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Les projets de pipelines vers les côtes pourraient générer des milliards de dollars en retombées grâce à l’accès à de nouveaux marchés, montre l’IEDM

  • Les exportations de pétrole hors États-Unis ont bondi de 3,4 à 14,0 pour cent grâce à l’agrandissement du pipeline Trans Mountain.

Montréal, le 26 mars 2026 – Le Canada dispose d’un potentiel énergétique considérable, mais le cadre réglementaire et les décisions politiques freinent le développement des infrastructures nécessaires pour exploiter pleinement ce potentiel, soutient l’IEDM dans une note économique publiée ce matin.

« La demande mondiale pour l’énergie canadienne est bien réelle, et les nouvelles infrastructures ont déjà démontré leurs bénéfices », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM et auteur de la publication. « Il est urgent que les gouvernements lèvent les obstacles réglementaires qui freinent la construction de nouvelles infrastructures énergétiques. »

Avant l’agrandissement du pipeline Trans Mountain, les exportations de pétrole canadien hors États-Unis représentaient 3,4 pour cent des exportations totales de pétrole. Depuis sa mise en service, en mai 2024, cette proportion a bondi pour atteindre 14,0 pour cent au quatrième trimestre de 2025. En valeur, les exportations de pétrole hors États-Unis sont passées de quatre milliards de dollars en 2023 à 14,2 milliards de dollars en 2025, selon les données de Statistique Canada.

Cette diversification a également permis de réduire l’écart de prix entre le pétrole de l’Ouest canadien (WCS) et le pétrole texan (WTI), selon les données du gouvernement albertain. Cet écart est passé d’une moyenne de 19,82 $ US dans les 18 mois précédant la finalisation de l’agrandissement de Trans Mountain à 12,52 $ US dans les 18 mois suivants, soit une diminution de 37,5 pour cent. Avec des exportations totales de près de 2,3 milliards de barils entre juin 2024 et novembre 2025, les revenus supplémentaires découlant de cette réduction de l’écart sont estimés à plus de 16,7 milliards de dollars US.

« La réduction de cet écart signifie qu’il devient possible de se rapprocher de la juste valeur de nos ressources, ce qui aide les entreprises canadiennes, mais accroît également les revenus des gouvernements », souligne M. Giguère.

Du côté du gaz naturel, le Canada dispose depuis la mi-2025 de son premier terminal de liquéfaction sur la côte Ouest, à Kitimat. Avant son entrée en service, l’ensemble des exportations de gaz naturel canadien étaient destinées aux États-Unis. Au quatrième trimestre de 2025, la part des exportations de gaz hors États-Unis atteignait déjà sept pour cent, et c’est en janvier 2026, selon la Régie de l’énergie du Canada, que les exportations de gaz naturel liquéfié ont été les plus élevées, ce qui témoigne d’un fort potentiel de croissance.

Le Canada : un partenaire fiable

La demande internationale pour l’énergie canadienne est en pleine croissance, rappelle le chercheur.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, des pays comme l’Allemagne, la Pologne, la Grèce et le Japon ont exprimé leur souhait de s’approvisionner en gaz naturel liquéfié canadien. Plus récemment, en février 2026, l’Inde a indiqué sa volonté d’importer de l’énergie canadienne sous toutes ses formes. Le pays veut également faire passer d’environ 6 à 15 pour cent la part du gaz naturel dans son bouquet énergétique.

« Le conflit en Iran rappelle l’importance de la fiabilité des fournisseurs d’énergie, et il ne serait pas surprenant que des pays comme la Corée du Sud et le Japon soient souhaitent acheter davantage d’énergie canadienne », souligne M. Giguère. « Pour profiter pleinement de ce contexte, il faut accélérer la construction d’oléoducs, de gazoducs et de terminaux de gaz naturel liquéfié et cesser de répéter les erreurs qui ont mené à l’annulation de tels projets. »

Le gouvernement fédéral a conclu un protocole d’entente avec l’Alberta pour signaler la volonté politique de construire un nouvel oléoduc vers la côte Ouest. Par ailleurs, le projet de terminal gazier de Marinvest, sur la côte nord du Québec, pourrait augmenter la part des exportations de gaz hors États-Unis d’environ 20 points de pourcentage au maximum de sa capacité.

« Les gouvernements fédéral et provinciaux ne doivent pas se limiter à de belles paroles sur la diversification des marchés : ils doivent mettre en place les conditions nécessaires pour que cette diversification se réalise », conclut l’analyste.

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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