Épiceries publiques: une fausse solution pour faire baisser le coût du panier d’épicerie

Montréal, le 7 mai 2026 – De New York à Toronto, le concept d’épiceries gérées par l’État gagne en popularité. Cette idée ne s’attaque pas réellement au problème de fond et comporte des risques d’échec élevés, rappelle l’IEDM dans un Point publié ce matin.
« Les projets d’épiceries gérées par l’État ont déjà été essayés, et le résultat a été une série d’échecs coûteux et retentissants », affirme Charles Lammam, senior fellow à l’IEDM et auteur de la publication. « Certains facteurs clés derrière la hausse des prix des aliments sont les politiques gouvernementales déjà en vigueur, comme les tarifs douaniers, les barrières au commerce interprovincial et les multiples coûts liés à la réglementation. C’est là que des réformes s’imposent. »
Cette année, une proposition de projet pilote d’épicerie publique a été déposée et adoptée à Toronto. À Ottawa, une conseillère municipale a récemment proposé d’étudier un tel modèle.
Au fédéral, le nouveau chef néo-démocrate Avi Lewis propose d’implanter un tel réseau à travers le pays, faisant miroiter des économies de « 30 à 40 pour cent » pour les familles. Au niveau provincial, Quebec solidaire a récemment indiqué vouloir évaluer cette proposition.
Des promesses qui ne tiennent pas la route
Le secteur de l’épicerie est reconnu pour ses marges très minces, qui se situent entre trois et cinq pour cent.
Même si ces marges étaient entièrement éliminées et que l’approvisionnement demeurait aussi efficace, les économies pour les consommateurs ne dépasseraient pas 11 à 18 dollars par personne par mois.
À titre de comparaison, une famille canadienne de quatre personnes dépense en moyenne 17 571 $ par année en épicerie, soit environ 370 $ par personne par mois, selon une étude canadienne.
« Gérer une épicerie, c’est coordonner des milliers de produits périssables dans des chaînes d’approvisionnement complexes, avec des marges qui ne laissent aucune place à l’erreur », souligne M. Lammam. « Les gouvernements n’ont tout simplement pas l’expertise nécessaire, et c’est inévitablement le contribuable qui finit par payer la note. »
Un bilan désastreux
Le bilan des épiceries gouvernementales en Amérique du Nord parle de lui-même : le taux d’échec ou de restructuration de ces initiatives dépasse 50 pour cent, selon le chercheur Sylvain Charlebois.
À Kansas City, par exemple, les pouvoirs publics ont consacré 29 millions de dollars au maintien à flot du Sun Fresh Market depuis 2018. L’épicerie gérée par la municipalité a fermé ses portes l’été dernier, confrontée à des rayons vides, des problèmes de salubrité et des pertes financières persistantes.
Un projet similaire à Erie, au Kansas, a fonctionné à perte pendant des années avant d’être cédé à un exploitant privé.
Moins de taxes et moins de barrières
Si l’augmentation rapide du prix des aliments a un impact réel sur le portefeuille des ménages, le chercheur rappelle que de nombreuses politiques publiques y contribuent.
Les barrières au commerce interprovincial équivalent à un tarif interne de neuf pour cent, selon une analyse du Fonds monétaire international.
Les tarifs douaniers sur les aliments importés atteignent en moyenne 15 pour cent, avec des surtaxes de 200 à 300 pour cent sur les produits laitiers, les œufs et la volaille.
Le fardeau réglementaire, les taxes imposées à plusieurs niveaux de la chaîne d’approvisionnement et les coûts de transport font également grimper le prix de chaque produit sur les tablettes.
« Si l’objectif est vraiment d’alléger la facture d’épicerie des Canadiens, la solution n’est pas de voir le gouvernement se lancer dans le secteur de l’épicerie, c’est d’éliminer les politiques gouvernementales qui font grimper les prix », conclut M. Lammam.
Vous pouvez consulter le Point de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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