Les politiques énergétiques canadiennes compromettent un siècle d’intégration nord-américaine, selon l’IEDM

- Le commerce de l’énergie avec les États-Unis représente à lui seul plus de 80 milliards de dollars canadiens de plus que l’ensemble des échanges de marchandises entre le Canada et la Chine
Montréal, le 27 novembre 2025 – Le secteur énergétique canadien est un pilier de la prospérité nord-américaine, mais certaines politiques fédérales ont affaibli ses fondations au cours de la dernière décennie, selon une nouvelle publication de l’IEDM parue ce matin.
« Pendant une centaine d’années, la machine énergétique nord-américaine a continué de tourner au bénéfice de tous, de part et d’autre du 49e parallèle, peu importe la couleur de l’échiquier politique », affirme Taylor MacPherson, chercheur associé à l’IEDM et auteur de l’étude. « Mais nous ne pouvons pas la tenir pour acquise; nous devons nous engager à protéger cette relation unique et mutuellement bénéfique. »
Le Canada est le quatrième producteur mondial de pétrole, le cinquième producteur de gaz naturel et le troisième producteur d’hydroélectricité.
Les exportations canadiennes d’hydrocarbures – pétrole brut, gaz naturel, liquides de gaz naturel et produits pétroliers raffinés – à destination des États-Unis seulement se sont élevées à 169,8 milliards de dollars canadiens en 2024. Cela représente 22 pour cent de tous les biens exportés par le Canada cette année-là.
Le Canada a importé pour 33,4 milliards de dollars canadiens d’hydrocarbures américains, soit 4 pour cent de l’ensemble des marchandises importées.
« Ce partenariat est un véritable lien vital à double sens », a déclaré M. MacPherson. « En hiver, le gaz américain alimente l’Ontario pendant les mois glacials, tandis que le gaz canadien alimente les centrales électriques californiennes en été, de sorte que ni l’un ni l’autre pays n’est exposé à des fluctuations de prix excessives. »
Les deux nations présentent des structures de marché complémentaires : par exemple, le Canada produit un brut lourd idéal pour les raffineries complexes des États-Unis, tandis que les gisements de schiste américains produisent du pétrole léger que les raffineries de l’est du Canada peuvent utiliser.
Les échanges énergétiques bilatéraux dépassent les 200 milliards de dollars canadiens annuellement, soit 13 pour cent de l’ensemble des échanges de marchandises du pays. Cela représente plus que l’ensemble des échanges bilatéraux de marchandises entre le Canada et la Chine en 2024, qui s’élevaient à 118,7 milliards de dollars canadiens.
Le secteur de l’énergie représentait 10,3 pour cent du PIB canadien en 2023 et 3,4 pour cent de l’emploi total, soit 697 000 emplois.
Les emplois dans le secteur sont parmi les mieux rémunérés au pays, alors que la rémunération annuelle moyenne dans le secteur du pétrole et du gaz s’élève à quelque 200 000 dollars canadiens, contre un peu plus de 75 000 dollars canadiens pour l’ensemble des secteurs.
Les contributions totales du secteur aux coffres de l’État sont considérables, atteignant des dizaines de milliards de dollars en 2024-2025, dont près de 22 milliards pour la seule province de l’Alberta.
« Il ne s’agit pas seulement d’argent dans un tableau comptable », déclare M. MacPherson. « Cet argent sert à financer nos écoles, nos hôpitaux et les services essentiels dont dépendent les Canadiens. Or, les récentes décisions du gouvernement risquent d’affaiblir ces communautés. »
De récentes lois ont rendu le développement du secteur de l’énergie encore plus difficile, ce qui risque de nuire à cette intégration, au détriment de tous.
En 2019, la Loi sur l’évaluation d’impact a remplacé la loi antérieure, et l’incertitude créée par son adoption semble avoir contribué à la baisse des investissements au Canada.
Une autre menace qui avait émergé était la proposition du gouvernement fédéral d’imposer un plafond aux émissions de pétrole et de gaz. Si Ottawa devait l’abandonner, comme il a été suggéré, il éliminerait ce qui a longtemps été perçu par l’industrie comme un plafond de production.
La Loi canadienne sur le moratoire relatif aux pétroliers de 2019 interdit aux grands pétroliers de brut et de pétrole « persistant » de naviguer le long de la côte nord de la Colombie-Britannique, fermant ainsi la porte à tout terminal d’exportation majeur à Prince Rupert, Kitimat ou dans les ports avoisinants.
« L’intégration énergétique nord-américaine est un véritable trésor de pipelines et de lignes électriques », souligne M. MacPherson. « Une confluence de lois néfastes risque de faire perdre au Canada son statut de chef de file énergétique, et de l’éloigner encore davantage de la “superpuissance énergétique” promise par le premier ministre Carney. »
Vous pouvez consulter la Note économique ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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