Communiqués de presse

L’Accord d’approvisionnement en gaz naturel Canada-Allemagne montre bien l’existence de la demande pour un projet comme celui de Marinvest, affirme l’IEDM

  • Un méthanier en partance de la Côte-Nord prendrait 18 jours de moins pour atteindre l’Allemagne qu’en partant de la Colombie-Britannique.

Montréal, le 27 mai 2026 – La signature d’une entente d’exportation de gaz naturel canadien vers l’Allemagne, à partir d’un port de la Colombie-Britannique, montre qu’il y a une demande claire pour un projet de terminal gazier au Québec, tel que celui de Marinvest, affirme un chercheur de l’IEDM.

« La stabilité et la fiabilité ont une valeur lorsqu’on parle d’approvisionnement énergétique, et c’est ce que l’Allemagne nous rappelle aujourd’hui », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Si des terminaux de liquéfaction de gaz naturel entraient en service sur la côte Est, il est clair que l’intérêt des acheteurs européens suivrait, vu la réduction des coûts de transport que cela impliquerait. »

Dans le cadre d’une entente dévoilée plus tôt ce matin, le groupe SEFE (Securing Energy for Europe) achèterait un million de tonnes métriques de gaz naturel liquéfié en provenance du terminal projeté dans le cadre du projet Ksi Lisims, dans les environs de Prince Rupert, en Colombie-Britannique.

L’approvisionnement en gaz naturel débuterait au début des années 2030, et se poursuivrait pour une durée de 20 ans, selon le ministère allemand de l’Économie et de l’Énergie. Le gaz serait notamment expédié à bord de navires méthaniers qui descendraient le long de la côte pacifique et transiteraient par le canal de Panama, avant de prendre le chemin de l’Europe du Nord, selon le ministre Hodgson.

Ce parcours, entre Prince Rupert et le terminal de Wilhelmshaven, au nord de l’Allemagne, couvre une distance de 9 387 miles nautiques. À une vitesse moyenne de 15 nœuds et sans prendre en compte aucune attente au canal de Panama, un aller simple représenterait un périple d’un peu plus de 26 jours, selon les calculs de l’IEDM.

Le même méthanier, partant du port de Baie-Comeau – où l’entreprise Marinvest Energy projette de construire une usine de liquéfaction de gaz naturel –, mettrait un peu moins de huit jours à atteindre le port de Wilhelmshaven.

Dans un Point publié plus tôt cette année, l’IEDM rappelait que le Québec dispose d’un avantage comparatif dans l’exportation de gaz naturel liquéfié, en raison de sa proximité avec l’Europe. Ses principaux compétiteurs au Qatar et dans le golfe du Mexique impliquent de parcourir une distance de 38 à 117 pour cent plus longue pour atteindre les principaux ports méthaniers européens.

« Les Allemands nous rappellent aujourd’hui que, contrairement à ce que croyaient les fonctionnaires du BAPE en 2021, il existe bel et bien une demande d’exportation de gaz naturel canadien à partir du Québec », affirme M. Giguère. « C’est malheureusement ce qui arrive quand on se fie à des fonctionnaires plutôt qu’à des entrepreneurs prêts à risquer leur argent pour déterminer si un marché existe ou non. »

En 2021, le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) concluait, se penchant sur un projet de terminal gazier au Saguenay, qu’il n’y avait pas ou peu de marchés pour le gaz naturel canadien en Europe et que les terminaux de liquéfaction existants ou en construction seraient suffisants.

Entre 2024 et 2025, les importations de gaz naturel liquéfié ont crû de 25 pour cent en France, 64 pour cent en Allemagne et 85 pour cent en Belgique, selon les données publiées par le Groupe international des importateurs de gaz naturel liquéfié (GIIGNL).

On anticipe également que la demande de gaz naturel croisse de 30 pour cent d’ici 2050, selon le scénario des politiques actuelles de l’Agence internationale de l’énergie.

Selon un sondage IEDM-Ipsos réalisé en décembre dernier, 67 pour cent des Québécois affirment soutenir la réalisation d’un projet de terminal de liquéfaction de gaz naturel, alors que seuls 15 pour cent s’y opposent.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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