Communiqués de presse

Équilibre budgétaire, concessions autoroutières et pratique mixte: l’IEDM publie ses recommandations prébudgétaires à Québec

Montréal, le 22 janvier 2026 – Le gouvernement doit afficher un meilleur contrôle des dépenses s’il désire maintenir son objectif de revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030, indique l’IEDM dans un mémoire présenté dans le cadre des consultations prébudgétaires québécoises.

« Si le Québec fait face au plus grand déficit de son histoire aujourd’hui, c’est parce que le gouvernement a manqué de rigueur dans sa gestion des fonds publics », indique Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « Si le gouvernement n’avait pas autant tardé à apprendre à dire non aux nouvelles dépenses, on aurait pu éviter la décote d’avril dernier et la facture d’intérêts plus élevée qui en découle. »

Selon les plus récentes prévisions, le déficit du Québec atteindra 12,4 milliards de dollars pour l’année financière 2025-2026. Il s’agit du plus grand déficit de l’histoire du Québec, en terme nominal, dépassant le précédent record de 10,8 milliards de dollars, établi en 2020-2021.

Cette année, les dépenses ont crû de 5,4 milliards de dollars par rapport à l’année précédente, soit davantage que les 2,6 milliards de dollars de revenus additionnels que le gouvernement prévoit obtenir, rappelle l’IEDM.

En avril dernier, la firme de notation Standard & Poor’s annonçait qu’elle abaissait la cote de crédit du Québec de AA- à A+, citant la détérioration des finances publiques de la province et en particulier l’augmentation des dépenses de rémunération.

L’IEDM recommande au gouvernement de s’inspirer de l’exercice de révision des dépenses mené par le gouvernement fédéral au courant des années 1990 afin d’identifier où couper pour revenir plus rapidement à l’équilibre budgétaire.

Observant la détérioration des infrastructures publiques, le groupe de réflexion recommande également à Québec de s’inspirer du modèle français de concessions autoroutières afin d’y remédier sans ajouter de pression additionnelle sur les finances publiques.

Au cours des cinq dernières années, le montant à dépenser pour remettre les infrastructures publiques dans un état jugé acceptable a crû de 63 pour cent, s’établissant à 40,2 milliards de dollars. C’est ce qu’on appelle le déficit de maintien d’actifs.

Sur ce montant, plus de la moitié, soit 22,5 milliards de dollars, est attribuable au mauvais état du réseau routier.

L’IEDM recommande de confier la gestion et le maintien de certaines infrastructures routières telles les autoroutes à des concessionnaires privés.

Cette approche, commune en France, a déjà fait ses preuves au Québec avec les concessions accordées sur certains segments des autoroutes 25 et 30, dans la grande région de Montréal.

Ce système de partenariat public-privé délègue à des organisations privées la gestion et l’entretien de divers segments du réseau autoroutier français, permettant de réduire la pression sur les finances publiques.

« La France montre que l’approche des concessions fonctionne bien, permettant d’avoir des infrastructures en meilleur état et réduisant la pression sur les coffres de l’État », indique M. Giguère. « Cette approche serait d’autant plus bénéfique considérant le piètre état de nos infrastructures publiques et de nos finances publiques. »

En matière de santé, l’IEDM recommande au gouvernement québécois d’adopter la pratique mixte, commune dans les pays de l’OCDE et présentement à l’étude en Alberta.

Cette forme de pratique permettrait aux médecins d’œuvrer simultanément en pratique publique et en pratique privée, sans avoir à passer par le processus de désaffiliation de la RAMQ. Elle détonne de l’approche actuelle des projets de loi 83 et 2, visant à contraindre la pratique publique.

« Contrairement à Québec, le gouvernement albertain tente d’accroître sa capacité de traitement et de conserver ses médecins en leur donnant plus de flexibilité », indique M. Giguère. « Cette approche a fait ses preuves dans le reste de l’OCDE, et contraste avec les annonces de départ qui ont été associées à l’approche coercitive du projet de loi 2. »

L’IEDM recommande également les mesures suivantes :

  • Réduire le nombre de fonctionnaires;
  • Améliorer l’accès aux chirurgies privées remboursées par la RAMQ pour les patients hors délais;
  • Permettre l’ouverture de salles d’urgence mineure sous gestion indépendante;
  • Autoriser la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel au Québec;
  • Abolir l’interdiction partielle et graduelle de la vente de véhicules conventionnels;
  • Autoriser la mise en valeur du gaz naturel québécois.

Le mémoire déposé par l’IEDM est disponible ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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Demandes d’entrevue
Natacha Radenkovic
Coordonnatrice, Communications
Cell : 514 497-6174

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