Communiqués de presse

Des centaines de milliers d’aînés à faible revenu sont pénalisés parce qu’ils travaillent, prévient l’IEDM

  • Les aînés à faible revenu qui travaillent peuvent perdre jusqu’à 50 sous pour chaque dollar gagné à cause des impôts et de la réduction des prestations.

Montréal, le 27 janvier 2026 – Le système actuel d’imposition et de prestations désavantage les aînés à faible revenu qui travaillent en les pénalisant par le double effet des récupérations de prestations et d’une imposition élevée, indique un nouveau rapport de l’IEDM.

« Un nombre croissant d’aînés travaillent pour joindre les deux bouts; le moins qu’Ottawa puisse faire, c’est de ne pas les pénaliser pour cela », estime Jason Dean, chercheur associé à l’IEDM et auteur du rapport. « Un système qui a été conçu pour aider les plus démunis leur nuit en réalité en raison d’une conception inadéquate. »

Plus de 600 000 aînés canadiens vivent sous le seuil de pauvreté, tel que défini par les seuils de faible revenu avant impôt de Statistique Canada.

Les aînés canadiens à faible revenu bénéficient de trois principaux programmes fédéraux de soutien du revenu, soit la Sécurité de la vieillesse, à laquelle la plupart des aînés sont admissibles, le Supplément de revenu garanti, qui ne s’applique qu’aux aînés à faible revenu, et le régime de pension du Canada, qui dépend des cotisations qu’ils ont effectué.

Les aînés qui n’ont pas de revenu, mis à part celui de la Sécurité de la vieillesse, sont admissibles au Supplément de revenu garanti maximal qui s’élève à un peu plus de 13 000 $ par année. Au-delà des premiers 5 000 $ de revenu supplémentaire, chaque dollar de revenu gagné réduit les prestations du SRG de 50 sous, et cela avant de tenir compte des paiements supplémentaires d’impôt sur le revenu, d’autres réductions de crédit d’impôt et des taxes sur la masse salariale.

Les données montrent que l’emploi chez les bénéficiaires du SRG a augmenté de 56 pour cent entre 2014 et 2022, et qu’il a augmenté encore plus chez les aînés plus jeunes (65 à 69 ans).

« La réalité, c’est que pour chaque dollar gagné par les aînés à faible revenu qui travaillent, ils perdent jusqu’à 50 sous en prestations », note M. Dean. « Ces personnes n’ont pas beaucoup d’économies, donc doivent travailler pour joindre les deux bouts. »

« Ottawa ne devrait pas leur rendre la tâche plus difficile. »

Le chercheur a calculé l’effet que l’emploi peut avoir sur les aînés à faible revenu dans diverses situations professionnelles, en comparant les prestations perdues en raison de l’emploi par rapport au revenu tiré de l’emploi. C’est ce qu’on appelle « l’impôt sur la participation ».

Une personne âgée célibataire de moins de 75 ans, qui a occupé toute sa vie des emplois rémunérés au salaire minimum, et qui continue à travailler à temps partiel pour un salaire annuel de 13 048 $, par exemple, perdrait 2 279 $ en raison des récupérations et des impôts, ce qui représente un « impôt sur la participation » de 17,5 pour cent.

Pendant ce temps, une personne âgée célibataire dans une situation semblable, sans pension privée ni épargne, gagnant un salaire modeste à temps plein de 20,50 $ l’heure, perdrait 50 sous en raison des récupérations et des impôts pour chaque dollar de revenu d’emploi gagné.

« Certains de ces taux d’imposition à la participation sont semblables à ce qui est facturé à la tranche supérieure de l’échelle d’imposition sur le revenu », ajoute M. Dean. « Pourtant, les aînés qui occupent ces emplois ne sont pas riches. »

« De petits ajustements aux programmes actuels pourraient aider à éliminer certains des plus gros problèmes auxquels les aînés à faible revenu sont confrontés. »

Le chercheur recommande de faire passer l’exemption de revenu du Supplément de revenu garanti de 5 000 $ à 30 000 $, afin de l’aligner sur les seuils de faible revenu établis par Statistique Canada dans les zones urbaines. Un tel changement coûterait environ 544 millions de dollars par année (une estimation prudente qui ne tient pas compte de la réaction comportementale des bénéficiaires du SRG).

Il recommande également de réformer les charges sociales au profit des aînés à faible revenu, par exemple en supprimant leur obligation de cotiser à l’assurance-emploi et en transformant les cotisations au Régime de pensions du Canada en un programme d’adhésion plus facile à administrer après l’âge de 65 ans.

« Que ce soit délibérément ou non, nous dissuadons les plus pauvres d’entre nous d’améliorer leur qualité de vie, et aucun Canadien ne devrait trouver cela acceptable », conclut M. Dean.

Vous pouvez consulter la Note économique ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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