La libéralisation et la privatisation profiteraient au service postal canadien, selon une nouvelle publication de l’IEDM

- Postes Canada a accumulé des pertes de 3,8 milliards de dollars depuis 2018.
- La société d’État recevra un prêt d’un milliard de dollars des contribuables pour rester à flot en 2025-2026.
- La privatisation devrait intégrer un régime d’actionnariat des employés.
Montréal, le 31 juillet 2025 – La privatisation de Postes Canada et l’ouverture du secteur à la concurrence se traduiraient par de meilleurs services et des prix plus bas pour les Canadiens, selon une nouvelle publication de l’IEDM parue ce matin.
« Les Canadiens sont pris en otage par un système postal inefficace, enclin aux grèves et de moins en moins viable financièrement », déclare Vincent Geloso, économiste senior à l’IEDM et coauteur du rapport. « Nous devrions suivre l’exemple de pays européens comme l’Allemagne, qui ont libéralisé et privatisé leur service postal avec d’excellents résultats. »
Postes Canada détient un monopole fédéral sur la distribution du courrier ordinaire, ce qui en fait la seule entité légalement autorisée à distribuer des lettres non urgentes.
La société d’État a enregistré des déficits pendant sept années consécutives, accumulant plus de 3,6 milliards de dollars de pertes au cours de la dernière décennie.
Entre-temps, le volume de lettres au Canada est passé de 5,5 milliards en 2006 à 2 milliards en 2024, soit une baisse de 64 pour cent.
La part de marché de Postes Canada dans la livraison de colis s’est également effondrée, passant de 62 pour cent en 2019 à 24 pour cent en 2024, les concurrents privés s’étant emparés d’une plus grande part de ce marché en pleine croissance.
En décembre 2024, plus de 55 000 travailleurs de Postes Canada ont déclenché une grève de 32 jours qui a paralysé la distribution du courrier et des colis et provoqué un arriéré de près de 10 millions de colis, affectant aussi bien les particuliers que les entreprises. Le coût de cette grève pour les petites entreprises est estimé à 1,6 milliard de dollars.
En mai dernier, un autre syndicat a déposé un avis de grève et a commencé à interdire les heures supplémentaires à l’échelle nationale, ce qui a de nouveau réduit les volumes de livraison. Les employés de Postes Canada votent présentement sur la dernière offre patronale : en cas de rejet, une nouvelle grève est à craindre.
« Les monopoles posent un problème fondamental », explique M. Geloso. « Sans concurrence, il n’y a pas d’incitation à l’efficacité ou à l’innovation, ce qui entraîne une hausse des coûts et, par conséquent, des prix plus élevés, sans que les consommateurs aient d’autre choix ».
En 1989, l’Allemagne a ouvert son marché à une concurrence limitée, puis a entièrement libéralisé le secteur en 2008.
La privatisation de la Deutsche Post a débuté en 2000, et aujourd’hui, l’État allemand ne détient plus qu’une petite participation minoritaire dans l’ancien monopole.
À ce jour, plus de 15 000 entreprises proposent une forme ou une autre de service postal en Allemagne, où les services postaux sont généralement plus performants que dans la plupart des pays européens.
Au Canada, le coût d’envoi d’une lettre est aujourd’hui 50 pour cent plus élevé qu’en 1989, une fois l’inflation prise en compte.
En Allemagne, les tarifs postaux ont baissé de 10 pour cent au cours de la même période, en tenant compte de l’inflation.
L’IEDM recommande les mesures suivantes pour amorcer un processus biennal de privatisation de Postes Canada :
- Offrir des actions aux employés: cela permettrait de les faire participer à la réussite de l’entreprise et d’empêcher les initiés de profiter indûment de la transition (notamment en évitant le démembrement les actifs).
- Éviter l’emprise réglementaire: une réforme rapide limiterait les pressions exercées par des groupes d’intérêts auprès des organismes de réglementation pour obtenir des privilèges indus dans la loi.
« L’incapacité de Postes Canada à s’adapter à l’évolution du marché montre qu’elle ne s’améliorera pas d’elle-même. Une réforme en profondeur s’impose », conclut M. Geloso. « Les Canadiens paient cher pour un service médiocre; l’Allemagne a montré qu’il est possible de faire mieux. »
La Note économique de l’IEDM est disponible ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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