Communiqués de presse

Le Canada peine à attirer l’investissement productif, avertit l’IEDM dans une nouvelle Note économique

  • En 2025, le stock d’investissements canadiens à l’étranger surpassait le stock d’investissements étrangers au Canada de 828,4 milliards de dollars.

Montréal, le 4 juin 2026 – Le Canada traverse une crise des investissements, et les travailleurs du pays en paient directement le prix. C’est le constat sans appel d’une Note économique publiée ce matin par l’IEDM.

« Sur une panoplie d’indicateurs, on observe que le Canada peine à attirer le type d’investissement dont nous aurions besoin pour rehausser notre niveau de vie », affirme Charles Lammam, senior fellow à l’IEDM et auteur de la publication. « Quand nos entreprises investissent moins dans la machinerie, l’équipement et la technologie que leurs pairs, les travailleurs doivent se contenter d’outils moins performants. Résultat : la productivité stagne et les salaires tirent de l’arrière. »

Un stock de capital en croissance… à l’étranger

En 2014, les investissements détenus par des intérêts canadiens à l’étranger valaient 100,5 milliards de dollars de plus que ceux détenus par des intérêts étrangers ici. Cela représentait alors environ 14 pour cent de la valeur totale des investissements étrangers au Canada.

En 2025, cet écart avait explosé à 828,4 milliards de dollars, soit plus de la moitié du total des investissements étrangers au Canada.

Le chercheur explique que, bien que cela puisse être bon signe quant à la compétitivité des firmes canadiennes et à leur capacité à déployer des fonds là où le rendement du capital investi est le meilleur, nous devrions nous inquiéter du fait que, de plus en plus, les meilleurs rendements semblent se trouver ailleurs qu’au Canada.

Entre 2014 et 2024, les sorties annuelles nettes d’investissements directs étrangers représentaient en moyenne 4,1 pour cent du PIB, contre des entrées moyennes d’à peine 2,4 pour cent.

En 2025, les entrées d’investissements étrangers dépassaient les sorties pour la première fois en dix ans. M. Lammam fait remarquer que ce revirement est attribuable à une nette baisse des investissements canadiens à l’étranger, et non à une montée de la confiance des investisseurs étrangers.

Les équipements moins nombreux et plus vieux nuisent à la productivité

Un autre facteur plombant la productivité est la quantité et la qualité de la machinerie et des équipements que les entreprises mettent à la disposition des travailleurs, explique le chercheur.

« Qu’il s’agisse d’un tracteur, d’une chaîne d’assemblage ou d’un serveur, la qualité des équipements augmente la productivité, ce qui permet d’offrir de meilleurs salaires », ajoute M. Lammam. « Malheureusement, bien que les travailleurs canadiens soient aujourd’hui plus nombreux qu’ils ne l’étaient il y a dix ans, le stock d’outils disponibles est en chute. »

Entre 2014 et 2024, la valeur totale indexée des équipements et de la machinerie des entreprises est passée de 418,8 à 404,8 milliards de dollars, soit une baisse de 3,3 pour cent. Paradoxalement, la population canadienne a crû de 16,4 pour cent sur la même période.

Cette tendance à la baisse s’observe également dans l’investissement par travailleur au sein des entreprises. De 20 900 dollars par travailleur investis en 2014, le niveau est passé à 17 600 dollars en 2024. Après correction pour l’inflation, il s’agit d’une baisse de 16 pour cent.

Sur la même période, l’investissement par travailleur a augmenté de neuf pour cent dans la zone euro, de 12 pour cent dans les pays de l’OCDE, et de 26 pour cent aux États-Unis.

« Tandis que nos pairs ne cessent de renforcer leurs capacités de production et de rehausser le niveau de vie, le Canada fait l’inverse. Et si nous ne changeons pas de cap, l’écart se creusera inévitablement », explique M. Lammam.

Une crise qui touche aussi les entrepreneurs

La crise de l’investissement ne se limite pas aux grandes entreprises; elle touche aussi le monde entrepreneurial.

En 2016, près de 75 pour cent des fondateurs d’entreprises canadiennes ayant mobilisé plus d’un million de dollars de financement étaient établis au Canada, contre un peu plus de 19 pour cent aux États-Unis. En 2024, la situation s’était inversée : près de 48 pour cent des fondateurs étaient établis aux États-Unis, contre seulement 32 pour cent au Canada.

« Le Canada doit être plus attrayant pour les investissements dont nos travailleurs et notre économie ont besoin. Pour cela, il faut des solutions concrètes : alléger le fardeau fiscal des entreprises, réduire les barrières réglementaires et encourager la concurrence », conclut M. Lammam.

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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