Observations spontanées

COVID-19 : Une réforme plus vaste s’impose si l’Alberta veut combler les retards dans les chirurgies

Le gouvernement de l’Alberta s’est engagé à accorder un financement record aux soins de santé dans le cadre de son plan financier pour la période 2021-2024. S’appuyant sur les recommandations formulées à la suite d’un examen du rendement des Services de santé de l’Alberta, le gouvernement a alloué des fonds aux priorités stratégiques, comme l’Initiative chirurgicale de l’Alberta (ICA), et demeure « déterminé à améliorer les soins tout en cherchant à gagner en efficacité ».

Il est assurément essentiel de remédier aux retards dans les interventions chirurgicales, lesquels se sont intensifiés avec le nombre croissant d’opérations annulées en raison de la COVID-19. Entre mars et juin 2020, près de 17 000 interventions chirurgicales ont été annulées ou reportées dans la province, et le gouvernement s’attend à voir ce nombre atteindre 36 000 d’ici la fin mars 2021.

Le gouvernement de l’Alberta a lancé l’ICA en s’inspirant de l’Initiative chirurgicale de la Saskatchewan (ICS) de 2010, qui promettait qu’en 2014, aucun patient n’attendrait plus de trois mois pour subir une intervention chirurgicale. Dès 2016, les temps d’attente pour une opération non urgente en Saskatchewan figuraient d’ailleurs parmi les plus courts au Canada. L’ICS a changé la façon dont les listes d’attente sont gérées en accordant la priorité aux patients et en faisant appel à des cliniques privées à but lucratif pour les chirurgies d’un jour, lesquelles demeurent couvertes par l’État.

À partir de décembre 2020 en Alberta, les cliniques chirurgicales privées ont commencé à offrir aux Albertains davantage d’interventions financées par l’État en vue de réduire progressivement la montagne d’interventions reportées, avec la promesse d’intensifier ces efforts en 2021. Le gouvernement a octroyé une enveloppe de 120 millions de dollars à l’ICA et des fonds supplémentaires provenant du plan d’urgence de 1,25 milliard de dollars de la province pour lutter contre la COVID-19 seront également affectés à la réduction des retards dans les chirurgies en raison de la pandémie.

Bien que l’ICS ait réduit considérablement les temps d’attente en Saskatchewan, la capacité a également dû être augmentée, nécessitant une hausse des dépenses consacrées à un système de santé déjà coûteux. Lorsque le financement accru de l’ICS a pris fin, les temps d’attente ont recommencé à grimper, augmentant de 29 % entre 2015 et 2018.

Si le gouvernement de l’Alberta a fait un pas dans la bonne direction en suivant l’exemple de la Saskatchewan et en faisant appel à des cliniques privées pour effectuer des chirurgies subventionnées par l’État et réduire les retards, une réforme plus vaste s’impose. Nous devrions nous inspirer davantage des politiques réussies mises en œuvre par les pays européens dotés de systèmes de soins de santé universels. Ceux-ci offrent un meilleur accès aux soins et un plus grand choix aux patients par le biais de la concurrence et de l’entrepreneuriat. L’Alberta et le reste du Canada devraient en faire autant et utiliser les principes du marché pour améliorer leurs systèmes de soins de santé.

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