La gestion de l’offre coûte en moyenne 224 $ par personne par année, montre un nouveau Point de l’IEDM

- Les prix plus élevés des aliments assujettis à la gestion de l’offre contribuent à maintenir 120 083 Canadiens sous le seuil de pauvreté.
Montréal, le 18 juin 2026 – La gestion de l’offre fait croître le prix du lait, des œufs et de la volaille, et ce sont les familles canadiennes les moins bien nanties qui sont les plus pénalisées. Une nouvelle analyse publiée ce matin par l’IEDM chiffre les conséquences de cette politique sur le portefeuille des ménages.
« Le principal effet de la gestion de l’offre, c’est de faire croître le prix de nombreux aliments de base, comme le lait, la volaille et les œufs », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Malheureusement, les plus touchés par cette politique sont ceux qui ont le moins de moyens : nos familles les moins nanties. »
Un coût plus élevé par rapport aux prix américains
En comparant les prix des produits laitiers, des œufs et de la volaille entre le Canada et le marché comparable du Midwest américain, les auteurs ont pu établir le surcoût attribuable à la gestion de l’offre dans un panier d’épicerie canadien type.
Ils ont observé que le lait coûtait 171 pour cent plus cher ici. Pour les œufs, les consommateurs canadiens paient 46 pour cent de plus, et pour le poulet, 29 pour cent.
Au total, la gestion de l’offre représente un surcoût moyen de 224 $ par année pour le Canadien moyen.
Par ailleurs, ce coût n’est pas distribué également. En termes absolus, les ménages du quintile le moins nanti paient 279 $ de plus par année à cause de la gestion de l’offre. Les ménages les plus aisés, eux, paient 1 141 $ de plus par année en raison de ce système.
Mais, en proportion du revenu disponible, l’écart est frappant et les répercussions sont près de quatre fois plus lourdes pour les ménages les moins fortunés. Ce coût supplémentaire est de 1,25 pour cent du revenu disponible des ménages les moins nantis, contre seulement 0,33 pour cent chez les mieux nantis.
Cette différence s’explique notamment par la nature et la quantité des produits consommés, qui varient selon les moyens.
« La gestion de l’offre est une politique régressive, qui coûte particulièrement cher aux moins fortunés, et ne profite qu’à un petit nombre d’agriculteurs », souligne M. Giguère. « Pour les familles qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, il est évident qu’avoir quelques centaines de dollars de plus dans les poches à la fin de l’année serait le bienvenu. »
Des Canadiens maintenus sous le seuil de pauvreté
Les effets du système de gestion de l’offre sur la pauvreté sont tout aussi manifestes. Une famille est considérée à faible revenu lorsqu’elle doit consacrer à ses besoins essentiels une part de son budget supérieure de 20 points de pourcentage à la moyenne.
Le prix artificiellement élevé des produits soumis à la gestion de l’offre contribuant à accroître leur coût, il est estimé que 41 279 ménages canadiens, soit 120 083 personnes, se trouvent aujourd’hui sous le seuil de faible revenu à cause de ce surcoût.
« En abolissant la gestion de l’offre, on pourrait permettre à 120 083 personnes – soit à peu près la population de la ville de Terrebonne – de se hisser hors de la pauvreté », rappelle M. Giguère. « Ça ne ferait pas d’eux des gens riches demain matin, mais ça aiderait ceux et celles qui sont le plus dans le besoin à souffler un peu. »
Le gouvernement fédéral devrait sérieusement songer à abolir le système de gestion de l’offre, affirme le chercheur. Une politique qui augmente délibérément le prix des aliments de base et maintient des dizaines de milliers de ménages dans la pauvreté n’est pas une bonne politique.
« Si l’objectif est d’aider les gens à faire face au coût de la vie, abolir la gestion de l’offre est l’une des mesures les plus directes que le gouvernement puisse prendre », conclut M. Giguère. « Limiter les facteurs qui font grimper le prix des produits essentiels, c’est une façon concrète d’aider les ménages les plus vulnérables. »
Vous pouvez consulter le Point de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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