Gaz de source renouvelable: les cibles de Québec coûteront un milliard de dollars sur quatre ans aux consommateurs

- Le gaz de source renouvelable (GSR) coûte trois fois plus cher que le gaz naturel conventionnel.
- Un hôpital qui s’approvisionnerait exclusivement en GSR verrait sa facture d’énergie grimper de près de 150 000 $ annuellement.
Montréal, le 27 avril 2026 – Même si l’atteinte des cibles a été reportée, les quotas croissants de gaz de source renouvelable (GSR) coûteront cher aux consommateurs et ne reflètent pas la réalité du marché, dénonce l’IEDM dans une Note économique publiée ce matin.
« En imposant des cibles de plus en plus élevées pour le GSR, le gouvernement ignore la question des prix et des préférences des consommateurs. Ce sont malheureusement tous les consommateurs de gaz naturel conventionnel qui paieront la note pour cette mesure coûteuse », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM et auteur de la publication.
Des quotas, mais pratiquement aucune demande
Depuis 2020, le gouvernement du Québec impose des cibles d’approvisionnement en GSR de plus en plus élevées aux distributeurs de gaz naturel. Pour l’année 2025, Québec visait un approvisionnement minimal de GSR équivalent à cinq pour cent de la consommation totale de gaz naturel. En 2028, la proportion grimpera à sept pour cent.
En 2030, l’objectif était de 10 pour cent, mais le gouvernement a récemment annoncé le report de deux ans de cette cible, soit à 2032.
La demande volontaire des clients reste pourtant largement en dessous de ces cibles, et ce, même après le report annoncé cette semaine.
En 2024-2025, la demande réelle ne représentait qu’un quart de la cible établie par Québec.
Pour l’année 2029-2030, Énergir s’attend à ce que la demande de GSR atteigne 77,2 millions de mètres cubes. La cible imposée par Québec pour la même année est de 425,6 millions de mètres cubes. Cela représente un écart de 348,4 millions de mètres cubes entre la demande projetée et l’offre que Québec tente d’imposer.
« Ce que fait le gouvernement, c’est essentiellement créer une offre artificielle d’une ressource dispendieuse dont presque personne ne veut, et demander à l’ensemble des consommateurs québécois de gaz d’en payer la facture », souligne M. Giguère.
Comme l’explique le chercheur, le surcoût provenant de cet approvisionnement imposé, mais non demandé, se répercute sur les factures de l’ensemble des consommateurs québécois de gaz.
Des prix au moins trois fois plus élevés
Le tarif du GSR s’établissait à 94,88 cents par mètre cube en 2025-2026, comparativement à 27,81 cents par mètre cube pour le gaz naturel conventionnel. Ce dernier coûte donc plus de 70 pour cent moins cher.
Cet écart serait encore plus grand sans le Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE) – l’équivalent québécois de la taxe carbone – qui ajoute environ neuf cents par mètre cube au prix du gaz naturel de source conventionnelle. Autrement dit, sans le SPEDE, le prix du GSR serait cinq fois plus élevé que celui du gaz naturel conventionnel.
Cela se répercute directement sur les factures des clients. À titre d’exemple, s’approvisionner entièrement en GSR ferait grimper la facture d’énergie d’une école primaire de 34 251 $ par année, selon les données d’Énergir. Pour un hôpital, le surcoût annuel serait de 146 188 $.
C’est d’ailleurs ce prix élevé qui explique le peu d’intérêt des consommateurs pour le GSR. Et pourtant, ce désintérêt n’empêche pas le gouvernement de forcer la distribution du GSR et d’en refiler la facture à tous les clients, y compris ceux qui n’ont pas choisi de s’approvisionner en GSR.
Selon des données de la Régie de l’énergie, ce coût de socialisation pourrait avoisiner les 200 millions de dollars par année en 2026-2027 et 2027-2028, avant de dépasser les 300 millions de dollars en 2028-2029 et 2029-2030. Sur les quatre ans, la facture totale imposée aux consommateurs atteindrait plus d’un milliard de dollars.
À noter toutefois que l’annonce récente de Québec visant le report des cibles d’approvisionnement en gaz de source renouvelable n’aurait aucun effet sur ces surcoûts, puisque le report n’affecte que les deux années suivantes.
Québec doit abolir ses cibles
Le gouvernement du Québec devrait abolir le Règlement concernant la quantité de gaz de source renouvelable devant être livrée par un distributeur, abandonner l’objectif d’approvisionner à 100 pour cent le secteur du bâtiment en GSR et éliminer les subventions directes et croisées en faveur de cette industrie, estime le chercheur.
« Le gouvernement devrait faire confiance aux Québécois pour déterminer quel type d’énergie répond le mieux à leurs besoins et à leur budget », conclut M. Giguère. « Tant que le GSR coûtera trois fois plus cher que le gaz naturel conventionnel, ni les quotas ni les subventions ne créeront une demande durable : ils ne feront que déplacer les coûts vers les consommateurs et les contribuables. »
Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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