Communiqués de presse

Le déficit fédéral atteindrait 117 milliards de dollars d’ici 2035 si rien ne change, estime l’IEDM

Montréal, le 8 avril 2026 – Sans correctifs, la trajectoire actuelle des finances publiques pourrait nous ramener à une situation semblable à celle des années 1990, prévient l’IEDM dans une Note économique publiée ce matin.

« Le problème d’Ottawa, pour simplifier, c’est que les dépenses vont continuer à croître plus rapidement que les recettes au cours de la prochaine décennie », affirme Trevor Tombe, senior fellow à l’IEDM et auteur de la publication. « Plus le gouvernement tardera à agir, plus les ajustements nécessaires pour revenir à l’équilibre budgétaire seront difficiles. »

Le gouvernement fédéral s’attend à enregistrer un déficit de 78,3 milliards de dollars pour l’année budgétaire 2025-2026.

Le chercheur explique que certains postes de dépenses importants seront appelés à augmenter rapidement au cours des prochaines années.

Les transferts aux aînés, comme le Supplément de revenu garanti et la Sécurité de la vieillesse, par exemple, devraient croître d’environ 4,9 pour cent par année au cours de la prochaine décennie.

À cela s’ajoute l’engagement pris par le gouvernement Carney de porter les dépenses militaires canadiennes à 3,5 pour cent du PIB d’ici 2035, à partir de 2,0 pour cent cette année. Cela nécessiterait une hausse des dépenses de 100 milliards de dollars, soit près de 10 pour cent par année au cours de la prochaine décennie.

Pendant ce temps, les recettes du gouvernement fédéral ne devraient croître que d’un peu moins de 4,0 pour cent par année, en moyenne, au cours de la prochaine décennie, explique le chercheur.

En 2035, le gouvernement fédéral afficherait ainsi un déficit d’environ 117 milliards de dollars, ainsi qu’une dette nette de 2,4 billions (2400 milliards) de dollars.

« Pour ramener le budget fédéral à l’équilibre tout en maintenant les engagements prévus en défense, il faudra des réformes », souligne M. Tombe. « Il n’existe pas de solution facile, et continuer à fermer les yeux, comme le fédéral semble le faire, n’aidera en rien. »

Le chercheur recommande plusieurs mesures pour réduire le déficit :

  • Prolonger la politique actuelle de compression des dépenses directes non liées à la défense jusqu’en 2035 (réduction du déficit de près de 51 milliards de dollars).
  • Réformer le système de prestations aux aînés, en haussant l’âge d’admissibilité ou en abaissant le seuil de revenu admissible, par exemple (réduction du déficit de 19 milliards de dollars).
  • Modérer la croissance des transferts aux provinces (réduction du déficit de prsè de 6 milliards de dollars).
  • Accélérer la contraction des dépenses directes non liées à la défense (réduction du déficit d’environ 24 milliards de dollars).

Même combinées, ces mesures ne suffiraient pas à rétablir l’équilibre budgétaire.

Le chercheur recommande donc également une réforme fiscale à incidence budgétaire nulle et une révision de la réglementation afin de rehausser la compétitivité de l’économie canadienne et d’accélérer la croissance économique d’un demi-point de pourcentage.

Dans un Point publié l’an dernier, l’IEDM recommandait un examen réglementaire approfondi s’appuyant sur une série de questions visant à éliminer la réglementation superflue.

« La combinaison d’une croissance économique plus soutenue, de réformes fiscales favorables à la compétitivité et d’une meilleure gestion ciblée des dépenses est la seule voie réaliste vers un retour à l’équilibre budgétaire », conclut M. Tombe.

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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