Communiqués de presse

Fonds pour un Canada fort: Une recette déjà essayée par Mark Carney et qui n’a pas fonctionné

  • 58 pour cent des Canadiens s’opposent à emprunter 25 milliards de dollars pour financer le Fonds pour un Canada fort
  • Le National Wealth Fund du Royaume-Uni a enregistré des pertes importantes sur trois de ses quatre années d’existence

Montréal, le 13 août 2026 – Avant de proposer la création d’un fonds souverain au Canada, le premier ministre Mark Carney avait travaillé sur un fonds similaire implanté au Royaume-Uni. Les piètres résultats de ce fonds jusqu’à présent devraient inciter à la prudence, indique une Note économique publiée par l’IEDM ce matin.

« Deux ans avant de vendre ce modèle aux Canadiens, Mark Carney l’avait conseillé aux Britanniques, qui l’ont mis en place », affirme Bryan Cheang, research fellow à la London School of Economics et senior fellow à l’IEDM. « Considérant les pertes qu’il cumule depuis, les Canadiens ont raison d’y penser à deux fois avant d’appuyer un tel modèle. »

Selon un sondage IEDM-Ipsos publié en juillet 2026, 58 pour cent des Canadiens s’opposent à emprunter 25 milliards de dollars pour financer le fonds. Un maigre 20 pour cent des répondants y est favorable.

Un fonds similaire déjà en place au Royaume-Uni

En juillet 2024, le gouvernement britannique a annoncé la création du National Wealth Fund. Présenté comme un fonds souverain, il promettait de lever trois dollars d’investissements privés pour chaque dollar investi par l’argent des contribuables.

Pour le mettre en place, le gouvernement britannique s’est appuyé sur un rapport préparé par un groupe de travail du Green Finance Institute, auquel le nouveau premier ministre canadien, Mark Carney, a contribué en son nom personnel.

Ce que le gouvernement britannique a présenté comme un fonds souverain était en réalité une refonte de la UK Infrastructure Bank Limited, une institution de prêt d’État lancée en 2021, simplement rebaptisée National Wealth Fund Limited quelques années plus tard.

Une politique industrielle qu’on tente de faire passer pour un fonds souverain

Loin d’un fonds souverain comme celui de la Norvège, le National Wealth Fund déploie de l’équité, de la dette et des garanties de prêts, qui sont les outils traditionnels d’une banque.

Le comité des finances de la Chambre des communes a d’ailleurs conclu en octobre 2025 que le fonds « n’est pas un fonds souverain conventionnel » et que son nom risque « d’induire le public en erreur ».

Le fonds proposé par le gouvernement Carney présente de nombreuses similitudes avec le National Wealth Fund, explique le chercheur. Il repose sur de l’argent emprunté, œuvre à financer des projets privés dans certains secteurs favorisés par l’État et ne comporte aucun engagement en matière de suivi des principes de gouvernance établis pour les fonds souverains.

« Bien que M. Carney aime présenter son projet comme un fonds souverain, les détails dont on dispose actuellement font plutôt penser à un fonds de politique industrielle », explique le Dr. Cheang. « Les Canadiens méritent de connaître les résultats peu concluants du modèle britannique avant qu’Ottawa y mette 25 milliards de dollars de fonds empruntés. ».

De piètres résultats

Au cours des années d’exercice de la UK Infrastructure Bank, puis du National Wealth Fund à la suite de son changement de nom, l’institution a affiché des pertes au cours de trois de ses quatre années d’exercice.

Pour l’année 2023-2024, soit la première année d’activité en tant que National Wealth Fund, l’institution a affiché une perte de 85,6 millions de livres sterling (162 millions de dollars canadiens). En 2024-2025, les pertes ont atteint 152,2 millions de livres sterling (288 millions de dollars canadiens). Cela représente des taux de rendement de -10,7 et de -14,2 pour cent respectivement.

Le chef de l’audit interne a d’ailleurs émis une opinion « limitée » pour 2024-2025, relevant des faiblesses en matière de gouvernance, de gestion des risques et de contrôles internes.

Les résultats du National Wealth Fund ne sont pas inédits lorsqu’on considère l’historique des politiques industrielles, c’est-à-dire l’idée selon laquelle le gouvernement devrait guider la croissance économique en subventionnant certaines industries, entreprises ou technologies clés.

Le chercheur cite l’exemple du Concorde et du National Enterprise Board au Royaume-Uni, ainsi que celui de la filière batterie et de Northvolt au Québec et au Canada.

« La politique industrielle ne fait pas que coûter cher aux contribuables, elle nuit également aux petits entrepreneurs en redirigeant d’importantes ressources vers une poignée de secteurs favorisés », conclut le Dr. Cheang. « Du Concorde à Northvolt, la logique subventionnaire reste la même et les résultats n’ont pas été plus concluants.

« Le faire à plus grande échelle avec un fonds tel que celui proposé par le premier ministre Carney risque simplement de mener à de plus grandes pertes. »

Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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