurs et vendeurs dans un contexte de concurrence. Il ne s’agit pas de données que l’on peut simplement collecter pour alimenter un modèle économique piloté par l’IA.

Lorsque le prix d’une ressource augmente, cela reflète la rareté de cette ressource et encourage les gens à s’adapter, que ce soit en réduisant leur consommation, en innovant ou en se tournant vers d’autres options.

Par le fait même, les prix sont le résultat d’un processus de découverte en constante évolution entre les acteurs du marché.

« L’IA est un outil puissant pour optimiser certaines activités, mais elle ne peut pas remplacer la dynamique du marché », conclut M. Boettke. « Les besoins, les préférences, les technologies et la rareté évoluent constamment, ce qui rend impossible toute tentative de planification centralisée de l’économie. »

Vous pouvez consulter le Point de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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