Communiqués de presse

L’entrepreneuriat est en déclin au Canada en raison des choix politiques qui ont été faits

  • Le nombre de travailleurs autonomes ayant des employés a chuté de près de 18 pour cent au Canada depuis 2005.
  • Le recours excessif au capital de risque public nuit au rendement des entreprises financées.

Montréal, le 23 avril 2026 – L’entrepreneuriat est en net recul depuis des décennies au Canada. Ce recul s’est accentué au cours des dernières années, sous l’effet de choix politiques récents en matière de fiscalité, de réglementation et de subventions, révèle une Note économique publiée par l’IEDM ce matin.

« Des taux d’imposition marginaux qui pénalisent le succès, des programmes gouvernementaux qui évincent le capital privé, et des coûts de conformité croissants nuisent tous à l’activité entrepreneuriale qui stimule la création d’emplois et la croissance économique » affirme Charles Lammam, senior fellow à l’IEDM et auteur de la publication.

Le nombre de travailleurs autonomes ayant des employés – un indicateur clé de l’entrepreneuriat – est en chute libre au Canada. D’environ 867 000 en 2005, ils n’étaient plus que 716 000 en 2025, soit une baisse de près de 18 pour cent malgré la croissance démographique. Au Québec, le recul est encore plus marqué. Leur nombre est passé de 194 000 à 122 000, soit une baisse de plus d’un tiers sur la même période.

Les données sur la création de nouvelles entreprises confirment aussi ce portrait préoccupant.

En 2023, le taux de création d’entreprises représentait 12,3 pour cent des entreprises actives, selon les données de Statistique Canada. Ce taux correspond à environ la moitié de celui de 25 pour cent atteint au début des années 1980.

« Moins d’entrepreneurs qui se lancent, c’est moins d’innovation et, à terme, une économie moins dynamique », explique le chercheur.

Une fiscalité hostile et une réglementation trop lourde

Une série de modifications fiscales fédérales depuis 2016 — notamment la création d’un nouveau palier d’imposition maximal, des changements proposés ciblant les sociétés privées et une tentative d’augmentation du taux d’inclusion des gains en capital — ont signalé une hostilité envers les entrepreneurs et découragé la prise de risque qui sous-tend la création d’entreprises.

Dans un cahier de recherche publié en 2023, l’IEDM estimait que la création d’un nouveau palier d’imposition en 2016 aurait empêché la création de 9820 nouvelles entreprises au Canada, sur la base de la baisse du taux d’entrée.

La croissance de la réglementation a également contribué à cette dynamique. Entre 2006 et 2021, la réglementation fédérale a crû de 37 pour cent, ce qui s’est traduit par une diminution permanente de la croissance de notre niveau de vie de 1,7 pour cent, selon Statistique Canada.

« Les données montrent que lorsque l’environnement fiscal et réglementaire devient plus contraignant, l’activité entrepreneuriale diminue. Les entrepreneurs veulent bâtir des entreprises et créer des emplois, pas passer leur temps à faire de la paperasse et à se conformer à des exigences administratives » affirme M. Lammam.

Les entreprises consacrent 768 millions d’heures par année à satisfaire à des exigences bureaucratiques, soit l’équivalent de 394 000 emplois à temps plein, selon des données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Des subventions nuisibles

Des études canadiennes montrent que les entreprises financées par des subventions ou par des fonds soutenus par l’État, comme les fonds de travailleurs, tendent à afficher des résultats inférieurs en matière d’innovation et de création de richesse, et à évincer des investissements privés plus efficaces.

Or, le plus grand investisseur en capital de risque au pays est aujourd’hui la Banque de développement du Canada.

Au Québec, près de 800 millions de dollars en capital de risque ont été investis par Investissement Québec au cours de la dernière décennie.

La part du financement public et parapublic dans le capital de risque québécois a crû de 8 points de pourcentage depuis la période 2019-2021 pour s’établir à 43 pour cent, en 2022 et 2023.

L’absence de sorties en capital de risque au Québec au cours de la première moitié de 2025 laisse penser que les rendements des investissements soutenus par l’État ont pu être inférieurs aux attentes, signe que la forte participation publique dans l’écosystème ne génère pas le dynamisme qu’apporterait typiquement le capital privé.

« La prolifération des programmes gouvernementaux crée une distorsion subtile mais bien réelle. Les entrepreneurs consacrent du temps et de l’énergie à accéder aux soutiens publics plutôt qu’à se concentrer sur leurs clients et leur croissance », souligne M. Lammam.

Des solutions existent

Pour renverser la tendance, les gouvernements doivent réduire leur emprise sur l’économie, que ce soit par la fiscalité, la réglementation ou les subventions, pour redonner aux entrepreneurs l’espace dont ils ont besoin pour innover et croître, explique le chercheur.

« Le Canada a le talent et les institutions pour soutenir une économie entrepreneuriale florissante. Ce qui manque, c’est un environnement politique à la hauteur de ce potentiel — avec une structure fiscale plus concurrentielle, une réglementation allégée et un moindre déplacement du capital privé par les programmes gouvernementaux » conclut M. Lammam.

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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