Observations spontanées

Hausse du salaire minimum : l’envers d’une bonne intention

Depuis 2009, le salaire minimum fédéral en vigueur aux États-Unis se maintient à 7,25 $ l’heure, alors que les législateurs et les militants réclament une augmentation depuis plusieurs années. La semaine dernière, le Sénat a voté contre la dernière proposition de hausse.

Le président Biden a fait campagne sur la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure lors de l’élection de 2020 et a fait une première tentative pour concrétiser cette mesure en la rattachant à un plan de relance d’urgence de 1,9 billion de dollars en réponse à la crise de la COVID-19. L’American Rescue Plan financerait les vaccins, apporterait un soutien aux communautés en difficulté et fournirait une aide immédiate et directe aux Américains pendant la pandémie. Le plan prévoirait notamment des chèques de relance de 1400 $ pour les Américains (y compris les enfants et les adultes à charge) en fonction de seuils de revenu encore indéterminés, 130 milliards de dollars pour faciliter la réouverture des écoles en toute sécurité et 30 milliards de dollars en aide au loyer et aux besoins essentiels en énergie et en eau.

Bien que les démocrates et certains républicains se soient déclarés favorables à la hausse du salaire minimum, le fait d’inclure cette mesure dans un projet de loi relatif au programme d’aide lié à la COVID-19 était un choix politique peu judicieux. Comme le dit le représentant de New York, Tom Reed, « Plus vous essayez d’ajouter au plan de relance d’urgence des mesures qui ne sont pas liées à la COVID-19, plus vous risquez de perdre votre crédibilité auprès du peuple américain quant à votre sincérité face à la crise ».

Par ailleurs, doubler le salaire minimum entraînerait des conséquences que l’on ne peut ignorer, surtout dans un contexte où les petites entreprises sont confrontées à de fortes pressions sur le plan économique. De nombreux commerçants ont déjà été contraints de réduire leurs effectifs de 20 % à 30 %. Une augmentation marquée du salaire minimum obligerait les entreprises aux marges de profit très limitées à substituer à leurs employés non qualifiés des solutions de libre-service et d’automatisation.

Des études empiriques confirment qu’une inflation importante du salaire minimum a des conséquences négatives pour les travailleurs les plus jeunes et les moins scolarisés – précisément ceux qui sont censés bénéficier de telles hausses. Dans la mesure où plus d’un Américain sur trois de plus de 18 ans n’a pas de diplôme d’études secondaires ou n’a pas poursuivi d’études postsecondaires, la possibilité d’acquérir une expérience professionnelle est cruciale. De plus, les petites entreprises qui emploient des travailleurs à faible salaire sont déjà parmi les plus durement touchées par les répercussions économiques de la COVID-19. La fixation d’un salaire minimum artificiellement élevé risquerait de conduire un nombre encore plus important d’entre elles à la faillite.

Plutôt que d’augmenter les coûts liés à l’emploi, les Américains ont besoin d’un environnement propice à la relance économique et à la création de nouvelles opportunités. La promotion de l’éducation et de la formation pour les jeunes, la réduction du fardeau réglementaire imposé aux petites entreprises et l’élimination des exigences excessives en matière de certification professionnelle ne sont que quelques exemples de mesures susceptibles de favoriser de véritables gains économiques, sans les effets pervers qui compromettent l’intention louable derrière la hausse du salaire minimum.

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