Les subventions aux entreprises coûtent 945 $ par Québécois

- Depuis 2018, le montant versé en subventions aux entreprises a crû de 46,2 pour cent, en ajustant pour l’inflation
Montréal, le 8 juillet 2026 – Le Québec pourrait offrir les taux d’imposition des entreprises les plus bas en Amérique du Nord s’il remplaçait les subventions versées par des baisses du taux d’impôt des sociétés, rappelle l’IEDM.
Le gouvernement du Québec a octroyé plus de 8,5 milliards de dollars en subventions en 2024, soit l’année la plus récente pour laquelle les données sont disponibles, comparativement à 4,8 milliards en 2018. Lorsqu’on ajuste pour l’inflation, cela représente une hausse de 46,2 pour cent depuis 2018 et un montant de 945 dollars versé en subventions pour chaque Québécois.
« Qu’il s’agisse de Northvolt, de Lion électrique ou d’autres, les subventions ont coûté cher aux Québécois », affirme Renaud Brossard, vice-président aux communications à l’IEDM. « Plutôt que d’essayer de choisir des gagnants et des perdants avec notre argent, le gouvernement devrait créer les conditions propices à l’émergence d’entreprises. »
Cette approche n’est pas sans rappeler l’échec de la filière batterie. Le projet d’usine de batteries de Northvolt a reçu plus de 500 millions de dollars en fonds publics avant que l’entreprise ne déclare faillite. Lion Électrique, fabricant d’autobus scolaires électriques, a reçu près de 150 millions de dollars avant ses déboires. Nemaska Lithium, autre mégaprojet de cette filière, a englouti près de 1,2 milliard de dollars d’argent public.
Le dernier rapport du Vérificateur général du Québec a d’ailleurs pourfendu la stratégie de la filière batterie en qualifiant celle-ci de « peu planifiée » et pas « adéquatement analysée ».
Réduire le fardeau fiscal des entreprises
Lors de l’année financière 2024-2025, le gouvernement du Québec a perçu 13,3 milliards de dollars en impôts auprès des sociétés. Pour chaque dollar perçu en impôt des sociétés cette année-là, le gouvernement du Québec a versé 64 sous en subventions à des entreprises privées qu’il a sélectionnées.
En se basant sur la moyenne des subventions accordées depuis 2018, l’IEDM estime que l’élimination des subventions permettrait au gouvernement d’abaisser le taux d’imposition sur les sociétés de sept points de pourcentage, sans pour autant affecter sa situation financière. Le taux d’imposition provincial passerait ainsi de 11,5 pour cent à 4,5 pour cent.
En ajoutant les impôts fédéraux, le taux combiné serait de 19,5 pour cent. Un point de l’IEDM publié l’an dernier indiquait que cela ferait du Québec l’endroit ayant le taux d’imposition des entreprises le plus attrayant du continent nord-américain.
« Contrairement aux subventions, une fiscalité moins lourde bénéficierait à l’ensemble de nos entrepreneurs sans risquer de mettre à contribution des milliards de dollars de notre argent », conclut Renaud Brossard. « Les Québécois méritent mieux que de voir une succession de gouvernements perdre l’argent de leurs impôts dans de mauvais paris. »
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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