Garantie de traitement: Les délais de sa mise en place par Santé Québec se font au détriment des patients

Montréal, le 29 juillet 2026 – Le projet pilote permettant aux patients en attente de chirurgie depuis plus d’un an d’être opérés dans des cliniques privées aux frais de l’État, n’a toujours pas vu le jour et c’est 3641 Québécois qui en paient le prix. C’est ce que nous apprend Le Devoir ce matin.
« La garantie de traitement devait agir comme soupape, permettant aux patients québécois que Santé Québec échoue à traiter, d’enfin pouvoir accéder au traitement dont ils ont besoin », affirme Renaud Brossard, vice-président aux communications de l’IEDM. « Pendant que les patients souffrent, les fonctionnaires de Santé Québec semblent privilégier le maintien de leur monopole au-delà du traitement des patients. »
Annoncée en décembre 2025, la garantie de traitement devait voir le jour au printemps. Malgré de nombreuses propositions reçues de la part de centres médicaux spécialisés pour effectuer ces chirurgies, Santé Québec n’a toujours pas implanté le programme. Selon la société d’État, l’implantation devrait se faire « au cours des prochains mois. »
Bien que 3641 patients se trouvent sur les listes d’attente en chirurgie depuis plus d’un an, Santé Québec estime que seuls 300 Québécois pourront bénéficier de ce projet pilote et obtenir un traitement au privé, couvert par la RAMQ.
Plutôt, Santé Québec laisse miroiter un plan de rattrapage en chirurgie selon lequel le nombre de patients en attente depuis plus d’un an pourrait baisser à 1000 d’ici au printemps 2028, si tout se déroule comme prévu.
La garantie de traitement est pourtant un modèle éprouvé. En Suède, par exemple, les patients qui attendent plus de 90 jours pour recevoir des soins ont le droit d’être traités au privé, aux frais de l’établissement de santé ayant dépassé les délais prescrits.
Au Danemark, la garantie de soins se déclenche après une attente de 30 jours.
« La garantie de soins fonctionne en Europe, notamment parce que les gestionnaires de la santé reconnaissent qu’une attente hors norme est un échec pour le système, et pèse sur la qualité de vie des patients », ajoute M. Brossard. « La garantie de soins québécoise était déjà moins ambitieuse que celles qui existent ailleurs, il est dommage de voir que les fonctionnaires ont réussi à la rendre encore moins prometteuse. »
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