Jouer avec le bas de laine des Québécois est un pari dangereux, selon l’IEDM

Montréal, le 12 novembre 2025 – La nouvelle vision économique du gouvernement Legault recycle des politiques inefficaces, cette fois au détriment de l’épargne-retraite des Québécois, prévient l’IEDM.
« Le plan économique de M. Legault consiste à jouer avec le fonds de retraite des Québécois », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « La poussière est à peine retombée à la suite de l’échec de son pari sur les véhicules électriques qu’il double déjà la mise avec le bas de laine des Québécois. »
Dans Le pouvoir québécois : réponse au nouveau contexte mondial, le gouvernement présente sa vision à long terme pour le Québec. Une grande partie de cette vision repose sur la mobilisation de la Caisse de dépôt et placement du Québec afin de financer ses priorités politiques.
Applaudie par les politiciens pour avoir presque atteint l’objectif précédent de 100 milliards de dollars investis au Québec d’ici 2026, la Caisse affiche déjà 93 milliards de dollars d’actifs investis.
Dans ce document, le gouvernement a dévoilé sa volonté de voir la Caisse atteindre un objectif plus ambitieux d’ici 2030, afin de contribuer au financement de ses priorités.
Un chercheur de l’IEDM prévient que cette décision pourrait compromettre l’équilibre du fonds entre ses différents mandats.
La Caisse a été créée en 1965 sur la base d’un double mandat : gérer prudemment les fonds publics de retraite et d’assurance, tout en contribuant au développement économique du Québec. Elle agit de façon indépendante, en administrant les fonds dans le meilleur intérêt des déposants, et non en fonction de priorités politiques.
Grâce à cette indépendance, elle supervise aujourd’hui des actifs d’une valeur de près de 500 milliards de dollars, à l’abri de toute ingérence politique. Or, selon l’IEDM, le gouvernement Legault semble vouloir changer la donne.
« Instrumentaliser la Caisse pour en faire un levier économique au service de projets politiques aurait essentiellement pour effet d’affaiblir sa neutralité », affirme M. Giguère. « Pire encore, le gouvernement veut le faire au profit d’une stratégie économique qui a déjà échoué à maintes reprises. »
Le document précise que le gouvernement a l’intention de continuer à subventionner les entreprises privées afin de jouer un rôle de catalyseur pour l’industrie, en soutenant que l’appui des contribuables demeurera essentiel pour financer et accélérer les projets de grande envergure.
Depuis 2018, le Québec a versé 25,3 milliards de dollars en subventions aux entreprises. Parmi les échecs notables figurent les récentes aides accordées aux fabricants de véhicules électriques, notamment :
- Northvolt : 270 millions de dollars perdus
- Lion Électrique : 143 millions de dollars perdus
- Taïga Motors : 20 millions de dollars perdus
Dans un rapport publié en 2025, l’IEDM montrait que l’abolition des subventions aux entreprises permettrait au gouvernement de réduire le taux d’imposition des sociétés de 11,5 à 4,75 pour cent, plaçant le Québec au premier rang en Amérique du Nord pour la compétitivité fiscale des entreprises.
« Il est irresponsable de risquer l’épargne-retraite des Québécois plutôt que d’améliorer l’environnement d’affaires », déclare M. Giguère. « S’attendre à ce que le gouvernement crée la prospérité, c’est comme voir Sisyphe pousser son rocher en haut d’une colline : beaucoup d’efforts, peu de résultats. »
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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