Communiqués de presse

Les Canadiens attendent trop longtemps pour avoir accès aux médicaments innovants prévient l’IEDM

  • L’innovation pharmaceutique est responsable de jusqu’à 66 % de l’augmentation de l’âge au décès aux États-Unis et de 73 % dans 26 pays à revenu élevé.

Ottawa, le 29 janvier 2026 – Les longs délais d’approbation et les politiques de contrôle des prix de nouveaux médicaments nuisent aux canadiens ayant des problèmes de santé, indique une chercheuse de l’IEDM dans une Note économique parue ce matin.

« Alors que les médicaments innovants peuvent changer la vie des patients, le Canada continue d’accuser un retard important dans l’accès de ces médicaments », explique Emmanuelle B. Faubert, économiste à l’IEDM. « L’un des coupables de ce retard est le contrôle des prix excessif exercé par les organismes réglementaires canadiens, nous reléguant plus bas dans la liste des priorités pour le lancement de nouveaux médicaments. »

En 2022, le Canada a revu la liste de pays comparables utilisés par le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés afin de fixer le prix plafond pour la vente de médicaments innovants. Dans le cadre de cette révision, la Suisse et les États-Unis ont été retirés de la liste de pays comparables, et six pays où les médicaments brevetés sont vendus à plus faible prix ont été ajoutés.

L’économiste explique qu’en réduisant ainsi le prix plafond pour la mise en marché de médicaments brevetés, cette décision a réduit l’attrait du marché canadien, ce qui pourrait le reléguer plus bas dans l’ordre de lancement de médicaments innovants.

« Lancer un médicament est un processus long et coûteux, tant en termes de recherche, d’évaluation par les autorités pertinentes et d’accélération de la production », explique Mme Faubert. « Plus le plafond de prix se trouve bas, plus on se retrouve au bas de la liste lorsque vient le temps de lancer un nouveau produit alors que les entreprises privilégient les marchés les plus rentables pour écouler leurs stocks limités. »

Elle ajoute qu’une telle politique de prix pourrait miner davantage la relation commerciale avec les États-Unis, citant un ordre exécutif adopté en mai dernier laissant place à l’usage de tarifs douaniers afin de compenser les effets d’une politique nationale de prix des médicaments trop agressive sur le financement de l’innovation pharmaceutique.

Il est estimé que le coût moyen de la mise au point d’un médicament est de 172,7 millions de dollars américains. Ce coût grimpe à 879,3 millions de dollars lorsqu’on inclut les échecs de développement et le coût du capital. Ces montants, aussi énormes soient-ils, n’incluent pas les coûts liés aux processus d’évaluation et de mise en marché.

Le Canada impose également l’un des parcours administratifs les plus longs parmi les pays de l’OCDE. Le délai moyen est de près de 30 mois entre l’approbation par Santé Canada et la couverture par les régimes d’assurance, retardant également l’accès des Canadiens aux médicaments innovants.

Le Canada se classe d’ailleurs 19e sur 20 pays de l’OCDE en termes de longueur administrative pour l’approbation de nouveaux médicaments. L’économiste explique que l’accès aux médicaments innovants joue un rôle majeur dans l’amélioration de la santé des citoyens.

Les deux tiers (66 pour cent) de l’augmentation de l’espérance de vie dans les pays développés serait directement attribuable à l’innovation pharmaceutique, selon des études récentes. Pour les patients atteint de cancer, plus précisément, elle serait responsable de 96 pour cent de l’augmentation de l’espérance de vie, selon une étude espagnole.

Au-delà des bénéfices sur la santé des citoyens, ces médicaments contribuent aussi à réduire les coûts ailleurs dans le système de santé.

Une étude canadienne couvrant la période entre 1980 et 2002 estime que chaque dollar investi dans les médicaments de réduire les dépenses d’hospitalisation et autres services de santé entre 1,05$ et 1,50$, notamment grâce à la diminution des hospitalisations, des séjours prolongés et des chirurgie souvent couteuses. Cela représente plusieurs milliards de dollars d’économie potentielle.

« Considérer uniquement le prix d’un nouveau médicament sans considérer ses bénéfices c’est voir l’arbre qui cache la forêt », souligne Mme. Faubert. « Considérant les près de 260 milliards de dollars qui ont été dépensés en santé par les gouvernements canadiens l’an dernier, les économies qu’engendreraient un meilleur accès médicaments ne sont pas négligeables. »

Vous pouvez consulter la Note économique ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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