Communiqués de presse

Déficit de maintien d’actifs: Le Québec devrait suivre l’exemple des concessions autoroutières françaises, estime l’IEDM

  • Le déficit de maintien d’actifs du Québec a crû de 63,0 pour cent depuis l’année 2019-2020.

Montréal, le 11 décembre 2025 – Le Québec aurait intérêt à s’inspirer de la France et concéder l’exploitation, l’entretien et le financement de son réseau autoroutier à des firmes privées afin de réduire son déficit de maintien d’actifs, soutient une note économique de l’IEDM parue ce matin.

« L’état de nos routes, de nos écoles et de nos hôpitaux se dégrade, et ce malgré le fait que Québec dépense plus que jamais dans le maintien et la rénovation de ses actifs », affirme Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM et auteur de la note. « Comme le gouvernement n’a plus les moyens d’entretenir tout ce qu’il a bâti, il ferait mieux de laisser l’entretien à des partenaires qui ont l’expertise et un intérêt à le faire. »

Le déficit de maintien d’actifs représente le montant que le gouvernement devrait dépenser afin de remettre en un état jugé acceptable l’ensemble des infrastructures qu’il détient, tels les routes, les hôpitaux et les écoles.

En 2019-2020, le déficit de maintien d’actifs du Québec se chiffrait à 24,6 milliards de dollars. Cette année, il est plutôt estimé à 40,2 milliards de dollars, représentant une augmentation de 63,0 pour cent.

Cette augmentation se produit malgré le fait que les montants dépensés pour le maintien des infrastructures aient crû de 89 pour cent depuis 2019-2020.

Le déficit de maintien d’actifs du réseau routier sous gestion du gouvernement provincial représente 22,5 milliards de dollars, ou 56,1 pour cent de la facture totale.

Dans cette somme, on compte la chaussée qui représente 52,1 pour cent du déficit de maintien du réseau routier, alors que les structures du réseau routier supérieur – c’est-à-dire les autoroutes, routes nationales et routes secondaires – représentent 39,6 pour cent du total.

« Étant donné que l’état des infrastructures se dégrade malgré la croissance fulgurante des dépenses, cela devrait être un signe qu’il faut modifier les façons de faire », indique M. Giguère. « En observant ce qui se fait avec le système autoroutier français et la qualité de son entretien, on voit bien qu’il est possible de faire mieux. »

Le chercheur recommande au gouvernement de s’inspirer du modèle de concessions autoroutières, utilisé en France depuis les années 1950, afin de réduire la pression sur les finances publiques et remettre ces actifs en état.

Ce système de partenariat public-privé délègue à des organisations privées la gestion et l’entretien de divers segments du réseau autoroutier français, permettant de réduire la pression sur les finances publiques.

Plutôt que d’engendrer des dépenses publiques, ce système a permis au gouvernement français d’obtenir des recettes de 11,2 milliards d’euros en 2022.

Il importe de noter que jamais, depuis 1950, les concessions n’ont eu à verser de pénalité pour entretien défaillant et que l’état des infrastructures est jugé « objectivement satisfaisant » par les autorités françaises.

Le chercheur note que cela contraste avec le système routier québécois, où 43 pour cent du réseau sous gestion du gouvernement provincial est évalué comme étant en mauvais ou très mauvais état selon les critères de Québec.

« Le système français des concessions autoroutières n’est pas étranger au Québec : on voit déjà son succès avec les autoroutes 25 et 30 dans la région de Montréal », rappelle M. Giguère. « En l’étendant également aux infrastructures existantes, on pourrait enfin avoir des infrastructures en bon état, tout en réduisant la pression sur les finances publiques. »

Deux segments autoroutiers québécois, soit l’autoroute 25 entre Montréal et Laval, ainsi que l’autoroute 30 entre La Prairie et Vaudreuil-Dorion, sont gérés selon un modèle semblable au système de concessions autoroutières français. L’an dernier, ces ententes ont fourni un total de 45,0 millions de dollars au trésor public québécois.

Vous pouvez consulter la Note économique ici.

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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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Natacha Radenkovic
Stagiaire aux communications
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