Gaz naturel liquéfié: le Québec dispose d’un avantage stratégique pour approvisionner l’Europe

- La distance de transport serait plus courte entre le Québec et les principaux terminaux d’importation européens.
Montréal, le 5 février 2026 – Un projet d’usine de gaz naturel liquéfié tel celui de Marinvest à Baie-Comeau représenterait une occasion stratégique pour le Québec de se positionner comme fournisseur fiable pour le marché européen alors que la demande mondiale de gaz demeure élevée, démontre une nouvelle note économique de l’IEDM.
« Le projet Marinvest arrive à un moment charnière, alors que l’Europe cherche à la fois à remplacer son approvisionnement en gaz naturel russe, mais également celui en provenance de la Norvège qui anticipe une baisse de la production », explique Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Le Québec et le Canada ont une réelle occasion favorable pour répondre à cette demande et renforcer nos liens commerciaux avec l’Europe. »
En 2024, la Norvège fournissait le tiers des importations européennes de gaz naturel. Le pays nordique s’attend à ce que sa production diminue de 28 pour cent d’ici 2035, et de 64 pour cent d’ici 2050. Le chercheur y voit une occasion pour le Québec et le Canada de remplacer cette offre.
D’un point de vue mondial, il est attendu que la demande de gaz naturel augmente de 30 pour cent d’ici 2050, selon le scénario des politiques actuelles de l’Agence internationale de l’énergie.
Un avantage géographique clair
M. Giguère explique que le Québec bénéficie d’un avantage géographique majeur pour le marché européen.
La distance maritime entre Baie-Comeau et les principaux terminaux européens se situe entre 2 876 et 3 375 milles nautiques. Un trajet type, entre Baie-Comeau et le terminal de Dunkerque, dans le nord de la France, prendrait environ huit jours à une vitesse moyenne de 15 nœuds.
À titre de comparaison, se rendre à Dunkerque prendrait 14 jours à cette vitesse à partir des principaux terminaux américains, dans le golfe du Mexique, et plus de 17 jours à partir de Doha, au Qatar, un autre grand terminal d’exportation.
« La géographie joue ici en faveur du Québec », ajoute M. Giguère. « Une distance plus courte signifie des temps de livraison plus courts, et donc un coût de transport moindre qu’en faisant affaire avec ses principaux concurrents. »
Un projet qui doit être traité comme prioritaire
L’IEDM rappelle qu’un projet comparable, GNL Québec, aurait permis de produire jusqu’à 46 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par jour, représentant environ 1,7 milliard de dollars d’exportations annuelles et l’équivalent de 6,2 pour cent des importations européennes de gaz de 2024.
« Le Québec ne doit pas répéter les erreurs du passé », affirme M. Giguère. « Un processus d’évaluation long et imprévisible décourage les investisseurs et empêche des décisions claires. »
Dans ce contexte, l’IEDM estime qu’en l’absence d’une réforme en profondeur du processus d’évaluation environnementale, un projet d’usine de gaz naturel liquéfié tel que celui de Marinvest devrait être considéré comme un projet prioritaire dans le cadre du projet de loi Q-5, afin d’assurer une évaluation rigoureuse, mais efficace et prévisible.
Vous pouvez consulter l’étude de l’IEDM ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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