En exploitant son gaz naturel, l’économie québécoise pourrait croître de 93 milliards de dollars sur 25 ans

- La demande mondiale de gaz naturel augmenterait de 31,5 pour cent d’ici 2050
Montréal, le 21 mai 2026 – Le contexte de forte demande énergétique mondiale et de déficits budgétaires records devrait mener le gouvernement du Québec à abroger sa loi interdisant l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures dans la province, soutient l’IEDM dans un Point publié ce matin.
« Le Québec possède des ressources naturelles considérables, mais s’est lui-même lié les mains par une loi qui interdit d’en tirer profit », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques et auteur de la publication. « Alors que le monde entier cherche à s’approvisionner en énergie auprès de fournisseurs stables, notre gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour manquer le bateau. »
Depuis 2022, une loi provinciale interdit tant l’exploitation que l’exploration de gisements pétroliers ou gaziers sur le sol québécois. Cette loi s’inscrit dans une hostilité envers le secteur des hydrocarbures qui perdure depuis près de 15 ans, marquée par des moratoires successifs et par un cadre réglementaire de plus en plus contraignant. Pourtant, ces sources d’énergie demeurent largement utilisées par les Québécois.
Une demande marquée et une capacité bien présente
Le pétrole représente un peu moins de 40 pour cent de l’énergie consommée au Québec depuis vingt ans, tandis que le gaz naturel en représente près de 15 pour cent. Les chiffres des dernières années montrent que cette proportion demeure stable.
Bien que ces sources d’énergie représentent plus de la moitié de la consommation québécoise, la totalité est importée des États-Unis ou de l’Ouest canadien.
De son côté, la demande internationale de gaz naturel et de pétrole devrait augmenter respectivement de 31,5 pour cent et 12,8 pour cent d’ici 2050, selon des chiffres de l’Agence internationale de l’énergie.
Ce sont des indicateurs importants qui démontrent que la demande perdure et que le Québec pourrait en tirer parti, affirme le chercheur.
Des bénéfices économiques qu’on ne peut pas ignorer
L’exploitation des ressources gazières québécoises seule pourrait générer jusqu’à 230 000 emplois-personnes et contribuer à hauteur de 93 milliards de dollars à notre économie en 25 ans.
Le secteur des hydrocarbures se démarque également par des emplois bien rémunérés, avec une rémunération moyenne de 155 067 dollars par année en 2025, selon Statistique Canada. Cela équivaut à 2,4 fois le salaire moyen au Québec.
« Avec cette loi, le gouvernement se prive volontairement de milliards de dollars en revenus d’impôts, sans compter les retombées économiques et les emplois bien rémunérés dont les Québécois pourraient bénéficier », souligne M. Giguère. « Alors que le budget du Québec est lourdement déficitaire, nous ne pouvons pas nous permettre de bouder de telles sources de revenus ».
Autoriser l’exploitation et l’exploration des hydrocarbures
Les Québécois sont largement favorables à l’exploitation du gaz naturel et du pétrole. Un sondage réalisé en décembre 2025 montre que 54 pour cent des Québécois sont en faveur de l’exploitation des ressources pétrolières, une hausse de six points de pourcentage par rapport à 2024. Cela représente le double des Québécois qui s’y opposent alors qu’ils sont seulement à 27 pour cent.
Également, la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, affirmait être ouverte à autoriser la mise en valeur du gaz naturel au Québec lors de la récente campagne à la chefferie.
Plus récemment encore, un rapport d’Angus-Reid soulignait que 61 pour cent des Canadiens voient le développement économique comme la priorité lorsqu’il s’agit de politiques énergétiques.
Pour tirer pleinement parti de l’exploitation du gaz naturel et du pétrole, le chercheur indique que le gouvernement doit abroger la Loi mettant fin à la recherche d’hydrocarbures ou de réservoirs souterrains, à la production d’hydrocarbures et à l’exploitation de la saumure. Et pour attirer les investissements privés, le gouvernement doit rétablir un cadre légal clair et prévisible.
« Nous avons les ressources pour répondre aux besoins de plusieurs générations. Nous avons des travailleurs qualifiés, une demande mondiale croissante et un appui important de la population », conclut M. Giguère. « Ce qu’il manque, c’est la volonté politique de faire le bon choix pour l’économie et pour les Québécois en abrogeant la loi sur les hydrocarbures. »
Vous pouvez consulter le Point de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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